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Françoise Cabrini Histoire de notre ecole

Avant-propos

Depuis mon arrivée en septembre 2013, je ressens chaque jour le plaisir de travailler dans un lieu qui réunit une esthétique architecturale à la beauté de la nature offerte par le parc.

Ce document qui vous présente l’histoire de ce lieu nous permet d’en découvrir la richesse et la singularité. Depuis de nombreuses années, ce lieu a accueilli et continue d’accueillir des enfants qui ont rencontré au fil du temps des réalités et des besoins très différents

« S’occuper de la jeunesse de quelque manière que ce soit, c’est faire servir à l’utilité publique les dons et les talents ». (Père de Clorivière)

Aujourd’hui encore, la mission des équipes éducatives est de permettre à chaque enfant d’accéder à son excellence propre à travers une alliance éducative avec les familles, la bienveillance inconditionnelle de l’accueil et du regard, et une « bonne » exigence : celle qui encourage, développe le goût de l’effort et permet la maîtrise des connaissances et compétences fondamentales.

C’est une véritable joie que de remplir cette mission quotidienne au sein d’une équipe et au service des enfants qui nous sont confiés. Une fierté également d’être de passage dans cet établissement qui continuera encore longtemps, je l’espère, à accueillir la jeunesse de son époque.

Agnès Kaelblen (Directrice de l'école maternelle et élémentaire)

Introduction

Rue du Dr Sureau, une grande maison de style néoclassique à trois étages émerge de la verdure. De chaque côté, une aile plus étroite à 2 étages prolonge cette belle bâtisse.

La façade côté rue avec sa marquise de verre.

Il s’agit du bâtiment principal de l’établissement d’enseignement privé Françoise Cabrini, qui accueille plus de 2300 élèves de la maternelle au BTS. Il abrite les bureaux administratifs, le réfectoire et l’école primaire.

Vue côté parc.

Premières traces

La date de la construction de la maison est incertaine. On l’estime à la fin du XVIIème siècle. Son premier propriétaire notable est René Mans, comte de Tessé, lieutenant général des armées du Roi.

L’édifice fait partie d’un grand domaine clos. Il est alors situé rue de Beauvais. On en trouve une trace sur ce plan d’arpentage de 1720. La forme en « L » suggère que la maison comportait une aile supplémentaire qui n’existe plus aujourd’hui.

Une locataire de prestige

En 1779 Mme de Renaudin, propriétaire de la maison, la laisse en cadeau de mariage à sa nièce, Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie . Celle-ci épouse le vicomte le Beauharnais à Noisy-le-Grand et met au monde deux enfants. Elle réside à Paris mais séjourne régulièrement dans la maison de Noisy jusqu'en 1783. Elle connaîtra un destin extraordinaire.

En effet, le Vicomte décède pendant la Révolution. Rose rencontre et épouse alors Napoléon Bonaparte, qui deviendra quelques années plus tard l'empereur Napoléon Ier. C'est ainsi que Rose, que l'on appellera désormais Joséphine, devient Impératrice des français.

La maison connaît ensuite une dizaine de propriétaires différents jusqu'à la fin du XIXème siècle, parmi lesquels un commis des finances, un fermier général guillotiné à la Révolution, un cultivateur, un banquier et même deux maires de Noisy-le-Grand.

Soeur Candide et l'Oeuvre d'Ormesson

En 1893, la maison et le domaine sont rachetés par l'Oeuvre d'Ormesson, qui possède déjà deux hôpitaux dans la région (Ormesson et Villiers-sur-Marne), pour y ouvrir un sanatorium.

Cet établissement est destiné aux jeunes enfants tuberculeux afin qu'ils retrouvent la santé à la sortie de l'hôpital. Il est dirigé par Sœur Candide, de la congrégation de Sainte Anne de Feugarolles. Elle est accompagnée par sept autres sœurs.

Soeur Candide reçoit des visiteurs.

L’air de Noisy est jugé bon et sain car le village domine à plus de 20 mètres la Marne. Il est bien exposé, pas trop chaud et au-dessus des brouillards de la rivière. Il acquiert rapidement une excellent réputation.

« De nombreux parisiens y envoient leurs enfants malades des poumons et malgré le bon lait de vache, ils ne guérissent pas tous ».
Déjeuner d'un petit malade.
Chaque dortoir pouvaient accueillir une vingtaine d'enfants.

Soucieuses de donner aux enfants les outils pour réussir, les religieuses leur dispensent des cours de français et de culture générale. Des serres sont construites afin que les pensionnaires apprennent l'horticulture et le travail des champs sous la direction d'un jardinier. En échange les enfants reçoivent un petit salaire..

Les pensionnaires devant les serres.

En mai 1908, la petite Lucienne Martin écrit à sa mère depuis Noisy-le-Grand...

C'est à cette époque faste pour l'oeuvre d'Ormesson que de nombreux aménagements sont apportés aux bâtiments. Le portique à arcades fermées par des vitrages et couvert en terrasse, la galerie couverte, la chapelle avec sacristie et tribune sont modifiés ou créés autour de 1902.

L'entrée du sanatorium après les travaux sur la façade.

Il est impossible d'estimer le coût de ces travaux, mais Sœur Candide disposait d'un budget important. Hélas des difficultés financières vont la contraindre à revendre le domaine en 1913 pour permettre à l'Oeuvre d'Ormesson de conserver ses autres établissements.

En 1914, Mère Cabrini passe devant la grande maison et s'adresse à ses sœurs.

Qui es-tu, Françoise Cabrini ?

Mère Cabrini est une religieuse italienne à qui le pape Léon XIII a donné une mission : venir en aide aux immigrés italiens, en particulier aux Etats-Unis.

