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Pauillac, Trompeloup, 1918-2015 Les évolutions des vocations industrielles d'un site portuaire de l'estuaire de la Gironde

Carte de Guyenne par Belleyme, feuille n° 12 (Université Bordeaux Montaigne) / Marins devant les hangars d'assemblage et d'entretien des hydravions de la Pauillac Naval Air Station (collections du NHHC)

[Cette visualisation est l’accompagnement d’un article soumis à la revue en ligne EspaceTemps.net]

Le lieu-dit de Trompeloup, situé à 2 km au nord du centre de la ville de Pauillac (France), accueille des appontements du port de Bordeaux depuis 1893.

Les photographies aériennes numérisées de l’institut national de l’information géographique et forestière permettent de retracer les évolutions du bâti des parcelles de la zone. La méthode permet ainsi d’ouvrir une fenêtre sur l’ampleur des remaniements des activités portuaires et industrielles sur les rives de l’estuaire de la Gironde au cours du XXe siècle.

Millésimes des photographies aériennes utilisées pour la numérisation de l'évolution du bâti (IGN, NHHC)

1918

Si la collection IGN ne remonte qu’à 1937, des vues aériennes obliques permettent de reconstruire une occupation des sols pour l'année 1918.

La marine américaine y installe cette année-là une de ses principales bases de la façade atlantique, entre :

  • le lazaret de Trompeloup - une structure hospitalière destinée à la mise en quarantaine des passagers des paquebots transatlantiques (en haut de l’image),
  • les hauts-fourneaux de Pauillac, des installations sidérurgiques déficitaires que l’effort de guerre ne sauvera qu'un temps de la faillite définitive (hors cadre),

Cette implantation est de courte durée - mais elle oriente de manière décisive les usages ultérieurs du site...

Franklin Delano Roosevelt, alors secrétaire adjoint à la marine en tournée d’inspection des bases navales américaines en Europe, débarque d'un hydravion Curtiss à Pauillac.

1918

La marine américaine construit une base aéronavale.

De 1918 à 1937

1937

Le stockage pétrolier implanté sur le site de la base est devenu la raffinerie Jupiter

De 1937 à 1945

1945

Les stigmates des bombardements alliés

De 1945 à 1950

De 1945 à 1950

1950

Une reconstruction en cours, sous la houlette de la Shell-Berre

De 1950 à 1957

(1950 → 1957)

1957

Une implantation pétrolière majeure du Sud-Ouest de la France

De 1957 à 1964

1964

Des évolutions minimes

De 1964 à 1976

1976

Après un grand remaniement de la raffinerie, le lancement d’une usine d'aéroglisseurs

De 1976 à 1984

1984

Le raffinage en sursis

De 1984 à 1991

1991

Un site largement démantelé

De 1991 à 2000

2000

Face à une activité pétrolière minimale, le vignoble a repris du terrain

De 2000 à 2009

2009

L’Airbus A380, symbole d’un relatif renouveau ?

De 2009 à 2012

2012

Réhabilitations / réinvestissements

De 2012 à 2015

2015

Une centrale photo-voltaïque pour le dépôt pétrolier

(1918-2015)

Si l’on considère l’ensemble des changements (constructions et destructions) survenus entre 2018 et 2015 sur le bâti des abords de Trompeloup, une superposition brute de toutes les transitions élémentaires observées ne saurait bien évidemment traduire la complexité et l'ampleur des dynamiques présentées plus haut :

Un glacis illisible ?

Pour autant, un résumé cartographique de l’évolution du bâti peut être à la fois faisable et utile : il s’agit de simplifier la sémiologie en ne renseignant que la présence du bâti sur les dix millésimes traités de 1918 à 2012. Le glacis obtenu par transparence ne renseigne alors plus le détail des changements mais permet :

  • d’obtenir une image cumulative de l'emprise des bâtiments disparus (en gardant à l'esprit le fait que les intervalles entre millésimes ne sont pas réguliers).
  • d’identifier les secteurs ayant fait l’objet des remaniements les plus importants.

Ainsi, les parcelles au cœur de l’enceinte du stockage pétrolier CCMP sont sans surprise celles qui ont été les plus affectées. Par ailleurs, en observant à l’Ouest la délimitation actuelle des parcelles de vigne AOC de l’appellation Pauillac, on peut y repérer de notables inclusions des anciennes emprises bâties de la raffinerie : la cité ouvrière, un ancien réservoir...

Ce dernier exemple souligne l’importance de la dimension matérielle des changements actuels autour des paysages viticoles. La patrimonialisation de la viticulture médocaine (et l’engouement touristique qu'elle suscite) favorisent en effet une forme de mise en invisibilité des usages industriels passés de l’estuaire. Mais c’est aussi, au gré des changements d'occupation du sol, des réhabilitations de terrains et des révisions de zonages, un effacement littéral. Visualiser, par des techniques de superposition de couches, les évolutions historiques des usages, c’est offrir en cela une forme de contrepoint à ces dynamiques.

Sources des images

Created By
Baptiste Hautdidier
Appreciate

Credits:

Carte de Guyenne par Belleyme, feuille n° 12 (Université Bordeaux Montaigne) / Marins devant les hangars d'assemblage et d'entretien des hydravions de la Pauillac Naval Air Station (collections du NHHC)

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