"Mais qui demain se souviendra ?" LE TITRE DE CE POÈME RÉDIGÉ PAR UN ANCIEN DÉPORTÉ EST ÉGALEMENT CELUI CHOISI POUR CETTE NOUVELLE EXPOSITION PRÉSENTÉE AU CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-GARONNE. RETOUR EN IMAGES SUR UN VOYAGE DE MÉMOIRES.

Photos par Aurélien Ferreira et textes par Julie Pontonnier.

(Cliquez pour agrandir les photos)

Sur la route des camps, entre Buchenwald et Dora, en Allemagne
"Quand on est rentrés en France, on s'est vite rendu compte que personne ne nous croirait.
Nous avons vécu des choses tellement... Je me suis mis à parler il y a une dizaine d'années. J'ai même écris un livre. Et depuis, je n'arrête pas de témoigner ; c'est comme une thérapie.
Comment je m'en suis sorti ? Je ne sais pas. J'ai toujours eu un moral de fer... et beaucoup de chance aussi."

ROBERT CARRIÈRE, ancien résistant et déporté des camps de Buchenwald et Dora

"C'est en allant physiquement sur les camps, en voyant de mes propres yeux les fours crématoires (...), que j'ai pris conscience que ça avait vraiment existé, que ce n'était pas des choses qu'on apprend dans des livres ou qu'on voit dans les films."

ÉVA, de Pibrac

Four crématoire, à Dora

Visite de la ville de Weimar
Dans une prison souterraine, à Weimar
« Les témoignages de Robert m’ont marquée pour la vie. Quand il raconte des anecdotes, comme lorsqu’il a regardé les étoiles en descendant du wagon qui l’avait emmené dans les camps (…), c’est très fort »

MAUD, de Fontenille

« Le combat de Robert, c’est comme une leçon d’humilité et de vie »

FAUSTINE, de Toulouse

Fondations d’anciennes cellules, à Dora

« Quand on pense à la Seconde guerre mondiale, on pense à nos cours d’Histoire. Quand on écoute Robert parler de son passé, il nous permet de mieux saisir ce qu’il s’est passé en transmettant ses émotions »

DANKA, de Pibrac

Mémorial du « petit camp » de Buchenwald

Séance de debrief, le soir à l’hôtel
Struthof
« Je ne serai désormais plus jamais la même »

ANNE, de Toulouse

« Plus tard, je voudrais devenir médecin. Ce voyage m’a conforté dans cette voie : sauver des vies et les améliorer est essentiel pour l’humanité »

YAZID, de Cazères

Dora

Porte principale du camp de Buchenwald
Dans la prison souterraine, à Weimar
« Je m’étais pourtant promis de ne jamais y remettre les pieds… »

ROBERT CARRIÈRE, ancien résistant et déporté des camps de Buchenwald et Dora

« Je ne comprends pas comment la nature humaine a pu être aussi inhumaine »

LOUISE, de Caraman

Anciens brancards, Dora

Camp de Buchenwald
« C’est difficile de mettre des mots sur nos émotions. On était devant quelque chose de trop grand pour nous »

MARJOLAINE, de Portet-sur-Garonne

Buchenwald

Dora
« On compte sur vous pour nous remplacer. Car nous ne sommes pas éternels. Pour que cela ne recommence jamais »

ROBERT CARRIÈRE, ancien résistant et déporté des camps de Buchenwald et Dora

Place d’appel, à Dora

Mémorial, au Struthof
Robert et les jeunes, à Buchenwald
Marche à Dora
Dora
« J’ai beaucoup changé depuis ce voyage. J’ai grandi, mûri. Ça a été un vrai choc, et je ne m’y attendais pas. Je vois les choses avec un autre regard aujourd’hui »

GUÉHANE, de Grenade

Weimar, Buchenwald et Dora
Dora et Buchenwald
« Faire de l’histoire, c’est donner du sens aux événements du passé pour mieux comprendre notre présent »

GUILLAUME AGULLO, directeur du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation

Maquette du camp du Struthof

Projection d’un documentaire, à Buchenwald
« Comment des êtres humains ont-ils pu commettre de telles horreurs ? Il y a tant de questions auxquelles nous n’aurons jamais de réponse »

FAUSTINE, de Toulouse

Struthof

« On ne réalise pas encore qu’à partir de maintenant, nous sommes des passeurs de mémoire : c’est toute une vie d’engagement qui est devant nous »

