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Le Républicain Lorrain, 100 ans d'actualités

Il y a cent ans, Le Républicain Lorrain écrivait les toutes premières pages de son histoire. Des pages publiées en allemand, avec pour premier nom : "Metzer Freies Journal".

Après un demi-siècle passé sous autorité allemande, les Mosellans ont besoin de temps avant de se réapproprier la langue de Molière. Informer, oui, mais ne pas susciter le malaise et perdre le lecteur. La langue de Goethe s’impose alors d’elle-même à Victor Demange, fondateur du quotidien. Si l'allemand est une évidence, il ne s'agit cependant que d'une étape. Ses concitoyens doivent se rapprocher progressivement de leurs racines françaises. La langue allemande est alors un intermédiaire, une manière pour lui d’aider ses compatriotes et de les ramener, doucement mais sûrement, à la France.

Le 19 juin 1919, le numéro 1 du "Metzer Freies Journal", sous-titré "Le Lorrain Républicain", sort ses premières informations.

Les locaux de rue de la Tête d'or à Metz, vers 1920. / Victor Demange, le fondateur du quotidien. Photos d'archives RL

Dix-sept ans plus tard, le journal dit au revoir à sa version allemande et naît une seconde fois. Une seconde peau, un second nom. Qui s'impose à son tour comme une évidence. Déjà inscrit en sous-titre depuis 1919, Le Républicain Lorrain est maintenant inscrit fièrement en haut de l'affiche, en haut de la Une. Malgré les tensions politiques et sociales de l'époque, Victor Demange souhaite poursuivre sa démarche avec liberté et indépendance. Il le fera avec conviction, et quand viendra l'heure de l'occupation allemande, il n'hésitera pas à saborder son quotidien pour éviter toute réquisition par les nazis.

1940-1945, cinq années de silence. Puis les rotatives repartent de plus belle, pour ne plus s'arrêter.

Cent années ont défilé depuis la première publication, et avec elles de multiples faits d'actualité qui ont marqué la Moselle et la Meurthe-et-Moselle. Aujourd'hui, pour sa centième bougie, le Républicain Lorrain a choisi de remonter le temps et de revenir sur des faits départementaux marquants.

1945, De Gaulle à Metz

Le Républicain Lorrain du 12 février 1945.
"Metz a été martyrisée, torturée, déchirée, déchirée surtout dans ses foyers où tant de familles ont été séparées par le destin et la volonté farouche de l’ennemi", Déclare De Gaulle en 1945 à Metz.

Alors chef du gouvernement provisoire, le général De Gaulle se rend le 11 février 1945 à Metz. Il est accueilli sous une pluie fine mais tenace. Après plusieurs années d'annexion ennemie, cette météo fait écho au moral des Mosellans, à leurs "cœurs empreints de tristesse". Malgré les souvenirs douloureux, les Messins acclament cet homme qui, un jour de juin 1940, a appelé les Français à continuer la lutte contre le Troisième Reich et à garder espoir.

Le général De Gaulle à Metz en 1945. Photos DR/Paul DE BUSSON-collection C.FAUVEL

1947, des inondations ravagent la Moselle et la Meurthe-et-Moselle

Le Républicain Lorrain du 30 décembre 1947.

Au moins dix morts, de nombreux blessés et des dégâts exceptionnels. La fin de l'année 1947 est marquée par une terrible catastrophe naturelle. A cause des fortes pluies combinées à des températures extrêmement douces pour la saison, la Meurthe et la Moselle sortent de leur lit. Les Lorrains n'avaient plus connu ça depuis 1919. Face à ces crues importantes, le bétail périt. Les lignes ferroviaires, les réseaux téléphoniques et de distribution du gaz sont coupés. Les niveaux des inondations de 1919 sont largement dépassés : de 0,84 mètres à Toul, de 1,16 mètres à Millery, de 1,46 mètres à Sierck, et 1,70 mètres à Metz.

