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(London)Derry calling A l'heure du Brexit

Texte et photos : Olivier DONNARS / Agence Le Pictorium

Depuis la mort de la journaliste Lyra McKee le 18 avril 2019, la ville de Derry-Londonderry est redevenue le symbole du conflit entre catholiques/irlandais et protestants/britanniques. L'accord de paix signé le 10 avril 1998 (accord du Vendredi Saint) n’a pas réglé les clivages persistants entre les deux communautés. Le nom même de la deuxième ville d'Irlande du Nord - Derry pour les catholiques, Londonderry pour les protestants - illustre les profondes divisions entre les deux communautés. Et de partout, le lourd passé de la ville s'inscrit sur les murs comme une forme de résistance et de provocation. Notamment, le drame du «Bloody Sunday », survenu le 30 janvier 1972, qui est une énorme cicatrice dans le quartier catholique et républicain irlandais du Bogside. Les communautés peinent encore à se mêler, chacune vivant de son côté et le Brexit pourrait bien ne rien arranger. Si la ville a voté à 78% contre la sortie de l'Union européenne, les protestants ont majoritairement soutenu le leave, la sortie. Beaucoup craignent que le Brexit et le possible rétablissement d’une frontière –située à une dizaine de kilomètres - ne réveille les vieux démons du conflit nord-irlandais qu’on appelle ici « Troubles ». Mais à Derry-Londonderry, la frontière est surtout ancrée dans la tête de sa population.

Georgie Doherty habite depuis toujours dans le quartier catholique de Bogside. En 1974, à 17 ans, lors d'émeutes dans le Bogside avec la police britannique, il a perdu son oeil droit après avoir reçu une balle en plastique de flash-ball.
Johnny Hegarty vient du Donegal en République d'Irlande mais habite et travaille à Derry-Londonderry comme travailleur social. Comme la plupart des jeunes de son âge, il ne croit pas trop au retour d'une frontière en cas de "no deal" du Brexit. Les jeunes qu'il côtoie s'en moquent d'ailleurs, plus préocuppés par le chômage grandissant dans cette ville qui peine à développer son économie. Le taux de chômage y est deux fois plus élevé que la moyenne d'Irlande du Nord (7,9% contre 3,8%). Pour Johnny, la frontière est surtout dans la tête de la population. lI raconte les questions incessantes qu'on lui pose pour connaitre ses origines. Un nom, un prénom, parfois même un trait physique peuvent trahir "son appartenance" à la République ou bien à la Couronne. Lui l'irlandais habite Waterside, le quartier britannique de l'autre côté de la Foyle, le fleuve séparant la ville. Chaque fois qu'il revient de son entrainement de sport gaélique - typiquement irlandais - il doit cacher tout signe de son club pour éviter des représailles.
Monica Jarvis, éducatrice au Long Tower Youth and Community Centre, un centre d'action sociale, culturelle et éducative auprès des enfants défavorisés des quartiers de Brandywell et de Bogside, à majorité catholique. Dans ces quartiers populaires, les jeunes sont touchés par le manque d'éducation, l'alcoolisme, la drogue - qui serait sous le contrôle des groupes paramilitaires - et le chômage. Ce jour-là, le Long Tower Youth and Community Centre avait organisé une rencontre avec des jeunes protestants du quartier The Fountain pour discuter avec d'anciens combattants (loyalistes et républicains) et des membres de la police d'Irlande du Nord (PSNI). La rencontre, qui était l'occasion de faire entendre la voix de ces jeunes et d'exprimer leur point de vue sur les arrestations et les perquisitions dont leurs familles sont parfois victimes, a été annulée au dernier moment sous la pression du Saoradh, un parti politique proche de la Nouvelle IRA.
Une fresque évoquant la "révolution inachevée" peinte sur le mur du siège du Saoradh, un parti politique d'extrême gauche formé en 2016 par des républicains en désaccord avec l'accord de paix du Vendredi Saint, qui milite pour la réunification de l'île. La police d'Irlande du Nord (PSNI), principalement britannique, est considérée par les irlandais les plus nationalistes comme une "armée" d'occupation. Paddy Gallagher, son porte-parole, manifeste ce jour-là pour la défense des prisonniers politiques irlandais. Le 3 avril dernier, le Saoradh s'est opposé à la tenue d'une rencontre entre jeunes des 2 communautés avec des conseillers municipaux, d'anciens combattants des 2 camps et des membres de la police d'Irlande du nord (PSNI). Le Saoradh est aussi lié à la Nouvelle IRA qui a revendiqué être à l'origine des échanges de tirs survenus le 19 avril dernier dans le quartier catholique de Creggan et qui ont coûté la vie à la journaliste Lyra Mc Kee.