YAZID, de Cazères

Struthof

Tunnel de Dora
Commémorations à Dora et au Struthof
« Le seul cimetière des déportés, c’est notre mémoire. Tant que nous pensons à eux, ils n’ont pas totalement disparu »

GUILLAUME AGULLO, Directeur du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation

Mémorial d’exhortation de Buchenwald
« Les déportés ont vécu des choses horribles. En prendre conscience nous oblige à relativiser. Il faut se dire que nous avons de la chance, et que la vie est belle ; c’est un message d’espoir ! »

ÉMELINE, de Pibrac

Buchenwald
« Nous sommes la dernière génération à pouvoir entendre le témoignage d’anciens déportés ; nous avons donc un rôle majeur à jouer pour transmettre la mémoire »

VIOLETTE, de Toulouse

Mais qui demain se souviendra ?

EUX, VOUS, NOUS, TOI, MOI

LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-GARONNE, ENGAGÉ POUR LA MÉMOIRE

Le Conseil départemental de la Haute-Garonne mène depuis de nombreuses années une politique volontariste en faveur de l’éducation à la citoyenneté et la transmission de la mémoire. Face aux menaces qui pèsent sur les valeurs républicaines, le Département a décidé de renforcer ses actions en faveur du vivre-ensemble, en créant « Les Chemins de la République ». L’objectif ? Coordonner et amplifier les projets existants tels que le Parcours laïque et citoyen ou les Rencontres de la laïcité, et en impulser de nouveaux. Parmi les piliers des Chemins de la République, le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation est aujourd’hui reconnu comme un lieu de mémoire incontournable de la Seconde guerre mondiale. Près de 20 000 visiteurs, dont de nombreux scolaires, s’y rendent ainsi chaque année pour mieux comprendre cette période de l’Histoire.

UN VOYAGE DE MÉMOIRE, UNE LEÇON DE VIE

Chaque été, le Département organise et finance un voyage de mémoire destiné aux lauréats haut-garonnais du Concours de la Résistance et de la Déportation. Accompagnés par des résistants et des déportés, ces jeunes ont ainsi pu, année après année, se rendre sur les lieux mêmes de l’enfer concentrationnaire nazi, et recueillir le témoignage si précieux de leurs aînés. C’est le premier rôle de ce voyage, qui permet à ces élèves de 3ème et de lycée, citoyens en devenir, de rencontrer à la fois des lieux historiques essentiels mais aussi des personnes qui les marqueront à vie. Car le véritable but de ce voyage de mémoire, c’est de créer et de susciter chez ces jeunes une envie. Celle de témoigner à leur tour, de reprendre le fi l de la transmission, et de devenir, à leur tour, des « passeurs de mémoire ».

LE CONCOURS DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION, UNE VÉRITABLE « INSTITUTION » EN HAUTE-GARONNE !

C’EST QUOI ?

Le Concours de la Résistance a été officiellement créé en 1961 par le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Lucien Faye. Il faisait suite à des initiatives locales, organisées dans certains départements par des associations de résistants. Depuis cette date, il est organisé à l’échelle nationale, pour les élèves de 3ème et des lycéens. Chaque année, un thème est choisi comme « Résister par l’art et la littérature » ou « La négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi », à partir duquel tous les élèves vont travailler collectivement ou lors d’une épreuve sur table. Pendant longtemps, les ressources étaient limitées. Mais depuis plusieurs années, de nouveaux outils, comme des documents pédagogiques spécifiques ou des vidéos, plus faciles d’accès, viennent aider les élèves dans leurs recherches.

COMMENT ÇA SE PASSE EN HAUTE-GARONNE ?

En Haute-Garonne, le Concours de la Résistance est devenu une « institution » ! Chaque année, ce sont plus de 2 500 élèves qui s’engagent dans notre département - ils sont 40 000 au plan national -, faisant de la Haute-Garonne le premier dans ce domaine. Un succès qui est notamment dû à l’implication du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, qui sensibilise de très nombreux jeunes à travers des visites guidées. Certaines sont même spécifiquement organisées pour la préparation à ce Concours.