Les inondations à Sarralbe, Sarreguemines, Thionville et Metz. Photos d'archives RL

1948, coup de grisou au puits Vuillemin à Petite-Rosselle

Le Républicain Lorrain du 14 janvier 1948.

Alors que les traces des terribles inondations s'estompent à peine, un nouveau drame vient frapper en plein cœur des familles mosellanes, et endeuiller toute la région. Le 10 janvier 1948, un coup de grisou fait plusieurs morts et blessés au puits Vuillemin de La Petite-Roselle, près de Forbach. Face aux profondes plaies et brûlures des survivants qui hurlent de douleur, deux spécialistes anglais sont sollicités et viennent au chevet des mineurs pour appliquer leur méthode de traitement. Certains succombent malgré tout à leurs blessures. Au total, 24 morts sont dénombrés.

Alors que la bataille du charbon fait rage, cette explosion qui survient à 600 mètres de profondeur met en évidence les problèmes de sécurité que les mineurs rencontrent au cours de leur laborieux travail. Ces derniers se mobiliseront par la suite et entameront un mouvement de grève afin d'améliorer la sécurité dans les mines.

Lors de la cérémonie funèbre, les cercueils des victimes sont portés par leurs camarades. Photo DR/Paul DE BUSSON-collection C.FAUVEL
Grève des mineurs à Stiring-Wendel en 1948 après le coup de grisou. Photos DR/Les Amis du Musée de Freyming

1951, la catastrophe ferroviaire de Sanry-sur-Nied

Le Républicain Lorrain du 25 août 1951.

La photo en dit long sur la violence du choc. Des compartiments éclatés, des tôles tordues, un wagon écrasant de tout son poids celui qui le précédait encore lors du trajet.

A 3 h 50 du matin, ce 24 août 1951, l’express Francfort-Sarrebruck-Paris est percuté de plein fouet par le rapide Bâle-Calais en gare de Sanry-sur-Nied. Le drame est inévitable, malgré les pétards d’alarme posés un peu plus tôt par le chef de train pour signaler la présence de l'express. Mais pourquoi le train a-t-il été arrêté sur la voie ? Son mécanicien, jugeant douteux le signal d’arrêt en gare de Sanry-sur-Nied et croyant entendre l’éclatement d’un pétard de sécurité, a stoppé la machine.

Le mécanicien du Bâle-Amsterdam qui le suit de quelques minutes ne voit pas l'express à temps. Roulant à 100km/h, il pulvérise le wagon de queue.

Une fois sur place, les secours s'activent parmi les débris afin de libérer les nombreux voyageurs pris au piège. Le bilan est lourd : 23 morts, dont six militaires américains. Sur les 40 voyageurs blessés, la moitié sont des militaires français stationnés en Allemagne.

Les victimes de ce drame ferroviaire ont été acheminées vers la gare de Metz. Photo DR/Paul DE BUSSON-collection C.FAUVEL

Le fonctionnement défectueux des signaux s'avère être à l'origine de ce drame. Quelques jours après l'accident, le facteur mixte de la gare de Sanry-sur-Nied, René Didelon, est arrêté parce qu'il a négligé de signaler cette défectuosité aux services compétents. Mais ce dernier est finalement remis en liberté.

1954, La mobilisation après l'appel de l'Abbé Pierre

La rigueur de l'hiver 1954 et une série de drames poussent l'Abbé Pierre à réagir. Sur les ondes de Radio Luxembourg, cet homme engagé auprès des plus démunis et des sans-abris lance un appel à la générosité.

Le Républicain Lorrain du 4 février 1954.
"Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre "centre fraternel de dépannage", ces simples mots : 'Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime'."

Face à ce cri du cœur, la Moselle est le premier département à s'activer. Une spontanéité qui s'avère exemplaire grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs, comme Jean Saphore. Ce dernier pose en effet des jours de congés et crée un comité d'aide. Il décide également de solliciter Le Républicain Lorrain. Victor Demange, président-directeur général du quotidien, est partant et une souscription aux lecteurs est publiée. Cette souscription permet de récolter plus d’un demi-million d’anciens francs en un jour. Les locaux du journal servent aussi à l’expédition des colis vers Paris où les sans-abris sont plus nombreux qu’ailleurs.

