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SPOT : à la rencontre des jeunes en résidence Un reportage de Jean-Félix Fayolle et Mathias Averty

Hopeless Product

Il est 10h au Ferrailleur, les quais du hangar à bananes s’éveillent doucement. La fureur du concert de Hardcore de la veille a laissé place au soleil et aux cris des mouettes. Pourtant quelques riffs s’élèvent déjà de la salle de concert. Les 4 musiciens d’Hopeless Product sont en pleine répétition, coachés par l’excentrique chanteur nantais Martin Hallier (Parpaing Papier, Kiemsa).

Au chant, Klervi, 18 ans, mène la danse, accompagnée par Gaël à la guitare, Pierre à la basse et Gabriel à la batterie. Ensemble, ils répètent des compositions originales mais aussi des reprises de Muse, Arctic Monkeys ou encore Pink Floyd. « Pierre et moi sommes amis depuis la petite section et faisons de la musique depuis des années, explique Gaël, arborant fièrement un t-shirt du Hellfest. On a fondé Hopeless Product en 2017 après avoir recruté Klervi et Gabriel grâce à une petite annonce dans le journal du lycée Guist’hau. »

Depuis décembre, le quatuor répète assidûment son répertoire, traque la fausse note, soigne le tempo ! « Avec Martin, on apprend à jouer ensemble et à s’écouter au lieu de jouer chacun dans notre coin, continue Gaël. Il nous apprend à tenir une scène et à transmettre une énergie au public ! ». « On a tellement progressé grâce à lui ! C’est passionnant ! », renchérit Klervi. Spot sera leur premier gros concert sonorisé après un baptême obligé à la fête de la musique l’été dernier. « Il y a encore du travail, un peu de trac qui commence à monter, mais on est super pressés de vivre cette expérience ! »

Et après ? Le groupe va-t-il marcher sur les traces de Ko Ko Mo, le groupe de post-rock nantais qui écume les festivals ? « Ko Ko Mo est un modèle et la scène rock nantaise nous passionne, mais on va d’abord passer notre Bac et finir nos études ! », s’amuse Klervi.

Rendez-vous le 8 juin à 20h50 pour voir Hopeless Product sur scène.

Ruelle

11h. Le boulevard De Launay est toujours aussi animé. Nous avons rendez-vous avec Arsène, 19 ans, qui dirige la troupe de danse Ruelle. Le jeune homme athlétique et décontracté commence tout juste à s’échauffer avec Zoé, 20 ans, sa partenaire de chorégraphie, en attendant les autres danseurs de la troupe.

« J’ai commencé à faire du Break Dance quand j’avais 15 ans, explique Ismaël, puis j’ai découvert le Parkour grâce au film Yamakasi. L’art du déplacement a été une révélation ! Les valeurs d’entraide et l’esprit d’équipe qui sont au cœur de ces disciplines, m’ont tout de suite attirés et j’ai commencé à m’initier !». Après un bref passage dans une école de danse contemporaine, le jeune danseur a préféré explorer les différentes familles de la danse hip-hop. « Il n’y a pas de diplôme de danse hip-hop malheureusement, mais je m’épanouis beaucoup dans cet univers. Je finirai par trouver ma voie » explique Ismaël en passionné.

Avec sa collègue Zoé, ils préparent une performance dansée « en mode battle » autour du miroir d’eau. « Je suis très curieuse des sensations que peut procurer cette piste de danse originale, le cadre va être magnifique, continue Zoé, 20 ans. Après 9 ans de théâtre, j’ai découvert la danse avec Arsène et je me suis tout de suite faite entraîner dans cet art du spectacle. » Respect et cohésion sont les deux mots clés de la troupe : « On se sent prêts et on a hâte de montrer notre chorégraphie ! » conclut Ismaël avant de grimper avec aisance sur les structures métalliques pour commencer à répéter.

Pour découvrir Ruelle, rendez-vous à 14h Cour Saint-André le dimanche 9 juin.

Sahra

14h. Arrêt Chantiers Navals. Nous nous abritons du soleil sous les nefs pendant que l’Hermione largue ses amarres en faisant rugir ses canons. Tranquillement assise au bar de Trempolino, Sahra Chérifi, 20 ans, nous accueille avec un grand sourire en sirotant une infusion pour la gorge « Excusez ma voix, elle est un peu faible depuis que j’ai fait une soirée de 48 heures il y a quelques jours, alors j’en prends soin ». Grand sourire, regard déterminé, cheveux en batailles, Sahra répond à nos questions avec assurance et humour : « Pourquoi je fais Spot ? Pour profiter du bonheur d’être sur scène mais aussi parce que je veux vraiment percer et devenir une star ! », confie-t-elle en riant.