DES ÉLÉMENTS POUR COMPRENDRE LE SYSTÈME CONCENTRATIONNAIRE NAZI

DES CAMPS DE CONCENTRATION…

Dès leur prise de pouvoir le 30 janvier 1933, les nazis commencent à ouvrir des lieux de détention arbitraires et des camps de concentration. Conçus à l’origine comme un moyen de contrôler leur propre population, ces camps se multiplient avec la guerre à partir de 1939 pour couvrir une large part du continent européen. À l’origine, les nazis conçoivent les camps comme des lieux de « rééducation par le travail », où l’abrutissement et les coups sont la règle. Les premières victimes en sont des Allemands et des Autrichiens, politiques, syndicalistes, « asociaux », homosexuels, etc. c’est-à-dire toutes celles et ceux qui ne rentrent pas dans la norme nazie.

... À DES CAMPS D’EXTERMINATION

Avec la guerre, ce système évolue vers plus de violence, et concerne de plus en plus de personnes. Les opposants des pays occupés, les résistants, sont eux aussi visés. À partir de l’été 1942, le système concentrationnaire change de nature : de lieux de rééducation politique, ils deviennent des lieux de production pour l’industrie de guerre. C’est à ce moment que les kommandos annexes (des camps plus petits qui dépendent des camps principaux) se mettent à couvrir le territoire. Ce sont en fait souvent des usines, dans lesquelles les nazis font travailler les déportés, au contact des ouvriers civils, mais dans des conditions effroyables : froid, coups quotidiens, absence de nourriture.

Le travail devient le moyen de mettre à mort l’ennemi. Les camps de concentration deviennent des camps d’extermination par le travail. En parallèle, les nazis ont établi six autres lieux, tous en Pologne occupée, dont l’objectif est différent : ces centres d’extermination sont pensés, conçus et organisés comme des usines de mise à mort immédiate : ce ne sont pas des « camps » au sens commun : les personnes qui y sont envoyées n’y vont pas pour stationner, pour y rester, mais pour y être assassinées immédiatement, dans des chambres à gaz homicides.

Au printemps 1945, quand les Alliés ouvrent les portes des camps et libèrent les derniers survivants, le monde découvre l’horreur et l’ampleur de la déportation. Près de deux millions de personnes, résistants ou opposants, ont été déportées dans les camps de concentration. À l’échelle du continent européen, 5 100 000 juifs ont été victimes d’un génocide, ainsi que 250 000 Tziganes.

N’oublions jamais.

« Mieux comprendre notre histoire nous permet de mieux comprendre notre monde d’aujourd’hui »

MARJOLAINE, de Portet-sur-Garonne

- Août 2016 -

Immersion dans les camps de concentration avec :

Anaëlle, Anne, Clara, Danka, Émeline, Éva, Faustine, Guéhane, Léa, Louise, Ludivine, Marjolaine, Maud, Nina, Thomas, Violette et Yazid.

17 collégiens et lycéens haut-garonnais, lauréats départementaux du Concours de la Résistance.

Propos recueillis par

JULIE PONTONNIER

UNE EXPOSITION DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-GARONNE

réalisée en août 2016 à partir du travail photographique de

AURÉLIEN FERREIRA

photographe du Conseil départemental de la Haute-Garonne depuis 2014

À travers son regard, un jeu d’ombres et de lumières, de visages et de paysages, Aurélien Ferreira nous invite à réfléchir sur la transmission de la mémoire.

« Je ne suis pas doué avec les mots, alors j’ai choisi la photo comme pouvoir pour témoigner de ce que j’ai vu, de ce que j’ai ressenti »

Aurélien Ferreira

Le voyage de mémoire est organisé chaque année par le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, en partenariat avec l’Inspection académique, et financé par le Conseil départemental de la Haute-Garonne.

Un immense merci à

Robert Carrière

Ancien déporté à Buchenwald et Dora, et sa femme Nicole, pour leur témoignage, pour leur leçon de vie.

Jérôme Buisson

Conseiller départemental Délégué à l’Histoire et la Mémoire

Guillaume Agullo

Directeur du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, pour son engagement.

Geneviève Barus

de la Ligue de l’Enseignement 31, pour son sens de l’organisation.

Aux professeurs d’histoire-géographie

qui ont accompagné le voyage.

Aux 17 jeunes lauréats du Concours départemental de la Résistance en 2016

qui ont participé au voyage, pour leur spontanéité et leur soif de vivre.

Retrouvez l'exposition dans la cour du Conseil départemental de la Haute-Garonne du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00 jusqu'au 17 septembre.

Credits:

Photos : Aurélien Ferreira - Textes : Julie Pontonnier - Montage numérique : Thomas Biarneix - © Conseil départemental de la Haute-Garonne 2017

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