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12 heures top chrono De l'arrivée au départ

Ce soir-là, vous étiez 442 passagers à vous envoler pour Paris à bord du Boeing 777 300 ER d’Air Austral assurant le vol UU 975. Les hôtesses et stewards parcourant les allées, les pilotes aperçus furtivement dans le cockpit... Pour le voyageur lambda, l’univers du transport aérien se limite à ces seuls acteurs. Pourtant, une armée de petites mains s’est activée depuis l’arrivée le matin du « F.OLRE de Roissy ». En moins de 12 heures, mécaniciens, personnels de nettoyage, fournisseur des plateaux repas, essenciers se sont relayés dans une course contre la montre pour « réarmer » l’avion. Du tractage aux premières heures de la matinée au départ dans la soirée, nous avons suivi cette armée de l’ombre engagée dans une chorégraphie parfaitement réglée. Un seul objectif : que l’avion décolle à l’heure.

Textes : Alain Dupuis – adupuis@jir.fr - Photos : Gaël Ecot

10:00

Le Boeing 777 300 ER F.OLRE est arrivé de Roissy depuis moins d’une heure sous une pluie battante. Passagers et bagages débarqués, toilettes vidangées, l’appareil est ramené de l’aérogare au hangar d’Air Austral. Dans le poste de pilotage, deux mécaniciens. Mais c’est le conducteur du tracteur qui a la responsabilité de la manoeuvre. Avant de prendre le volant de cet engin qui pèse plus de 50 tonnes, il faut passer un permis spécial pour déplacer un B.777 300 ER qui pèse à vide près de 168 tonnes et à pleine charge plus de 250 tonnes, l’amener ou le repousser devant l’aérogare (« push back » en langage aéronautique), le monstre développe 800 chevaux, deux à trois fois la puissance d’un tracteur agricole ou d’un semi-remorque. La vitesse de tractage ne dépasse pas les 30 km/h. Sur la barre de traction (4) deux fusibles peuvent sauter en cas de problème, les mécaniciens dans le poste doivent alors freiner en urgence. Pendant le temps d’escale, l’appareil est relié à un groupe électrogène (2) qui fournit l’énergie électrique indispensable aux opérations à bord de l’avion. Pour les personnels de la Servair qui escaladent la passerelle (5, 6), le compte à rebours est lancé. Ils ont deux heures pour « réarmer » la cabine.

10:30

Une dizaine d’employés de la Servair ont investi la cabine. « Leur intervention se fait dans le cadre d’un cahier des charges très précis », explique Jean-Luc Vedapodagom, responsable du pôle piste et cabine à Air Austral. Chacun a la responsabilité d’un secteur. Les têtières de tous les sièges sont enlevées et remplacées. Les couvertures prennent le chemin du pressing. Elles seront lavées dans la journée prêtes à embarquer de nouveau le lendemain dans leur enveloppe plastique. Les produits de nettoyage (3) ne viennent pas du supermarché du coin : ils sont agréés aéronautique. Dans les toilettes, comme à la maison, il ne faut pas oublier de remettre du papier. « Le chef de cabine principal note dans un cahier toutes les anomalies ou les pannes éventuelles rencontrées en vol. Elles sont traitées par les mécaniciens à l’arrivée de l’avion. Ils procèdent parfois à des aménagements comme l’installation de repose-pieds en classe loisirs (6) », poursuit Jean-Luc Vedapodagom.

Les zones de repos équipage dans le plafond à l’avant pour les pilotes, à l’arrière pour les hôtesses et stewards (7), sont également remis en ordre de marche. Si vous avez oublié quelque chose à bord, vous pouvez compter sur l’honnêteté du personnel. « Nous avons trouvé une fois un portefeuille avec 1500 euros en liquide et trois chèques en blanc. Nous l’avons restitué à son propriétaire. Tous les mois nous procédons à un nettoyage très intensif des cabines. Régulièrement les fuselages font aussi l’objet d’un nettoyage à sec. »

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