La souscription aux lecteurs publiée dans Le Républicain Lorrain.

Forts de ce soutien, les militants mosellans partent à la rencontre du pèlerin dans la capitale. Ils écoutent ses consignent, sont fascinés par son engagement. "Cette action ne doit pas se borner à un élan passager", déclare l'Abbé Pierre. Au retour de ce court voyage parisien, les Messins prennent la remarque à cœur et poursuivent leur mobilisation. Des maisons pour accueillir les sans-abris sont construites, des appels aux dons sont de nouveau lancés. Si le mouvement s’essouffle un peu à la fin de l'hiver, certains bénévoles continuent de se mobiliser. Plus tard, ce sera avec le mouvement Emmaüs que le soutien se prolongera.

1961, la nuit des paras

Le Républicain Lorrain du 24 juillet 1961.

Une vague de "bérets rouges" déferle sur la ville. Dans son sillon, la vague laisse des traces de sang. Celles d'hommes aux traits basanés. Violemment frappés, ils tentent d'échapper à la fureur de ces trois cents militaires qui ont décidé de venger la mort de leur collègue.

Ce dernier a été tué quelques heures plus tôt lors d'une fusillade qui a éclaté au dancing Le Trianon à Montigny-lès-Metz. Tout serait parti d'une danse. D'une simple danse entre une jeune fille et un Algérien. Les parachutistes de l'armée n'apprécient guère de voir ce duo s'afficher dans l'établissement. Les réactions sont vives. Un militant du Front de libération nationale ouvre alors le feu. Selon les sources, il y a entre deux et quarante coups de feu. Un barman et un parachutiste de 22 ans sont tués sur le coup. Un cuisinier, appelé du contingent, succombe également à ses blessures.

Les parachutistes présents au Trianon décident de mener une expédition punitive, de laisser leur colère s'exprimer et vont chercher des renforts dans les casernes Serret et Raffenel. A main nue, avec des bouteilles, des ceinturons, des matraques, ils cognent, tabassent ceux qu'ils rencontrent dans les rues messines. La nuit sanglante se répand sur Metz. Si plusieurs personnes sont blessées lors de cette déferlante rouge, un marchand ambulant ne se relèvera pas. Abattu d'une balle rue Gambetta. Des Nord-Africains sont aussi jetés dans la Moselle depuis les ponts du Pontiffroy.

Au total, on enregistre 4 morts et 27 blessés.

Le Parquet et le directeur de la police sur les lieux du drame. / Les impacts des balles sur la façade du Trianon. Photos d'archives RL

1964, inauguration de la Moselle canalisée

Le Républicain Lorrain du 27 mai 1964.

La Moselle canalisée est inaugurée le 26 mai 1964 par le général De Gaulle, la Grande-Duchesse Charlotte de Luxembourg et le président allemand Heinrich Lübke. Les travaux de canalisation avaient débuté en 1957, après plusieurs années de pourparlers avec l'Allemagne. La France obtient ainsi un moyen de transport plus économique pour son industrie sidérurgique et l’Allemagne récupère l’énergie hydroélectrique produite par les neuf barrages qui se trouvent sur son territoire. Des opportunités s'offrent également pour le tourisme, car cette rivière devenue canal donne à la région un accès à la mer du Nord. En 1964, la Moselle est donc officiellement ouverte à la navigation commerciale, sur 270 kilomètres depuis le port de Thionville-Illange jusqu’à Coblence.

L'inauguration de la Moselle canalisée. Photos DR/Paul DE BUSSON-collection C.FAUVEL

1968, l'affaire du Mage de Marsal

Swami Matkormano et sa prêtresse Alféola. Deux noms qui semblent sortir d'un livre. Et pourtant. L'affaire qui les entoure est bel et bien réelle et s'est jouée en Moselle. Un soir de novembre 1968, un certain Maurice Gérard se rend à la gendarmerie de Vic-sur-Seille pour signaler le rapt de ses deux enfants, Pascal (3 ans) et Gabriel (6 ans), ainsi que le vol de statuettes en bois "parlantes" dans un village voisin. Les forces de l'ordre se mobilisent afin de retrouver les deux garçons. Le secteur est passé au crible. Après des heures et des heures de recherche, aucun élément ne permet de localiser Pascal et Gabriel.

