Revenu de base, solution ou utopie

Depuis quelques années maintenant, un concept fait de plus en plus parler de lui. Ce concept c'est celui du revenu de base, aussi appelé revenu inconditionnel. Pour certains sa mise en place serait une vraie révolution dans notre société. Pour d'autres, cela relève de l'utopie. Quels sont les enjeux qui se cachent derrière ces termes, et quelle est donc cette idée défendue à la fois par des personnalités de gauche comme de droite ?

Le revenu de base, ça vous parle ?

Malgré un débat sur la question de plus en plus important, comme on peut le voir le concept n'est pas encore connu de tous, loin de la. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le revenu de base n'a rien à voir avec le salaire minimum. Concrètement, la définition du revenu de base est de « Donner à chacun de façon individuelle et inconditionnelle suffisamment pour vivre". Cette définition va de paire avec l’article 25 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Le revenu de base serait donc une somme d'argent, versée à tous, de façon individuelle, tout au long de sa vie, sans condition de revenu, d'âge, ou de travail. L'idée derrière cela serait de séparer le revenu, du travail. Chaque personne en tant qu'individu aurait droit à une somme d'argent, à un socle pour vivre. Contrairement à ce que l'on pourrait penser cette idée n'est pas nouvelle. Déjà en 1516 dans son "Utopie", Thomas More théorise l’idée d'un revenu inconditionnel pour lutter contre la criminalité

Pourquoi une redécouverte de ce concept au 21eme siècle ?

Il existe plusieurs causes. Tout d'abord les défenseurs du revenu de base pointent du doigt l'automatisation grandissante de certains métiers et une disparition progressive du travail. En effet nous sommes déjà tous passés à une caisse automatique, et l'arrivée des voitures sans conducteur, ou des traducteurs en temps réel ne rassurent pas quant à la création d'emploi. Selon le "Word Economic Forum" d'ici 2020 c'est plus de 7 millions d'emplois qui disparaîtront dans les 15 pays les plus développés. La population mondiale elle ne fait que croître, des solutions sont donc à trouver.

D'autres, tels que Les économistes atterrés estiment qu'on assiste à une résurgence de ce débat suite à la contestation de notre Etat providence et de notre Etat social jugés de plus en plus inefficaces. Un nouveau modèle est donc à imaginer pour répondre aux défis du 21ème siècle. Pour Virginie Deleu, militante pour le "Mouvement Français pour le Revenu de Base", instaurer un tel revenu est un projet facilement applicable qui aurait de nombreuses répercussions.

Baisse du chômage, du stress au travail, recul de la pauvreté, diminution de la vente d'antidépresseur... les arguments ne manquent pas. Cependant selon elle tous les revenus inconditionnels ne se valent pas.

Il n'existe pas un seul modèle type du revenu de base. Plusieurs pistes sont explorées ainsi que plusieurs méthodes de financement. 500, 600, ou 1000 par mois les versions divergent, mais pour le Mouvement Français pour le Revenu de Base (MFRB) l'heure n'est pas au chiffrement mais à l'éducation populaire.

Le débat commençant à arriver sur le terrain médiatique, Les militants pour le revenu de base mettent en garde et alertent contre des modèles qui viendraient au final abaisser le niveau de vie des plus pauvres en fusionnant toutes les aides. Le but selon eux est de donner un filet de sécurité à tous pour vivre décemment, et non pas avec l'objectif de faire des économies.

A l'approche de l'élection présidentielle plusieurs hommes et femmes politiques ont décidés de porter cette idée. A droite c'est Frédéric Lefebvre qui propose une simplification du système social reversé sous forme de "revenu pour tous".

Nathalie Kosciusko-Morizet lors du débat des primaires du centre et de la droite a défendu l'idée d'un revenu de base de 470€ par mois. Le Parti Socialiste lui a inscrit cette idée dans les mesures à envisager. Le premier ministre, Manuel Valls a déclaré qu'il souhaitait en faire un "marqueur de la gauche" Ces déclarations n'ont cependant pas convaincu les militants du MFRB, qui dénoncent une démarche électoraliste plutôt qu'une réelle prise de conscience.

A gauche comme à droite cette question divise mais elle à le mérite d'exister. Attaque sournoise du libéralisme pour certains militants de gauche, encouragement à l'assistanat pour certains militants de droite, la question suscite le débat et interroge sur notre rapport au travail. Nul doute que cette question fera partie de la campagne des présidentielle.

Laura Fortes, Victor Bastard

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