L’inspiration, elle l’a depuis toute petite, mais c’est après une rupture difficile qu’elle s’est plongée corps et âme dans l’écriture de ses premiers morceaux. Sur la scène de Spot, elle chantera sur les beats du compositeur dijonnais Maxime Pelletier. Son style ? De la chanson à texte avec un flow hip-hop : à la manière d’Angèle qu’elle admire beaucoup, tout en préférant l’attitude et l’univers plus freak et destroy de Billie Eilish. « Ce sont des artistes inspirantes et des femmes fortes qui brisent les clichés ! »

Pour Sahra, la musique est une passion, mais aussi une thérapie, « Je suis une personne assez angoissée en fait. Ecrire et chanter m’aide à surmonter tout ça ! ça me libère des poids qui sont en moi... Mais j’essaye toujours d’en tirer des chansons positives, pas fatalistes. » Elle prépare sa prestation d’arrache-pied avec la chanteuse Alexia Guillot (After the bees). Elle soigne sa voix, ajuste son flow en répétant, encore et encore. « Je n’ai pas vraiment le trac, je sais que j’ai beaucoup travaillé alors je suis plutôt pressée d’être sur scène et de vivre le moment à fond ! » Après son show, Sahra prévoit d’enregistrer un EP, grâce au Clap, et de sortir 2 clips avec ses amis vidéastes. « Je vais aussi déposer mes chansons à la Sacem et les poster sur Spotify, Deezer et Myspace. » Sahra a beaucoup d’ambition et un plan de carrière élaboré avec passion, mais elle veut d’abord percer à Nantes, dont elle est tombée amoureuse quand elle s’y est installée à l’adolescence : " Roubaix c’est ma mère, mais Nantes c’est ma femme ! ", s'exclame-t-elle.

Rendez-vous samedi 8 juin à 16h45 Cour Saint-André pour découvrir Sahra.

Je Veille

17h. La salle de danse du pôle associatif de Désiré Colombe s’anime sur des beats électros et des pas en cadence. Les danseuses de Je Veille répètent leur spectacle sous le regard avisé de la chorégraphe Emilie Burgaud. Ensemble, elles soignent les gestes, précisent les intentions et se synchronisent à la milliseconde. Un travail d’équipe si intense et fédérateur qu’elles répondront ensemble à nos questions. « On croit beaucoup à l’énergie et à la force du groupe, expliquent-elle, nous prenons les décisions collectivement. Chacune d’entre nous a pu mettre son petit grain de sel pour construire la chorégraphie, et c’est pour ça que nous en sommes très fières. »

Ces jeunes danseuses ont entre 18 et 25 ans et étudient la danse Jazz et contemporaine au Studio de la Danse, quartier Nantes-Erdre. Elles ont imaginé un spectacle critique sur les réseaux sociaux, rythmé par de l’électro, des discours d’Anonymous et des textes qu’elles ont elles-même écrits et enregistrés.

« Je Veille est une chorégraphie qui questionne nos rapports aux réseaux sociaux, continuent-elles, Nous voulons montrer comment ils envahissent la sphère privée et peuvent nous conduire au voyeurisme. »

Le jour-j, la troupe devra se produire sur le miroir d’eau, ce qui a nécessité des ajustements chorégraphiques : « A la base, nous avions imaginé cette chorégraphie pour donner une petite représentation à l’école. Jouer en extérieur sur le miroir d’eau est un vrai challenge, car il faut s’assurer que l’eau ne va pas alourdir nos mouvements. Mais c’est une sacrée chance de pouvoir se produire à Spot et de s’entraîner dans les locaux de Désiré Colombe : ça donne une dimension plus professionnelle à ce spectacle et l’envie de s’impliquer à fond. » Après 1 ou 2 ans de formation au Studio, les danseuses de la troupes comptent bien continuer le chemin de la danse, en troupe ou en solo.

Pour assister à Je Veille, rendez-vous samedi 8 juin à 17h45 Cour Saint-André.

Histoinantes

Il est 18h à la maison de quartier de Bellevue. La jeune styliste Cédrine Naulin, porteuse du projet Histoinantes, est tellement concentrée sur sa machine à coudre qu’elle n’entend pas la sonnette. Mais elle ne tarde pas à nous accueillir autour d’un thé et de quelques petits gâteaux avec son équipe de couturières : des femmes du quartier de tous les âges. Du haut de ses 17 ans, elle est l’une des plus jeunes porteuses de projet de cette édition, mais elle parle avec l’énergie et la conviction d’une costumière aguerrie.

Le concept d’Histoinantes, son projet présenté à Nantes ? Un défilé de mode à énigmes ! « J’ai imaginé 4 costumes qui évoquent 4 moments de l’Histoire de Nantes, explique Cédrine, Le public devra trouver en direct à quoi ils font référence. J’ai envie de raconter leur ville aux Nantais sous une forme originale et de casser un peu les barrières des défilés de modes traditionnels : les modèles se déplaceront dans la foule pour que le public puisse toucher les tissus et voir les bijoux de près ! Quand les spectateurs auront trouvé la référence, je raconterai l'événement en question ! »

Avec son équipe, Cédrine travaille depuis bientôt un an et demi sur ces 4 créations originales. « Je rêve depuis toute petite de devenir costumière dans le cinéma ! Et même si la concurrence est rude, je veux me donner les moyens de le faire ! J’ai monté mon dossier spot quand j’avais 16 ans et j’ai réussi à négocier une dérogation pour mener ce projet ! » Passionnée et déterminée, Cédrine meurt d’impatience de présenter ses créations : « Parler en public est un challenge, mais je n’ai pas peur : je connais bien mon sujet ! Le seul truc qui pourrait me déstabiliser, c’est que le micro ne fonctionne pas ! Mais il n’y a pas de raison !" confie-t-elle en riant.

Rendez-vous au défilé Histoinantes, dimanche 9 juin à 14h15 Cour Saint-André.

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