Leekens, coach bourlingueur mais pas forcément gagneur

Leekens aime voyager, c'est un fait. Aujourd’hui il s’engage avec XXXX . En trente années de métier, XXXX est son 24e contrats et son XX16/17XX employeur différent.

L’occasion de faire un retour sur sa longue, très longue carrière.

1984-1989

Un trophée la première saison,un court passage à Anderlecht

Georges Leekens commence sa carrière de coach directement après avoir pris sa retraite en tant que joueur. En 1984, le Cercle de Bruges lui propose son premier contrat. Les ressources financières du club sont limitées, “mais cela me procurait une grande liberté dans mon travail” déclarait-il récemment. Lors de sa première année comme coach, il remporte déjà son premier trophée. Une Coupe de Belgique. Il restera au Cercle jusqu’en 1987.

Charmé, Anderlecht voit en lui le bon successeur d’Arie Haan. Mais l’expérience tourne court et Leekens quitte le Sporting avant la fin de la saison.

L’été suivant, en 1988, il s’engage une première fois avec Courtrai avec qui il termine à la 8e place.

1989 - 1991

Champion de Belgique pour la première … et dernière fois

Après seulement 5 années, Leekens va déjà connaître un 4e employeur différent. C’est à Bruges qu’il poursuit, mais au Club cette fois. C’est de nouveau sur le court terme qu’il va briller puisqu’il remporte le titre dès sa première saison avec les Blauw en Zwart. C’est aussi lors de cette saison 89/90 qu’il est sacré entraîneur de l’année. La saison suivante, les choses ne se passent pas aussi bien en championnat (4e place finale), mais il remporte malgré tout la Coupe de Belgique. Son dernier titre à ce jour. Après deux trophées en deux saisons, Georges Leekens quitte la Venise du nord, laissant sa place à Hugo Broos.

1991 - 1994

Première expérience turque et wallonne

En 1991, il rebondit à Malines avec la mission de remettre le club sur le devant de la scène. Il atteint une finale de Coupe de Belgique (perdue face à l’Antwerp) mais, à l’issue de la saison, il quitte déjà le Malinwa.

Lors de l’été 1992, il laisse la Belgique une première fois pour Trabzonspor. Les dirigeants turcs ont eu vent de la réputation de Long Couteau et de ses performances sur le court terme. Après l’aventure turque, il ne reste qu’une saison au Cercle de Bruges, et ensuite à Charleroi. Comme de coutume avec lui.

1995 - 1999

Succès retrouvé à Mouscron et première pige avec les Diables

Après Charleroi il pose ses valises à Mouscron, qui évolue à l’époque en deuxième division. Grâce aux frères Mpenza, il fait remonter l’Excel parmi l’élite. En janvier 1997, lors de la deuxième saison à la tête des Hurlus, il les quitte précipitamment pour rejoindre l’équipe nationale belge. Mouscron est alors leader en D1 et Leekens est en train de réaliser un véritable miracle. Le foot belge s’indigne de la manière dont d’une part, la Fédération n’a pas hésité à aller chercher un entraîneur sous contrat, et d’autre part, qu’un coach en pleine spirale positive abandonne son club de la sorte. Gordan Vidovic, joueur emblématique de l’Excel, déclarait récemment: “Cette année-là, j’en suis certain, convaincu au plus profond de moi : si Georges Leekens n’avait pas quitté son poste de T1 en cours de saison, nous aurions décroché le titre au bout de la saison ! “ . Mouscron finit tout de même troisième du championnat. Mais ce départ crée un vent de contestation assez fort. Et l’image de Mac the Knife prend un gros coup.

Leekens a pour mission de qualifier les Diables pour la Coupe du monde 1998. Il finit deuxième du groupe, il faut donc passer par le mémorable barrage contre l’Eire. Lors de la Coupe du monde, les Diables Rouges sont éliminés après trois matches nuls. Il reste en poste malgré cet échec mais les matches de préparation à l’Euro 2000 étant décevants, il est limogé en 1999.

1999 -2009

De Lokeren... à Lokeren, en passant par La Gantoise

C’est à Lokeren que Leekens rebondit après la parenthèse Diables. Il réussit à ramener le club au-devant de la scène finissant même 4e lors de la saison 2000-2001.Pourtant, après ces bons résultats, il file à Roda. Les résultats en championnat sont décevants mais il hisse le club en huitièmes de finale de la coupe UEFA (défaite face au Milan AC).

Vint alors sa deuxième expérience en équipe nationale avec sa nomination à la tête de l’Algérie. Mais de nouveau, il reste une très courte période (de janvier à juin 2003).

Il débute la saison suivante avec Mouscron, avec qui il finit 5e du championnat (avec un certain Luigi Pieroni meilleur buteur). Mais comme souvent, il quitte le club après une courte période et à l’été 2004, il rejoint La Gantoise. Pour une longue durée cette fois. À Gand il côtoie des joueurs comme Boussoufa et hisse le club dans le haut du tableau.

En 2007, Roger Lambrechts, qui vient d’éviter la relégation de Lokeren, arrive à le convaincre de revenir à Daknam. La première saison, il sauve le sporting. Mais une nouvelle fois il quitte son employeur pendant la saison cédant face à une offre mirobolante venue de Ryad (Arabie Saoudite).

2009-2012

32 jours à Hal-Hilal et nouveaux départs précipités

Les dirigeants Saoudiens de Hal-Hilal souhaitant des performances sur le court terme enrôlent le Belge. L’expérience allait durer à peine 32 jours et est surtout enrichissante financièrement. Les mauvais résultats et surtout l’envie de recruter Eric Gerets ont raison de lui.