Le mystère s’épaissit lorsque les enquêteurs découvrent l'envers du décor. La demeure des époux Gérard. Une grande bâtisse transformée en ashram, où une communauté y vénère des forces occultes. Des fresques ésotériques sur les murs, de l'encens répandu dans des caves, des autels construits pour réaliser des rites. Cette maison met en lumière des personnalités étranges. Maurice Gérard se fait appeler Swami Matkormano par ses fidèles. Sa femme Josiane n'est autre que sa prêtresse Alféola. Cette atmosphère mystique fascine et interpelle. Les enfants ont-ils vraiment été enlevés ?

Au fil de ses témoignages, le mage de Marsal est de plus en plus incohérent. A-t-il monté cette histoire de disparition afin de cacher une vérité beaucoup plus cruelle ? Le 1er janvier 1969, des éléments permettent d'inculper Maurice et Josiane Gérard pour mauvais traitements sur enfants. Le premier est incarcéré à la maison d'arrêt de Metz, la seconde est internée.

Le mage de Marsal (tout à gauche) et son épouse Josiane Gérard. Photos d'archives RL

Cependant, les investigations peinent à se poursuivre. Un non-lieu est prononcé en 1974. Le juge d'instruction Nauroy confie à cette époque :

"Le père sait ce que sont devenus les enfants. Il n'y a pas eu d'enlèvement, on le sait de façon formelle. Il détient la clé du mystère."

Un mystère qui ne sera jamais résolu. En 1999, le mage de Marsal décède, emportant avec lui ses secrets.

1972, la couronne de Miss France pour Isabelle Krumacker

Le Républicain Lorrain du 30 décembre 1972.

Isabelle Krumacker, Miss Lorraine 1972, avait de sérieuses chances d'obtenir la victoire. Les suppositions se sont avérées justes, et l'espoir s'est concrétisé sous la forme d'une écharpe et d'une couronne de Miss France.

La Mosellane, née aux Troisfontaines près de Sarrebourg, remporte le titre national à l'âge de 17 ans. Elle est la première Lorraine à le décrocher. C'est une grande satisfaction pour cette jeune femme qui rêve de voyager et de changer d'horizon.

"C'est pour ça que j'ai concouru. C'était un moyen de sortir du village. J'ai vécu quatre années magnifiques. Cette élection a complètement bouleversé ma vie", relate Isabelle Krumacker en 2008.
Isabelle Krumacker offrant la galette des rois à Pierre Messmer, Premier ministre. Photo d'archives RL

1978, le Tour de France en Lorraine

Le Républicain Lorrain du 22 juillet 1978.

Au bord des routes, nombreux sont les Lorrains qui attendent le passage des coureurs cyclistes. Pour cette 20e étape de la Grand Boucle, le public est clairement au rendez-vous. L'engouement est tel que des bouchons se forment sur les routes départementales donnant accès au contre-la-montre Metz-Nancy. Des kilomètres de véhicules immobilisés. Des kilomètres de banderoles et pancartes en soutien aux participants, et plus particulièrement au Sarrebourgeois René Bittinger. C'est la liesse populaire.

Ce 21 juillet 1978, Bernard Hinault n’a que 23 ans et participe à son premier Tour de France. Avant de se lancer sur l’Avenue Ney à Metz, le champion de France se trouve en deuxième position du classement général. Entre les deux villes lorraines, le leader de la formation Renault-Gitane fait ensuite une véritable démonstration de force. En effet, il revient sur le Portugais Joaquim Agostinho, parti juste avant lui, avant de franchir la ligne. Le Néerlandais Joop Zoetemelk n'a plus qu'à lui céder le maillot jaune. Maillot que Bernard Hinault ne quittera plus jusqu'à Paris.