L'eurodéputée Martina Anderson dans les bureaux du Sinn Féin, parti politique anciennement proche de l'Armée républicaine irlandaise provisoire (IRA) et présent aussi bien en République d'Irlande qu'en Irlande du Nord. Ancienne volontaire de l'IRA, Martina Anderson a passé plus de treize ans en prison pour avoir planifié des attaques en Grande-Bretagne. A sa libération, elle a activement participé à l'élaboration des Accords de paix du Vendredi Saint. Pour l'eurodéputée, le Brexit a changé la donne : l'idée d'une Irlande unie est en train de monter en puissance dans le camp nationaliste irlandais. L'ancienne pasionaria de l'IRA ne mâche pas pas ses mots pour parler du gouvernement britannique. Le jugement rendu dans l'affaire du Bloody Sunday (voir ci-dessous) l'a autant attristé que rendu folle de rage. Mais ne l'étonne pas. Elle craint cependant que cela ne renforce chez les plus nationalistes un fort sentiment de haine... et un retour à la violence.

Des anciens membres de l'IRA et ex-prisonniers politiques républicains ont monté un club social pour soutenir d'anciens camarades sortis de prison. Ils l'assurent, pour eux la lutte armée est terminée. Dans leur petit "musée", ils ont notamment reconstitué une cellule des blocs H, où ils étaient confinés 24 heures sur 24. Derrière les vitrines, des disques de chansons de l’IRA, des balles en caoutchouc tirées par la police protestante et d’autres «trésors de guerre» reliés aux «Troubles».
Sur la frontière entre Irlande du Nord et République d'Irlande, un ancien poste douanier à l'entrée du village de Muff (Donegal) à une quinzaine de kilomètres de Derry-Londonderry. Au sol, seule une ligne délimitant le changement de bitume marque la frontière. A quelques mètres, c'est un ruisseau qui sépare les 2 pays. De l'autre côté, l'Irlande du Nord. Qui sait ce que deviendra cette démarcation en cas de no deal et de hard border....

Bloody Sunday

l'injustice de trop

Le 14 mars 2019, la justice britannique a annoncé poursuivre en justice un ancien soldat britannique -parachutiste- pour deux meurtres commis durant ce qui était une marche pacifique pour les droits civiques. Treize personnes avaient été abattues, une 14e décédant 6 mois plus tard des suites de ses blessures. Ce soldat, appelé le "soldat F", est inculpé pour le meurtre de deux hommes et tentatives de meurtre de quatre autres. Les seize autres soldats britanniques impliqués ne seront pas poursuivis, les preuves disponibles ont été jugées « insuffisantes » par la justice britannique. Pour les proches des victimes, dont certains participaient à la marche, c’est un double choc, une injustice qui ne sera jamais réparée, malgré l’espoir qu’avaient suscité les paroles de David Cameron en 2010, en présentant des excuses officielles pour ces faits, les qualifiant d’« injustifiés et injustifiables ». Quatre proches de victimes témoignent.

Michael McKinney, frère de William McKinney (27 ans) tué dans le dos lors du Bloody Sunday alors qu'il courait se protéger dans Glenfada Park où se situe désormais le Museum of Free Derry. La justice britannique a reconnu dernièrement que son frère a été tué par le soldat F, le seul soldat poursuivi durant le Bloody Sunday pour le meurtre de 2 personnes. Mais pour Michael McKinney, l'injustice demeure au nom de toutes les autres familles. Pour lui, "il est clair que l'état britannique couvre son armée".
John Kelly, fondateur du Museum of Free Derry, consacré au Bloody Sunday. Lui-même a perdu son frère, Michael Kelly (17 ans), tué alors qu'il se protégeait derrière une barricade. John Kelly a été président de la Campagne pour la justice du Bloody Sunday. Comme toutes les familles, il a été dévasté à l'annonce du jugement "d'une totale injustice". Il compte aller jusqu'à la Haute Cour de justice pour faire réviser tout le dossier. Mais le temps presse. La plupart des soldats impliqués sont âgés. S'ils décèdent avant - 5 sont déjà morts - aucune charge ne sera retenue contre eux. Et justice ne sera jamais faite.
Jean Hegarty a perdu son jeune frère Kevin McElhinney (17 ans), tué alors qu'il courait se réfugier dans un immeuble du Bogside. Elle s'est lancée dans la campagne pour la justice du Bloody Sunday pour rétablir la vérité: à l'époque les autorités britanniques proclamaient que les victimes étaient des terroristes. A l'annonce du jugement, elle avoue n'avoir pas été surprise. Sa seule crainte serait de voir les 2 communautés se déchirer encore plus à cause du Brexit.
Leo Young a perdu son frère John Young, 17 ans, abattu lors du Bloody Sunday alors qu'il se protégeait derrière une barricade. Leo était lui-même à la marche pour les droits civiques. Il a été arrêté alors qu'il tentait d'emmener un blessé en voiture à l'hôpital. Il n'a appris la mort de son frère que deux jours plus tard à sa sortie de prison. Trois soldats seraient impliqués dans la mort de son frère. Aucun d'eux n'a été poursuivi. La photo de son frère sur la cheminée a été prise lors d'une fête, la veille de sa mort.
Leo Young montre le compte-rendu du procureur rendant les conclusions sur l'implication de l'armée britannique dans la mort de son frère. Trois soldats, E, J et P, étaient soupçonnés. Le soldat E étant mort depuis, il ne sera pas poursuivi. Pas plus que les 2 autres, les preuves disponibles ont été jugées "insuffisantes » par la justice britannique.
Fresque murale dans le quartier catholique de Bogside, représentant les 14 victimes du Bloody Sunday.
Au Museum of Free Derry, consacré au Bloody Sunday. Dans la vitrine, la photo d'une des 14 victimes, Jackie Duddy, 17 ans, à côté du mouchoir blanc agité par l'évêque catholique Edward Daly pour aider à sortir le corps du jeune garçon du quartier du Bogside. La scène a été prise en photo, devenue une véritable icône du Bloody Sunday.
Au Museum of Free Derry, consacré au Bloody Sunday, les douilles des 108 balles tirées par l'armée britannique sur les manifestants catholiques de la marche pacifique pour les droits civiques. Le Bloody Sunday a fait 14 victimes et une quinzaine de blessés.

