Cogolin : l'esprit de clocher avant tout

Pendant ce temps à Cogolin...

À une centaine de kilomètres de Marseille, dans le département voisin du Var, le SC Cogolin Football résiste, malgré lui, aux restrictions budgétaires et est fier de constater que l’esprit de clocher constitue un rempart de poids pour le devenir du club. Créé en 1907, le SCC a fêté, cette année, ses 110 ans d’existence. L’occasion pour le président Erick Trougnac de rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui ont, de près ou de loin, côtoyé le club. “Je pense qu’on doit connaître l’histoire du club comme on connaît l’histoire de France” affirme-t-il amusé. Un album panini pour mettre en avant les jeunes générations et la publication sur les réseaux sociaux des photos d’archives du club, l’identité cogolinoise se doit d’être fédératrice.

L’esprit de clocher est d’autant plus important que le SCC voit ses subventions réduites d’années en années. “La nouvelle municipalité nous a prévenu que la somme versée au club diminuerait un peu plus chaque année, donc pour nous c’est plus difficile que pour certains autres clubs. Il faut trouver des sponsors car il faut payer les éducateurs, l’arbitrage, le matériel et l’indiscipline (10 euros le carton) qui peut aussi coûter cher à la longue. On doit trouver des solutions pour faire rentrer les sous donc on compte sur l’organisation des tournois, sur les parents motivés...” explique le président du SC CogolinDu coup, pas question de dépenser l’argent n’importe comment. C’est donc pour la formation des plus jeunes que les recettes seront investies puisqu’ils constituent la majeure partie des licenciés. Aucune prime de match ou autres avantages dédiés aux joueurs de l’équipe seniors. Pas toujours facile, donc, de convaincre de porter le maillot bleu et blanc lorsque des clubs voisins présentent tant de tentations.

"Ici, il y a que le ballon qui est nécessaire"

Billel Bouchoukh (SC Cogolin)

Pourtant, c’est ce qu’à réussi à faire Billel Bouchoukh, entraîneur de l’équipe fanion qui a évolué en PHB cette saison. “Ici on a peu de moyens alors qu’à côté ils ont des sponsors, on leur propose du travail... Bien sûr que l’argent a un impact sur le foot amateur ! Dès qu’il fait son apparition il fait partir le plaisir. Le problème c’est que, justement, on est dans le foot amateur donc si on n’a plus le plaisir on n’a plus rien ! Ici on part sur des bases saines, de la rigueur et il y a vraiment une bonne ambiance. On se connait tous, c’est un esprit de famille. Et puis, comme je le dis souvent à mes joueurs, il n’y a que le ballon qui est nécessaire”. Un discours qui semble avoir fait mouche auprès des anciens du club à en croire le nombre de nouvelles recrues loin d’être inconnues au bataillon. “La plupart des joueurs de l’équipe ont débuté ici à 6 ou 7 ans et, pour diverses raisons, certains sont partis dans d’autres clubs. Cette année les recrues sont de retour chez elles. Cogolin c’est Cogolin, ils sont chez eux” ajoute d’un air protecteur le président, tout en les observant s’entraîner.

“Le fait que les recrues soient revenues pour jouer gratuitement prouve leur implication. Ils sont là pour le challenge et parce qu’ils aiment leur club !” Billel Bouchoukh

Pourtant, le président Erick Trougnac se veut lucide quant au devenir du club. “Un club c’est un peu comme une entreprise, les bons éléments coûtent cher. Les clubs veulent des résultats mais ça doit suivre financièrement derrière. Le foot amateur essaye de vivre avec ses petits moyens d’autant qu’il n’y a aucune retombée des grandes compétitions comme la Coupe du monde 98 ou l’Euro 2016. Les clubs pro n’aident pas beaucoup non plus. Même si on sait qu’ils ont d’autres priorités, ça aiderait bien les petits clubs comme le nôtre. Nous on vit notre quotidien comme on peut mais former les éducateurs, les payer, investir dans le matériel... Tout ça coûte cher. Et ça va être de plus en plus compliqué jusqu’au jour où ça deviendra impossible de continuer”.

Mais, avec une équipe fanion qui, grâce à sa montée, entame la saison 2017-2018 en D1 (ancienne PHA), des U13 qui ont atteint la 4ème place national il y a 2 ans et un ancien joueur qui évolue désormais en Ligue 1 (voir portrait ci-dessous), il semble que, pour le moment, les valeurs prônées par le club lui réussissent.

En ce début de saison, c'est une nouvelle équipe dirigeante qui prend les rennes du club avec l'ambition, toujours, de le faire monter le plus haut possible.

Sara Gaujour

Portrait : Faissal El Bakhtaoui

Erick Trougnac et Faissal El Bakhtaoui tenant le maillot du SCC, mai 2016 (crédit photo Sara Gaujour)

A 24 ans, Faissal El Bakhtaoui a connu une ascension fulgurante. Tout petit, il a effectué ses premiers dribbles sur la pelouse du SC Cogolin. Le président du club Erick Trougnac se souvient d’un garçon au grand potentiel. “Très jeune on a compris qu’il avait du ballon, il a ça dans le sang”.

Après des expériences en futsal, notamment à Cannes la Boca, Faissal se rend compte que le foot à 11 lui manque. Il revient alors dans le Golfe de Saint-Tropez, pour jouer dans l’équipe de La Croix-Valmer. Là son entraîneur lui propose de tenter sa chance en Ecosse. “ Je tiens vraiment à remercier David Fouquet de m’avoir donner cette opportunité de faire mes preuves là-bas” affirme le joueur.

Il intègre alors le club écossais de Dunfermline. Au sein du championnat de 3e division, Faissal est d’abord souvent laissé sur le banc de touche, mais avec un changement d’entraîneur, le Cogolinois peut enfin s’exprimer sur le terrain. Lors de la saison 2015-2016 le joueur fait sensation et devient l'attaquant vedette du club. Il est notamment nommé meilleur joueur de sa catégorie. “A Dunfermline j’ai été très bien accueilli. Les gens m’arrêtaient dans la rue pour avoir des autographes et les supporters, l’équipe... tout le monde a été super gentil avec moi. Je me suis beaucoup attaché à eux”.

Les clubs de Ligue 1 commencent donc à s’intéresser à lui. Durant l’été 2016 il intègre le Dundee FC, une fierté pour ses proches à commencer par son frère Ali. “On est très content de ce qui lui arrive. Qui aurait cru que le petit Faissal en arriverait là un jour ?”

Sara Gaujour

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