Le départ de cette 20e étape est donné à Metz. / Le soutien au cycliste sarrebourgeois René Bittinger. / Séance de dédicaces pour le participant mosellan. Photos DR/Paul DE BUSSON-collection C.FAUVEL

1979, crise de la sidérurgie

C'est une annonce qui assomme les sidérurgistes lorrains : la suppression de 20 000 emplois dans leur secteur, dont près de 8 000 dans la région.

Le Républicain Lorrain du 20 décembre 1978.

Après la sidération vient l'heure de la manifestation. A Longwy, les sidérurgistes ne lâchent pas l'affaire et deviennent un symbole de la résistance ouvrière. Vol de la Coupe de France de football, blocage du Tour de France, occupation d'usines, manifestations... Ils multiplient les coups d'éclat et vont même jusqu'à "kidnapper" Johnny Hallyday pour sensibiliser l'opinion publique. Alors que l'Elvis Presley français a donné un concert à la Foire internationale de Metz et s'est installé à l'hôtel, les ouvriers envahissent l'établissement. Ils trouvent la chambre de la rock star et après plusieurs minutes de discussion, Johnny Hallyday accepte de venir avec eux pour voir leur lieu de travail.

"Je ne m’y attendais pas mais je suis content d’être venu. J’avais entendu parler de Longwy comme tout le monde mais on ne se représente pas ce qu’est le travail dans une usine. C’est très impressionnant. C’est l’enfer", confie l'artiste à son retour.
Johnny Hallyday, "kidnappé" par un groupe de syndicalistes CFDT sidérurgistes de Longwy, au Sofitel de Metz. Photo d'archives RL
Après une courte halte au crassier, la délégation visite le train à fil d’Usinor et l’usine de la Chiers. Photo d'archives RL
En mars 1979, la CGT crée la radio "Lorraine cœur d’acier". Photo d'archives RL
Un "commando" CFDT des sidérurgistes de Longwy volent la Coupe de France en août 1979 dans la vitrine du FC Nantes. Photo d'archives RL

1985, le plus long pendule de Foucault à Cattenom

Le Républicain Lorrain du 29 avril 1985.

Le plus long pendule de Foucault en Moselle ? C'est l'idée qui germe à l'aube de la Fête des sciences de Thionville, alors que la centrale nucléaire de Cattenom est encore en construction. Elaboré par l'École Nationale d'Ingénieurs de Metz et le CCSTI de Thionville, ce projet met en valeur la technologie lorraine et est lancé le 26 avril 1985 depuis une tour de réfrigération du site. Un fil de suspension de plus de 160 m de long, une boule de bronze d’aluminium de 45 cm de diamètre et de 350 kg : le record de Saint-Pétersbourg est battu ! Pendant deux jours, le pendule oscille et attise la curiosité de plus de 23 000 personnes, témoins de ce record homologué par le Livre Guinness des Records.

La boule de 350 kg a été conçue par les Bronzes d'Industrie à Amnéville, et le dispositif de suspension a été réalisé par la Société de Mécanique Lorraine d'Hagondange. Photos d'archives RL

1989, LE premier Mondial Air Ballons à Louvigny

Pendant dix jours, la Lorraine est sous le feu des projecteurs. Pas moins de 789 montgolfières se sont donné rendez-vous à Louvigny sur le terrain du futur aéroport de Metz-Nancy-Lorraine. Le rayonnement est national mais également international.

Le Républicain Lorrain du 1er août 1989.

Cette première édition, appelée "Fraternité 89", est une réussite. L'idée de départ, qui était d'organiser un événement semblable à celui d'Albuquerque au Nouveau-Mexique, est atteinte. La région est d'ailleurs tout à fait légitime pour proposer un tel rassemblement : Jean-François Pilâtre de Rozier, l'un des premiers aéronautes de l'Histoire, est messin.

