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Sœurs, femmes et citoyennes À Marseille, huit sœurs nous ont ouvert leur porte pour partager leur quotidien, leurs témoignages et leurs réflexions.

ÉDITO

C’était le 2 mars 2018. À une semaine de la Journée internationale des droits des femmes, des sœurs du Vatican jetaient un pavé dans la mare et dénonçaient leurs rapports avec leurs homologues masculins. Dans le supplément féminin du magazine du Vatican, Femmes Église Monde, trois d’entre elles témoignaient ainsi, anonymement, de leur quotidien… au service des hommes.

L’Église n’a pas été épargnée par la libération de la parole des femmes. Plus que jamais, la question de leur place dans la religion se pose. Mais qui sont les sœurs ? Ces femmes consacrées, qui dédient leur vie au service de Dieu restent des personnages méconnus. Nous les voyons peu, mais les imaginons beaucoup, cloîtrées dans leur couvent, genoux au sol et regard vers le ciel.

Comment les sœurs s'épanouissent-elles au sein de l’institution religieuse ? Comment vivent-elles leur subordination à une hiérarchie principalement masculine ? À Marseille, terre de catholicisme mais aussi de diversité, les religieuses trinitaires de Mazargues n’ont renoncé ni à la société, ni à la modernité. Elles s’appellent Henriette, Bénédicte-Marie, Sigolène ou encore Marie-Agnès, et passent leurs journées à courir entre l’établissement scolaire Sainte-Trinité, l’hôpital de la Timone, le Samu social et la prison. