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Le champ des producteurs Une immersion dans la fabrique alimentaire

L'as du grain

Produire du café en Loire-Atlantique ? C’est le pari que s’est lancé Jean-Pierre Velot, qui torréfie, depuis près de dix ans, le grain à domicile. Portrait d’un homme passé d’un métier de l’informatique au statut de meilleur torréfacteur de France. Par Andréa Landais et Amélie Robert.

Jean-Pierre Velot, torréfacteur, dans son atelier à Héric.

Dans l’air d’une pièce jonchée d’un joyeux bric-à-brac, de doux arômes s’élèvent. Aux côtés de canapés, d’une contrebasse ou d’une guitare, tout un univers s’organise autour du café. Au sol : des sacs de grains. Sur les meubles : des machines à café. Sur les murs : des posters des différents pays de production. Jean-Pierre Velot, torréfacteur depuis dix ans, travaille chez lui, dans les dépendances de sa maison du Petit-Logis, à Héric. Et lorsqu’il reçoit, il invite, en quelque sorte, au voyage.

Le regard malicieux caché derrière des sourcils broussailleux, Jean-Pierre Velot a l’âme solitaire et l’audace de ceux qui réussissent. Après 20 ans passés dans l’informatique, il a créé son entreprise d'installation et de maintenance de distributeur automatique « Le temps d’une pause », en 2011. Pour maîtriser la qualité du produit proposé, il se lance dans la torréfaction de son café. Il n'approvisionne qu'aux alentours d'Héric, les gens qu'il connaît et quelques clients à Nantes, la Baule et Saint-Nazaire.

Robusta, Arabica, Décaféine, café du Mozambique, d'Éthiopie… Jean-Pierre Velot n’a bientôt plus son pareil pour reconnaître l'origine et l'essence d'un café. Sa passion pour le grain l’amène tout naturellement à participer au concours de meilleur torréfacteur de France. Après un échec en 2010, il remporte le prix l'année suivante. « Je ne pensais pas avoir réussi, j'étais donc très heureux à l'annonce des résultats », se souvient-il. Son goût pour le café va le mener jusqu’aux concours de meilleur ouvrier de France, où il va être juriste. Et pourquoi pas, dans quelques années y participer !

Le bonheur est dans le bio

Bruno Pinel, éleveur de vaches laitières à Héric et Arnaud et Benoit Vigour, éleveurs à Saffré, ont fait le choix d'une agriculture bio. Avec succès. "Après huit ans d'expériences, je n'ai perdu aucun rendement", témoigne Bruno Pinel. Par Ninon Fischi et Margaux Vigour.

« Les exploitations laitières ont tendance à s’agrandir »

Eleveur de vaches laitières avec son frère Guillaume, à Héric, Thibaut Leroux, 39 ans explique en quoi son métier a changé au fil des années.

Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ce métier ? La passion. La passion de l'agriculture, de l'élevage… J'ai été baigné dans ce milieu depuis que je suis tout petit avant de faire des études agricoles : un BEP, un bac pro dans la conduite et la gestion d'une exploitation agricole. Cela m'a permis de m'installer par la suite.

Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de l'exploitation : sa taille, le nombre de salariés, à qui est vendu le lait... ? J'ai repris, avec mon frère, l’exploitation familiale de mes parents en 2002. A l’origine, elle faisait 200 hectares pour une production de 500 000 litres de lait par an. Aujourd'hui, on produit un million de litres de lait sur près de 450 hectares. Nous sommes deux associés, co-gérants et nous travaillons avec un salarié à temps plein et avec un saisonnier pendant les périodes de travaux dans les champs. Le lait est commercialisé chez Lactalis, le n°1 mondial du lait. Les veaux sont vendus à des marchands de bestiaux pour aller dans d'autres élevages.