"Cette maison sera nôtre !"

Sa congrégation achète le domaine de Noisy-le-Grand en 1914 pour y ouvrir un orphelinat. Mère Cabrini n'y retournera jamais puisque le Seigneur la rappela à lui peu après, en 1917.

Très vite, l’œuvre bénéficie d’une certaine notoriété : une douzaine de religieuses accueillent gratuitement environ 140 filles de 1 à 16 ans. Certaines sont hébergées de façon permanente et d’autres ne sont que pensionnaires provisoires.

"Les orphelins vivent dans une villa princière charmante que la Marne baigne et qu'un bois embaumé entoure."
A l'inauguration de l'école.

Pour la plupart, ces jeunes filles sont issues de familles nombreuses, pauvres, ou dont l’un des parents est malade. L’orphelinat de Noisy est assez réputé parmi la communauté italienne.

On y donne des cours d’instruction primaire en français et en italien ainsi qu’une formation professionnelle : couture, broderie, confection de lingerie.

Vers une école privée sous contrat

En 1962, la scolarité devient obligatoire jusqu'à 16 ans. Les religieuses voient alors la nécessité de créer une suite au séjour des pensionnaires et de leur apprendre un métier. L'école technique est donc ouverte en 1968, avec deux classes commerciales.

L'établissement s'ouvre peu à peu à tous. Au début des années 1980, l'école primaire accueille 10 classes au primaire et 3 classes en maternelle.

Une classe de CM1.
Le réfectoire, alors situé dans l'actuelle salle Rodin.

Un collège est ouvert et affiche en 1984 280 inscrits. Il comprend un internat dirigé par les religieuses. Un lycée technique forme des jeunes filles aux métiers du secrétariat (dactylographie, comptabilité, correspondance) et des soins à la personne (sanitaire et social, puériculture...).

Classe du lycée professionnel.
On forme au lycée les futures employées de bureau.

En 1989, les sœurs missionnaires du Sacré-Coeur souhaitent se consacrer à l'ouverture d'écoles et d'orphelinats en Amérique du Sud. Considérant leur mission accomplie à Noisy-le-Grand, elles annoncent leur départ.

La vidéo ci-dessous recense les différents ajustements architecturaux qui ont eu lieu au cours du XXème siècle, et au début des années 2000.

Une nouvelle Tutelle pour l'école Cabrini

La Société des Filles du Cœur de Marie s'engage pour l'avenir de l'établissement. Elles prennent la suite des disciples de Mère Cabrini qui seront restées 75 ans à Noisy-le-Grand.

La Société des Filles du Cœur de Marie a été créée dans le plus grand secret pendant la Révolution française. A cette période, les religieux doivent se cacher car le peuple est en colère contre l'Eglise.

La religion est interdite pendant la Révolution.

Adélaïde de Cicé est une jeune femme qui souhaite se dévouer totalement à Dieu et aider les plus pauvres. Elle rencontre un prêtre, le Père de Clorivière, et ensemble ils dessinent les contours d'une société religieuse.

Adélaïde de Cicé.
Le Père de Clorivière.

En 1791, la société des Filles du Cœur de Marie est créée. Adélaïde et le père de Clorivière en sont les premiers membres.

"Les Filles du Cœur de Marie, où que nous soyons, nous avons pour mission d’aimer et de faire aimer la Vierge Marie par notre vie, nos paroles, nos actions, en témoignant de notre amour pour elle."

Aujourd'hui, les Filles du Coeur de Marie gèrent des foyers d'étudiants, des maisons d'accueil, des maisons de retraite, des établissements scolaires et assurent de nombreuses missions dans le monde entier.

Les Filles du Coeur de Marie sont présentes sur les 4 continents.

En Afrique, elles mènent des actions en faveur de la promotion de la femme et de l'éducation. En Amérique, elles œuvrent en faveur de l'insertion des plus démunis. En Asie elles sont présentes dans des lieux de formation et d'éducation.

Les filles du Cœur de Marie ne portent pas les habits de religieuses, héritage de l'anonymat qui leur était imposé pendant la Révolution.

L'ensemble scolaire aujourd'hui

L'ensemble scolaire Françoise Cabrini est aujourd'hui reconnu pour la qualité de son enseignement et la bienveillance de son encadrement.

Bien vivre ensemble : un élément essentiel de l'enseignement.

La vocation de l'établissement se décline sous de nombreux aspects : assurer à chacun un épanouissement individuel et collectif, via l'apprentissage du vivre ensemble et de la coopération, mais aussi éduquer à l’intériorité et à la liberté par l’entraînement à la relecture et au discernement.

L'école propose en outre à ses élèves des expériences variées et adaptées au temps présent : les activités artistiques et sportives, l’utilisation des outils numériques, les projets qui permettent de sortir de l’école pour partir à la découverte du monde…

Enfin, elle dispense un enseignement culturel des religions et offre la possibilité d’approfondir sa foi.

En s'inscrivant dans l'avenir, l'école Cabrini poursuit avec conviction les missions qui lui sont confiées. Et honore son passé avec fierté.

Sa très longue histoire est un trésor pour ses élèves, qui en écrivent chaque jour avec leurs professeurs une suite plus passionnante.

Remerciements :

Roland Cardot - Société historique Noisy-Gournay-Champs

Francis Baffet - Association Noisy-le-Grand et son histoire

Municipalité de Noisy-le-Grand

Conçu et réalisé pendant l'année scolaire 2015-2016 par les élèves de l'école Cabrini et Jean-Baptiste Appert. Avec la voix de Mmes Rachel Groussin et Yasmine Nazarian.

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