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Les débordés du bocal Des photographies décalées et humoristiques sur le thème des discriminations, présentées dans une exposition itinérante réalisée par Strata'GEM.

L'exposition "Les débordés du bocal" a été réalisée par Strata'GEM, groupe d'entraide mutuelle de Vitré, dans le cadre des Semaines d'Information sur la Santé Mentale (SISM), organisées tous les ans. Cet événement a pour objectifs de sensibiliser, expliquer et informer le grand public sur les questions de santé mentale, mais aussi de prévenir ces problématiques, en suscitant des prises de conscience sur la souffrance psychique que chacun peut ressentir. À travers des ateliers, des conférences, des spectacles et des expositions, les SISM incitent à porter un autre regard sur ce sujet et à considérer la santé mentale au-delà de préjugés parfois coriaces. C'est dans ce contexte qu'est née l'exposition "les Débordés du Bocal" une exposition résolument positive, joyeuse et optimiste, où des volontaires sont venus afficher les discriminations qu'ils ont pu subir en raison de leur histoire personnelle. Avec humour, ils ont accepté de dévoiler leurs fragilités en les mettant en scène. Le résultat est bluffant, à la fois drôle, grave et plein d'humanité. Petit florilège...

Moi, Jacqueline

"Je suis issue d’une famille ambulante, des commerçants qui allaient faire leurs marchés un peu partout. On nous considérait comme des bohémiens. Parce que mes frères, mes sœurs et moi-même n’étions pas très bien habillés. Avec une fratrie de 13 enfants ma mère n’avait pas tellement le temps. On nous rejetait. Du coup on se défendait avec des noms d’oiseaux. Par conséquent, les conflits ne s’arrêtaient que lorsque l’on rentrait à la maison. Les enseignants n’ont pas essayé de nous aider. Ils se rangeaient même du côté de nos harceleurs. La suite de ma vie n’a pas été meilleure. Je me suis mariée en 1960 avec un homme qui buvait et me violentait. Je subissais des violences verbales et physiques. Il ne reconnaissait pas ma valeur. Sans alcool, il était gentil. La maladie a obligé mon mari à arrêter de boire. Ce qui nous a permis de passer enfin dix bonnes années de vie commune. J’ai été heureuse. Aujourd’hui, je suis veuve. Je suis mon chemin de vie et j’essaie de rendre service dès que le besoin s’en fait sentir. Mon but maintenant, c’est d’apporter de la joie autour de moi. J’essaie d’être tolérante et d’accepter les autres tels qu’ils sont !"

Le plus beau jour de ma vie

"Tel est pris qui croyait prendre. Péripétie au supermarché. Rikiki pouce-pouce. À l’école, ça décolle, À côté de la maîtresse en CP, Petit oiseau rejeté. Ou l’apprentissage de la vie. No man’s land, nuit interdite, Copain malade Échec et mat, rejeté par la bande dominante. Dernier coup gagnant !"

Nous, gens du voyage

"Nous luttons pour vivre parmi vous les « sédentaires ». Ça commence dès notre plus jeune âge. À l’école, nous sommes regardés différemment et mis de côté. Simplement aller faire les courses, nous sommes suivis, nous nous sentons surveillés. Pour le travail, s’ils ont le malheur de découvrir nos origines, c’est : NON. Pas le droit à une chance. Le regard sur les gens du voyage n’a pas évolué, pour eux, nous sommes toujours des voleurs de poules. C’est dans les moeurs. C’est dommage, il y a tant de choses à découvrir sur notre culture."

J'ai lu tout gogol

"Quelquefois, on entend cette réflexion « Oh tu as vu ce gogol ! ». Réduire la personne juste à ce mot, c’est faire un méchant raccourci ! Chaque personne qu’elle soit handicapée ou non a un potentiel à partager. Il ne tient qu’à nous de faire preuve d’ouverture et de curiosité pour le découvrir. Il y a plus de choses qui rassemblent les individus, qu’il ne les sépare. Faisons confiance à notre bienveillance car nous avons tous cela en commun."