A l'initiative de Philippe Buron-Pilatre, ce rendez-vous prend alors forme sur le sol mosellan et devient incontournable. En 1993, la manifestation s'installe dans un lieu encore plus grand afin d'accueillir les nombreux amateurs et visiteurs : à Chambley, en Meurthe-et-Moselle.

La première édition du Mondial Air Ballons en 1989. Photos d'archives RL/Michel PIRA

1992, la ville de Metz bloquée par les mineurs de fer

Depuis l'annonce de la fermeture de la mine de Mairy-Mainville, ainsi que celle des mines de Roncourt et Moyeuvre, les mineurs de fer ont entrepris plusieurs opérations coup de poing. Ils décident cette fois de former un impressionnant blocus dans la capitale mosellane.

Le Républicain Lorrain du 23 mai 1992.

A bord d'une trentaine d'excavatrices chargées de minerai et de camionnettes, les grévistes en colère créent la surprise. Pendant une semaine, du 22 au 30 mai 1992, ils bloquent totalement le centre-ville. Malgré la gêne importante occasionnée, la population messine soutient largement la mobilisation. L'enjeu est de taille pour les mineurs de Roncourt, Moyeuvre et Mairy-Mainville : le reclassement de 440 mineurs dont 120 à la mine de Mairy dont la fermeture a été fixée par la direction de Lormines au 30 juin 1992.

Les manifestants finiront par quitter Metz avec leurs engins après avoir obtenu un accord sur une prise en compte de leurs revendications et un rendez-vous au siège d'Usinor-Sacilor à Paris. Mais malgré cette nouvelle étape, la date butoir du 30 juin ne sera pas différée. Et la mine de Mairy-Mainville fermera définitivement ses galeries. Tout comme Roncourt et Moyeuvre plus tard.

Après avoir paralysé l'autoroute A31 avec 13 km de bouchon, les engins miniers entrent dans le centre-ville messin. / Devant l'échec des négociations avec la direction de Lormines, les mineurs de fer poursuivent leur action et informent la population. Photos d'archives RL

1996, affaissement minier, des familles d'Auboué évacuées

Des fissures qui courent le long des murs, des vitres explosées, le sol des maisons soulevé, des rues effondrées. Un spectacle chaotique s'offre aux habitants de la rue de Metz à Auboué le 18 novembre 1996.

Le Républicain Lorrain du 19 novembre 1996.

En quelques heures, leur quartier est évacué. Sous le bitume des routes, sous les fondations des habitations, les galeries d'une mine abandonnée favorisent l'affaissement. Ce n'est pas la première fois que de telles fissures sont constatées. Le sous-sol est un véritable gruyère à cause de la surexploitation de la couche grise de la mine du Paradis. Quelques semaines plus tôt, le 14 octobre, un autre quartier de la commune, Coinville, avait assisté aux mêmes scènes. 150 personnes étaient évacuées.

Inconstructibles pendant près de 15 ans, les terrains aux abords de la rue de Metz et à Coinville ont été réévalués et classés en zone hors aléas miniers. Plusieurs maisons ont ainsi fait leur réapparition.

L'état des maisons à Auboué après l'affaissement. Photos d'archives RL/Jacques EUSTACHE

2002, Patrick Dils acquitté

Après deux condamnations et quinze années passées en prison, Patrick Dils est reconnu innocent le 24 avril 2002. Le Mosellan est enfin libre. La cour d'assises des mineurs du Rhône a suivi sa défense ainsi que les preuves à décharge apportées par la gendarmerie ; elle a eu "le courage" de dire qu'il n'avait rien à voir avec le meurtre de Cyril Beining et celui d'Alexandre Beckrich, dont les corps mutilés ont été retrouvés le long de la voie ferrée à Montigny-lès-Metz en 1986.

Patrick Dils est accusé d'homicides volontaires en 1987. Après quinze ans de prison, il est innocenté. Photo d'archives RL

Cette année-là, peu de temps après le drame, le jeune homme fragile, alors âgé de 16 ans, est interrogé puis relâché. L'apprenti cuisinier redevient suspect en avril 1987, à la suite d'un nouveau témoignage qui remet en cause l'heure du meurtre. Condamné dans un premier temps à la prison à perpétuité, Patrick Dils voit sa condamnation annulée le 21 avril 2001, avant d'être de nouveau reconnu coupable le 29 juin 2001 par la cour d'assises de Reims et d'être innocenté en 2002.