En 2009, il rejoint Courtrai pour la deuxième fois. Il finit à une belle 4e place, se qualifiant pour les PO1. Sans doute son dernier fait d’arme en tant que coach.

En avril 2010, Dick Advocaat lâche son poste de sélectionneur fédéral belge pour, lui aussi, se tourner vers un poste plus lucratif et la fédération russe. Paniquée, l’Union belge décide de faire appel à Long Couteau. Cette décision ne fait pas l’unanimité et l’opinion publique n’a pas oublié les épisodes Leekens. Fidèle à sa réputation de non-respect des contrats, il n’est même pas encore parti de Courtrai, qu’il négocie déjà avec Lokeren, mais opte finalement pour les Diables, entrés dans le danse entre temps. Sans doute vu le contrat juteux préparé par l’Union Belge.

"Vous connaissez la différence entre Dieu et Georges Leekens? Le premier est partout, le deuxième est allé partout... " Alain Courtois

L’objectif est la qualification pour l’Euro 2012. Il échoue et termine à la troisième place du groupe, derrière l’Allemagne et la Turquie. Deux ans après son arrivée, il annonce son départ pour le Club de Bruges. Il déclarait à l’époque que “l'argent n'a joué aucun rôle et si c'était le cas, je serais sur une mauvaise voie. Heureusement ce n'est pas le cas”. À l’époque, Philippe Albert ne mâchait pas ses mots: "C'est un mercenaire, un hypocrite, un profiteur, un manipulateur et un beau parleur". Mais, l’expérience brugeoise est, elle aussi, de courte durée puisque seulement deux mois après le début de saison, il est déjà remercié. Le feu meneur d’homme n’est plus que l’ombre de lui même. Tout ça pour ça.

L’annonce de son départ pour Bruges avait provoqué la colère de nombreux supporters. Il laissait d’ailleurs sa place à Marc Wilmots. C’est dans la foulée des bons résultats de Wilmots qu’il déclarait « avoir fait 90 % du travail », suscitant les moqueries de certains. Encore aujourd’hui Leekens est appelé Monsieur 90 %. “Je pense toujours que c’est le cas : j’ai mis la structure en place, tout le groupe actuel des Diables était déjà là, j’ai moi-même plaidé pour que Marc prenne ma place de T1 quand je suis parti à Bruges” déclarait-il à ce propos en février 2016.

2012 - 2017

Pause carrière et Lokeren, clap, 3e

Après une longue période sans entraîner (un et demi pour Leekens c’est long), il reprend du service en 2014, à la tête de la sélection tunisienne. En mars de la même année, il réussit à qualifier la Tunisie pour la CAN et se hisse en quart de finale (défaite 1-2 face à la Guinée Équatoriale). Mais en juin 2015, à la surprise générale, il quitte la sélection “à l’amiable". Mais des désaccords salariaux et la peur du terrorisme après l’attentat de Sousse auraient précipité son départ.

En cours de saison 2015-2016, suite à la démission de Bob Peeters, il reprend les rennes de Lokeren (pour la 3e fois). Avec à la clé, une 11e place en fin de saison.

Pratiquement un an jour pour jour après son arrivée, il quitte Lokeren en octobre 2016. Le lendemain à peine, la fédération algérienne annonce son arrivée à la tête de l’équipe nationale (pour la seconde fois), et ce, quelques semaines seulement avant le début de la CAN. En difficulté avec Lokeren, il arrive malgré tout à se recaser à la tête d’une des équipes les plus talentueuses de la compétition. Mais avec seulement deux matches avant le début du tournoi (1 défaite en qualif pour la Coupe du monde et un nul en amical), Leekens ne peut préparer son effectif de manière efficace. Avec seulement deux points glanés en trois matches, il annonce sa démission dans la foulée de l’élimination. “Vu la pression qui est exercée sur la fédération et l’équipe nationale, j’ai préféré arrêter mon contrat par amitié au président”.

Quand on évoque le fait que sa longue liste d’employeurs ne tient pas sur une feuille A4, Georges ironise : “C’est vrai, mais regarde combien de fois j’ai été pris une deuxième fois. Ca veut dire qu’on m’apprécie non ? Je suis un aventurier, je bouge pour un oui ou pour un non. Quand il y a un tsunami, ça ne sert à rien de rester sur place. Il faut se sauver …”. Voilà qui résume bien la philosophie de Georges Leekens.

Plus de trophée gagné depuis 1990

Si Leekens est connu de tous pour sa longue carrière, il faut néanmoins rappeler que le coach natif de Meeuwen n’a plus gagné un trophée depuis 1991 et cette Coupe de Belgique avec le Club de Bruges. Certes, il a rendu bien des services aux clubs et sélections par lesquelles il est passé, et n’a jamais été relégué, mais il reste difficile à imaginer pourquoi tant de club lui ont fait confiance malgré son bilan comptable. On retient aussi, voire surtout, cette image de roublard taquin, as de la com’ en costumes trois pièces.

À 67 ans, il a connu 24 mandats différents en comptant clubs et sélections. Avec comme palmarès majeur un championnat de Belgique et deux Coupes de Belgique. Mac The Knife porte bien son nom puisqu’il a coupé court à la plupart de ses engagements. Cependant, et malgré ce faible ratio, il revient à XXXX toujours avec le sourire en coin. Sacré Georges.

Journaliste : Thibault DREZE / Coordination : Arnaud WERY

Photos : Belga & Reporters

Credits:

Website : www.lavenir.net Journaliste : Thibault Dreze Photos : Belga & Reporters

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