The Fountain, l'enclave britannique

A l'entrée du quartier, une fresque proclame : "Les loyalistes de la rive Ouest sont toujours assiégés. Pas de capitulation." A l'intérieur des remparts médiévaux de la vieille ville, The Fountain, l'enclave protestante abrite aujourd'hui près de 300 personnes. Quelques pâtés de maisons protégés par un "mur de la paix". La porte qui sépare cette enclave du quartier voisin de Bogside, est fermée entre 21 h et 6 h. Les clôtures de 15 mètres de haut érigées après 1969 étaient censées être temporaires, mais il en reste encore beaucoup. Derry-Londonderry n'a pas attendu le Brexit pour être coupée en deux. Au début des Troubles, la plupart des protestants ont élu domicile à Waterside, sur la rive est de la Foyle, le fleuve traversant la ville. La rive ouest, Cityside, est majoritairement catholique. Mais quelques familles protestantes ont décidé de rester dans The Fountain malgré les intimidations. L'attachement à la couronne britannique est visible à chaque coin de rue : les bordures des trottoirs sont peintes aux couleurs de l'Union Jack, qu'on voit parfois flotter en haut des poteaux électriques. Ici, les nationalistes ne seraient pas les bienvenus ici, même aujourd'hui. De même que les protestants ne seraient pas les bienvenus dans le Bogside. Tout comme dans les quartiers populaires catholiques, The Fountain reste marqué par la pauvreté et de nombreuses maisons restent à l'abandon. Certains résidents disent même couper périodiquement leur électricité pour économiser de l'argent.

Si une frontière se reforme et que les catholiques reprennent les armes, je suis prêt à riposter

Au coeur du quartier, le Cathedral Youth Club, un centre d'aide sociale, éducatif et culturel pour jeunes, fondé en 1972 par Jeanette Warke et son mari David, aujourd'hui décédé. La famille Warke a été chassée de The Fountain en 1972 après avoir subi des intimidations, des attaques et même des jets de cocktails Molotov. "Ils frappaient à notre porte et criaient " la racaille Orangiste partez d'ici," se souvient Jeanette Warke. Les Warke se sont exilés sur l'autre rive de la Foyle, dans un petit village en dehors de Derry où ils vivent toujours. C'est à cette époque qu'ils ont ouvert un club de jeunes le soir, craignant de les voir pris dans des activités paramilitaires. Depuis, Jeanette Warke a vu passer trois générations de jeunes qu'elle a aidées à se construire, à sortir du chômage mais aussi à tenter d'établir des passerelles avec la communauté catholique. Il y a 3 ans, elle les a amenés à Dublin pour le centenaire du soulèvement irlandais qui a mené à l'indépendance de la République et en France pour une commémoration de la bataille de la Somme lors de la Première Guerre mondiale. "Nous avons vraiment ouvert la voie à ces jeunes protestants et catholiques, pour qu'ils puissent regarder leur histoire et se respecter mutuellement," se félicite Jeanette Warke, qui travaille toujours à l'âge de 75 ans et qui a été honorée par la reine Elizabeth II.