L'histoire d'Hélène

"Tout commence dès la plus tendre enfance. En maternelle, je ne disais rien de ma souffrance, prisonnière de ma timidité je gardais tout pour moi ; la méchanceté gratuite de la part des autres enfants. Sans compter que j’étais la tête de turc de ma classe. Après une classe de neige où on me vole mes cartes postales, mes parents l’apprirent et en furent étonnés. Par ricochet, ils finirent par apprendre le harcèlement dont j’étais victime. Au collège continuèrent les injures et les moqueries. À 12 ans ma mère tomba malade : une dépression nerveuse. Cela n’améliora pas ma vision de la vie. Au lycée une professeure a décelé mon mal-être. Elle m’a suggéré de voir un psychologue. J’ai pris confiance en moi seulement à 19 ans au foyer des jeunes travailleurs, où je travaillais comme aide à domicile. Après plusieurs années, j’ai finalement réussi àvoler de mes propres ailes. J’ai décidé d’affronter la vie. Je me suis lancée dans une formation dans la vente, j’ai fait des stages. Puis, j’ai décroché un diplôme d’État. Tout cela m’a aidée à me construire. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon violon d’Ingres, je suis choriste. Je n’ai plus peur du regard des autres ! Voilà ma revanche sur la vie !"

JE SUIS UNE LUMIèRE

"J’ai parfois été traitée de gogol, ça m’a blessée, mais aujourd’hui ma vie est heureuse. Je ne m’occupe plus des moqueries. Ce que les autres pensent de moi, je m’en fous. Je ne vis pas pour eux, je vis pour moi #JeTraceMaRoute." « Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » A. Einstein

Bien dans mon tutu

« Je suis un homme, je suis un homme quoi de plus naturel en somme »*. C’est ça être un homme ; c’est accepter sa part de féminité. Cela ne nous prive en rien de notre masculinité bien au contraire. Homme comme femme, nous sommes un tout, qui oscille de l’un à l’autre. On appelle ça l’universalité. Nous ne sommes pas réduits à ce que les autres pensent de nous. La réalité de ce qui compose la complexité de notre être nous appartient et nous en sommes les seuls gardiens."

Juste retour des choses

"Je suis née dans une famille où nous étions neuf, c’étaient les années 50. Mes deux parents travaillaient. Nous nous occupions les uns des autres. Nous n’étions pas riches mais nous étions heureux avec ce sentiment d’être aimés et éduqués. Je n’ai pas eu le sentiment d’avoir été discriminée dans ma vie, ce qui m’a donné confiance en moi et m’a construite. J’ai souvent voulu, à mon tour, m’occuper des autres, je suis devenue aide-soignante, assistante maternelle puis, j’ai travaillé avec des personnes âgées. Je crois que le fait d’être née dans un milieu bienveillant m’a permis de donner à mon tour ce que j’avais reçu."

Objectifs non atteints

"Dans le monde du travail, pas de cadeau, la dépression est incomprise. Le regard, les réflexions et le jugement des collègues peuvent être pesants. Je témoigne d’une situation particulière. Victime d’un « burn out » * qui a fragilisé ma vie professionnelle et personnelle. C’est le cadre médical et associatif qui m’a aidé à sortir de cet état de névrose ; j’ai retrouvé un équilibre qui m’a permis de ne plus être à l’écart des autres. *Burn out : Surmenage et/ou épuisement professionnel *Batterie low : Batterie faible - Matthieu"

Arrête de bouffer t'es déjà assez grosse !

"Tu ferais mieux de te suicider, on va faire une quête pour que tu te fasses refaire. Ce sont des phrases que j’ai entendues sur mon passage, surtout à l’adolescence, toutes liées à mon surpoids. La confiance en soi est difficile à acquérir quand on vous balance ça en pleine poire. Et puis, un jour, on grandit et même s’il reste encore des cons pour vous dire ce genre de choses, vous les laissez dire. Je suis grosse et je ne le vois plus comme une insulte, c’est juste un mot. Et moi, ça me va d’être grosse !"

femme-objet ou, objet ou bien femme ?

"Je me suis souvent sentie dépossédée de mon corps. Les mains baladeuses inappropriées, les réflexions déplacées m’ont parfois fait sentir que mon consentement n’avait pas grande importance. Ce n’est pas parce que je me balade dans l’espace public que mon corps le devient. Je suis la seule autorité sur moi-même ! Avec le temps, le ras-le-bol s’installe. J’apprends aujourd’hui à ne plus laisser passer ce genre de comportement. On est en 2020 les gars le sexisme c’est hyper has been ! Et si vous le saviez déjà on compte sur vous pour passer le message. On ne lâche rien et surtout on se serre les coudes !"

Remerciements aux adhérents du GEM, aux jeunes de l’IME l’Etoile et de la Mission Locale du Pays de Vitré ainsi qu’aux professionnel.les qui ont accepté de « s’exposer » et de délivrer leur message.

Credits:

Inclut une image créée par RyanMcGuire - "emotions man happy"