Victime d'erreur judiciaire, le Mosellan apprendra à se reconstruire.

Francis Heaulme, le routard du crime, se retrouvera quant à lui sur le banc des accusés dans le cadre de cette affaire de double meurtre.

2004, l'adieu aux mineurs

Pour la dernière fois, des mineurs descendent dans les galeries de La Houve à Creutzwald, à près de 900 mètres de profondeur pour récupérer de l'or noir. Le dernier bloc de charbon français est symboliquement extrait du puits le 23 avril 2004. Depuis 1895, les mineurs ont produit 105,7 millions de tonnes de charbon, mais il est maintenant l'heure de leur dire adieu. De dire merci à ceux qui pendant plus d'un siècle se sont succédé et ont profondément remanié notre région.

Le Républicain Lorrain du 22 avril 2004.

Pendant trois jours, la France entière rend alors hommage aux gueules noires. "Du charbon coule dans vos veines". L'hymne des mineurs accompagne les gestes, les accolades et les larmes. Le ministre de l’Industrie, Patrick Devedjian, ainsi que plusieurs élus sont au rendez-vous pour remercier les mineurs. Quatre de ces derniers se rendent d'ailleurs à Paris, à l'initiative du Républicain Lorrain, pour parler de leur expérience sur les plateaux de plusieurs radios et télés nationales. Le spectacle "Les enfants du charbon" est l'un des moments forts de ces journées de commémoration. Les familles, sous l'oeil averti des mineurs de La Houve, y retracent l'histoire minière. Une fresque vivante qui crée l'émotion. Un dernier salut bouleversant.

Les derniers mineurs de La Houve à Creutzwald. Photos d'archives RL/Thierry SANCHIS
Le ministre de l’Industrie, Patrick Devedjian, remerciant les mineurs. / Le spectacle "Les enfants du charbon" joué par les familles des mineurs. Photos d'archives RL/Philippe RIEDINGER et Thierry SANCHIS

2009, La Juventus à Joeuf

Un anniversaire célébré en beauté, avec Michel Platini en invité d'honneur et la Juventus en cerise sur le gâteau. Voilà une affiche qui fait rêver. Et c'est celle du club de Joeuf à l'occasion de son centenaire.

Le Républicain Lorrain du 20 juillet 2009.

Le 19 juillet 2009, le club de Turin et son capitaine Alessandro Del Piero viennent ainsi fouler la pelouse du stade de Ravenne et affrontent l'ASNL de Bracigliano. La venue des stars piémontaises suscite un engouement colossal, particulièrement chez les Lorrains d'origine italienne. 9 000 personnes assistent à cette rencontre inédite, les yeux rivés sur ceux qu'elles voient d'habitude à la télévision. Les anciens de l'équipe de France sont également de la partie pour faire face aux Joviciens. Ces derniers réussissent à faire honneur à leur région en inscrivant autant de buts que les anciens internationaux (3-3).

Ces matches font trembler les filets et laissent des souvenirs impérissables. A la fois aux supporters et aux joueurs.

Michel Platini avec les jeunes de l'ESJ. / La Juventus de Turin face à l'ASNL. / Alessandro Del Piero de la Juventus de Turin à Joeuf. Photos d'archives RL/Frédéric LECOCQ
Les amateurs du club de Joeuf affrontent les anciens internationaux. Photos d'archives RL/Frédéric LECOCQ

2012, l'annonce de la fermeture des hauts-fourneaux d'Hayange

Le 1er octobre 2012, le groupe ArcelorMittal annonce la fermeture définitive des hauts-fourneaux d'Hayange et la suppression de 629 emplois. Derniers symboles de la sidérurgie lorraine, ces hauts-fourneaux et leur production d'acier liquide avaient déjà été mis en veille auparavant en attendant la mise en place d'un nouveau plan industriel. Face à cette annonce, un improbable sauvetage est tenté. Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, annonce à son tour, en novembre 2012, avoir trouvé un repreneur "prêt à investir jusqu'à 400 millions d'euros". Mais l'espoir est de courte durée. Cette piste n'aboutit pas, comme celle d'une nationalisation temporaire.