Cependant, il est encore difficile de changer les mentalités. La plupart des jeunes vont dans des écoles à majorité britannique et peinent à se mêler aux catholiques. Tous sont du quartier ou bien de Waterside. Pour eux, la question du Brexit reste abstraite. Steven qui n'a pas connu la période des Troubles, craint que "les catholiques reprennent les armes si il est question de reformer une frontière". Il prend pour acte la bombe qui a explosé le 20 janvier dernier à quelques rues de là, face au Palais de justice. Attentat qui n'a pas été revendiqué. Mais lui se dit prêt à riposter. Pour Graham Warke, l'un des fils de Jeanette de Warke, et conseiller municipal, membre du Parti unioniste démocrate (DUP), il est encore trop tôt pour abattre les murs entre protestants et catholiques. Et la question du Brexit n'arrange pas les choses. Pour cet ancien soldat de l'armée britannique, qui ne souhaite pas le retour d'une frontière, sortir de l'Europe même en cas de "no deal" lui parait indispensable et ne l'effraie pas.

Jeanette Warke et son fils Graham Warke, posant devant une peinture murale commémorative de la bataille de la Somme lors de la Première Guerre mondiale, sur la façade du Cathedral Youth Club.
Appuyée contre les remparts médiévaux de Derry-Londonderry, The Fountain regarde au loin le quartier catholique de Bogside.

TOUTS

Punk's not dead in Derry

Les Touts ont beau se composer d'un chanteur qui ne sait pas chanter, d'un bassiste qui ne sait pas jouer et d'un batteur qui n'y voit rien, ils sont bons. Non, oubliez ça : les Touts sont des putains de génie !

Trois jeunes teigneux tout droit sortis des quartiers working-class de Derry, trois sales kids qui n’ont jamais l’air de se prendre au sérieux. Et pourtant, cette nonchalance apparente tombe vite dès qu'ils montent sur scène. Une énergie brute et bouillonnante qui ne demande qu’à exploser à grands coups de riffs éclatants et de refrains balancés tels des brûlots. "Nous sommes les Touts de Derry, un chanteur qui ne sait pas chanter, un bassiste qui ne sait pas jouer et un batteur qui n'y voit rien," aime à dire le chanteur Matthew Crossan à chaque concert.

Matthew Crossan (chanteur principal et guitariste), Luke McLaughlin (bassiste et chanteur occasionnel) et Jason Feenan (batteur)

Ces 3 survoltés n'en sont pas à une provocation près. Rien que le nom de leur groupe en est une. Du verbe racoler en anglais, le mot tout désigne généralement au Royaume de sa Majesté un vendeur de billets à la sauvette. Mais en Irlande du Nord, le mot est l'une des pires façons qui soit d'appeler quelqu'un. Durant la période des Troubles, un tout était un informateur de la police ou des services de sécurité. Il suffisait que ce mot soit gribouillé à côté d'un nom sur un mur pour que cela signe l'arrêt de mort de la personne...

Si quelqu'un commence à penser qu'il est une rock star, il est abattu. C'est peut-être un truc de Derry ?

Dans une ville qui a vu naître durant les Troubles The Understones, groupe auteur en 1977 du morceau Teenage kicks, véritable hymne de la jeunesse nord-irlandaise, les 3 énervés de Touts semblent être les dignes héritiers de la tradition punk de Derry, tendance groupe politique, une étiquette qui leur colle depuis leurs débuts. Leur rage raconte la vie des gamins de Derry, les politiciens démagos et le cynisme qui se cache en politique. L'incendiaire morceau Can't Blame Me démêle avec lyrisme les propos alarmistes et effrayants qui dominent le processus électoral. Le groupe n'a encore rien sorti sur le Brexit mais le sujet est évidemment au coeur de leurs préoccupations. Pour eux qui n'ont pas connu la période des Troubles, il est clair que si une frontière dure devait revenir, il y aurait des émeutes. Comme ils l'expriment dans leur morceau Political people, ils n'ont aucune confiance envers le gouvernement en place en Irlande du Nord. "Les décisions qu'ils ont prises m'ont été imposées, mais j'étais trop jeune pour voter, confie Jason. Je n'avais que 16 ou 17 ans à l'époque. Maintenant, je dois grandir avec."

Le groupe n'a pas encore sorti d'album studio - attendu courant 2019 - mais s'est bâti une solide réputation avec plusieurs EP lâchés à intervalles réguliers ces 2 dernières années. Leur réputation les a amenés à assurer les premières parties de Liam Gallagher et Blossoms. Et surtout des concerts fracassants à guichets fermés dans toute l'île. Dans la salle, les riffs effrénés et le rythme percutant de la batterie précipitent le public -très jeune- dans un pogo dantesque, porté par la voix débitée à la manière d'un Joe Strummer de The Clash. Le groupe a d'ailleurs enregistré au profit de la Joe Strummer Foundation, Before We Go Forward, une démo que Joe Strummer avait enregistrée avec Paul Simonon en 1983 et apparue en bonus sur le coffret Joe Strummer 101.

Created By
Olivier Donnars
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Credits:

Olivier DONNARS

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