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Habit 2018 – Royaume-Uni. Réalisation : Simeon Halligan. Scénario : Simeon Halligan. Avec : Elliot James Langridge, Jessica Barden, William Ash, Roxanne Pallett, Sally Carman

You're awake, Michael.

Michael, un jeune habitant de Manchester, a du mal à joindre les deux bouts. Un brin irresponsable, il vit du chômage et des aides financières de sa grande sœur. Un jour, il rencontre la jeune Lee. Celle-ci lui fer rencontrer son oncle, Ian, patron d'un bordel, à peine dissimulé sous une appellation de salon de massage. Lorsque Michael y est témoin d'un meurtre, Ian embauche le jeune homme pour le faire taire et lui ouvre ainsi les portes de sa famille. Une famille réunie autour d'un secret qui va faire plonger Michael jusque dans les abysses de Manchester.

Le mélange des genres est un exercice ardu.

Dans le cas d'Habit, on nous sert un cocktail d'horreur, de drame sociétal et de film de gangster. Le problème, en l'occurrence, c'est qu'on est tombé sur un barman qui ne savait pas bien doser et qui a noyé ses ingrédients les uns dans les autres. Résultat : il y a bien peu de saveurs à la sortie du shaker.

Niveau horreur, Habit est, disons-le franchement, décevant. Le seul ressort horrifique du film est le secret du Cloud Nine, le bordel où Michael commence à travailler. Et il s'agit plus d'un élément narratif qui permet de donner du relief au reste de l'histoire. Ainsi, rien n'est vraiment fait pour mettre en avant notre genre préféré. Seules deux scènes se montreront intéressantes de ce point de vue. Pas pour faire frisonner, car le film n'y parvient jamais – il faut dire que ce n'est pas son but -, mais par rapport à l'approche érotico-gore qui a été privilégiée. Rien d'autre n'apportera satisfaction aux spectateurs cherchant de l'horreur.

Le côte film de gangster, privilégié dans la seconde partie du film, est lui aussi un fiasco. Simeon Halligan privilégie la portée dramatique de son long-métrage – on y reviendra -, et n'instaure aucune tension susceptible de donner du corps aux criminels qu'il nous présente et à leurs actions. Ainsi, même si l'entrée de Michael dans la “famille” de Ian peut faire penser à celle d'un nouvel arrivant dans un gang ou un clan de la pègre, on ne retrouve aucunement l'ambiance des films mettant en scène ce genre d'organisations.

Le drame sociétal, genre phare de notre histoire

Ne nous reste que le drame, donc. De ce côté, il y a un peu de mieux. Habit porte un message sociétal sur les délaissés, les parias, qui tentent de se construire dans une ville qui ne fait pas attention à eux, dans ce cas Manchester. On explore des lieux ternes, fades. De tout le long-métrage se dégage une ambiance maussade, qui s'assombrit au fur et à mesure, tandis que notre personnage principal s'enfonce dans les bas-fonds. Un peu maladroitement, on nous invite à suivre ces opprimés qui tentent de se faire une place en prenant de petites revanches sur ce monde qui les contrôle malgré eux et qui n'a que peu de considération pour leur destin.

Malheureusement, cet aspect-là aussi finit par se casser la figure, le spectateur ne ressentant jamais de véritable empathie pour les personnages. Ceux-ci sont au final très peu caractérisés. Les plus exposés sont Michael et sa sœur Mand. Les autres sont assez unidimensionnels, malgré une interprétation décente. Surtout que certains personnages secondaires disparaissent purement et simplement de notre histoire. On ne saura jamais ce qu'il est advenu d'eux.

L'anecdote

L'un des bars qui apparaît dans le film est visuellement marquant à cause de sa décoration composée en majorité de croix chrétiennes. Ce bar existe réellement à Manchester. Il se nomme El Capo.

Habit est tiré d'un roman et c'est sûrement pour cela qu'il fonctionne mal. On peut supposer que le livre explore plus en profondeur ses différentes thématiques, ce qui lui permet de mieux les muscler. Mais dans un film d'une heure et demie, ça passe mal. On survole trop les genres, ainsi que les personnages. En résulte une oeuvre fade, sans vrai relief émotionnel. On ne s'exalte pas, mais on ne s'agace non plus. On n'a pas peur, mais on ne s'ennuie pas.

En fait, devant Habit, on ne ressent tout simplement pas grand-chose.

1,5/5

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