Le SOS de la sidérurgie lorraine, installé par les salariés d'ArcelorMittal, symbole de la lutte contre la fermeture du site de Florange. Photo d'archives RL/Pierre HECKLER

Le 30 novembre 2012, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce alors à la télévision une mise sous cocon pendant six ans. ArcelorMittal a l'obligation d'investir sur le site et de ne pas licencier. En décembre, un projet de captage et de stockage de CO2 Ulcos, censé redonner un avenir aux hauts-fourneaux, est également abandonné. C'est un nouveau coup de massue. En avril 2013, le gaz alimentant les quatre tours de chauffe encore en état de marche dans les deux cathédrales d’acier du site d’ArcelorMittal est coupé.

Les hauts-fourneaux, en 2016, quatre ans après la fin de la filière à chaud. Photo d'archives RL/Julio PELAEZ

En décembre 2018, six ans après la mise sous cocon, le groupe décide de ne pas remettre en marche les hauts-fourneaux, affirmant avoir investi dans d'autres activités rentables et déclarant avoir recommencé à embaucher sur le site de Florange afin de produire des aciers spéciaux destinés à l'industrie automobile et des emballages.

2014, Les Dragonnes sont au sommet

Doucement mais sûrement. De 1966 à 1976. Il a fallu dix ans au club pour accéder à la Nationale 2. Puis encore huit années pour monter en Nationale 1B. Deux ans plus tard, les handballeuses obtiennent la première place et entrent enfin dans les rangs de l'élite. La consécration. Les joueuses poursuivent sur leur lancée et en 1989, elles décrochent leur premier titre national. Une victoire saluée, savoureuse. Mais ce ne sont encore que les prémices de l'aventure. Les titres nationaux vont se multiplier. Le 1er juin 2014, les Dragonnes permettent au club de décrocher son 19e titre de champion de France, en s'imposant 26-25 face à Issy-Paris.

Un nouveau titre national en 2014 pour les Dragonnes. Aujourd'hui, en 2019, les handballeuses ont 22 titres de champion de France au compteur. Photos d'archives RL/Antoine PICORE

2019, le FC Metz valide sa montée en Ligue 1

Un an après l'avoir quittée, le FC Metz retrouve la Ligue 1. Une délivrance qui arrive le 26 avril 2019, au terme d'un match à suspense sur la pelouse du Red Star à Beauvais. Cette rencontre est en effet très serrée. La lanterne rouge domine le début du match. Pourtant, à la 21e minute, le Grenat Habib Diallo transforme le penalty et ouvre le score. A la 45e minute, le jeune Camara égalise. Si la seconde période reste tendue, c'est finalement Opa Nguette qui libère les siens à la 90e minute. Un deuxième but qui laisse place aux cris de joie. Adieu le stress, Ligue 1 nous voilà.

Les joueurs du FC Metz savourent leur montée en Ligue 1. Photos d'archives RL/Pascal BROCARD

Cette délivrance est d'autant plus forte que l'équipe avait manqué une belle occasion trois jours plus tôt au stade Saint-Symphorien face à Grenoble. Ravis sur la pelouse du stade Pierre-Brisson, les joueurs espèrent concrétiser un autre objectif : remporter le titre de champion de Ligue 2. Ce qui sera chose faite le 17 mai lors du match contre Brest.

Le 17 mai 2019, les Grenats remportent le titre de champion de Ligue 2. Photo d'archives RL/Pascal BROCARD

Réalisation : Emeline PIUCCO

Archives : Service Documentation du Républicain Lorrain

Photo finale : Alexandre MARCHI

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Le Républicain Lorrain
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