Comment ce métier a-t-il évolué depuis que vous avez commencé ? Nous sommes toujours obligés de nous adapter à l'offre et à la demande. Et pour être performant économiquement, nous devons nous adapter à l'administration qui nous impose de plus en plus de contraintes, notamment les décisions européennes liées à la PAC, la politique agricole commune.

Le métier était-il plus dur à vos débuts ou maintenant ? Le métier était plus dur au début parce qu'au fil des années, nous avons réussi à acquérir une compétence, une qualité de travail et une possibilité d'investir qui nous a permis d’alléger les contraintes de travail, de donner plus de confort grâce à l'investissement.

Concrètement, qu'est-ce qui a changé sur le terrain avec l'informatisation, la mécanisation, l'alimentation des bêtes, le rapport avec les clients ? Sur le terrain, ce qui a le plus changé, c'est la mentalité agricole. Aujourd'hui, nous avons plus de pression pour gagner de l'argent parce que nous sommes tributaires de l'inflation des matières premières. Et nous sommes obligés d'être plus performants parce qu'il y a un gros souci de main d’œuvre dans le monde agricole. Une exploitation est gérée par beaucoup d'informatique, notamment au niveau de la traite, ce qui permet d’être performant et de savoir d’où viennent les problèmes. Au niveau de la conduite des tracteurs, c'est pareil, c'est piloté par GPS et ça nous fait gagner du temps. Hormis Lactalis qui achète le lait, nous avons très peu de clients, notamment sur la partie élevage.

Que veut dire être éleveur aujourd'hui avec la crise économique du lait ? Les exploitations ont plutôt tendance à évoluer en s'agrandissant justement pour faire face aux contraintes économiques. Mais le métier, comme la production, n'a pas vraiment changé et il faut s'adapter aux contraintes.

Propos recueillis par Eugénie Leroux et Marie Recoquillé.

La boulangerie d'aujourd'hui

Romain Daubigny, boulanger-pâtissier au Pain Sucré, à Héric, explique les tendances et les particularités de son commerce alimentaire. Par Marilou Bon et Clara Dubourg.

L'apiculteur solidaire

Etre producteur, c’est aussi parfois une vocation sociale. Ancien responsable des paris sportifs à la Française des Jeux, Jérôme Courtin mène depuis 2014 un projet de parrainage citoyen et solidaire de ruches. Au quotidien, il implique des détenus, des personnes handicapées et des associations de solidarité dans la production de miel. Par Amélien Maisonhaute.

"Aujourd'hui, tout le monde veut son potager"

Dans les jardins des particuliers, les potagers poussent comme des champignons. Qui les cultive et pourquoi ? David Retière, propriétaire de la pépinière des Trois Rivières à Blain, et Anthony Delhommeau, de la jardinerie éponyme à Héric, explique l’évolution du potager.

A la pépinière des Trois Rivières à Blain et à la jardinerie Delhommeau, les exploitants constatent un certain engouement des particuliers à cultiver leur potager.

David Retière, pépinière des Trois Rivières à Blain. « Il n’y pas d’âge pour faire son potager. Les jardiniers ne cultivent plus de grands potagers comme avant mais de petits carrés, semés pendant les premiers jours d’avril. Le potager fait un peu effet de mode, effet fun selon les documentations : c'est plus écologique et donc les gens essayent d'avoir un potager et des légumes. »

Anthony Delhommeau, Jardinerie Delhommeau à Héric. « Le potager intéresse principalement les personnes qui ont entre 35 et 70 ans. Il y a 20 ans, il nourrissait toute la famille, les grands-pères cultivaient pour tout le monde. Aujourd’hui, c'est davantage un loisir. Les amateurs de potager viennent plus à partir du printemps. Tout le monde veut son petit carré de potager, même les enfants. Les produits évoluent, les machines évoluent et les produits chimiques aussi qui seront normalement interdits aux particuliers à partir du 1er janvier 2019. »

Propos recueillis par Pierre-Antoine Blandin, Kylian Houguet et Alexy Potiron.

Created By
David Prochasson
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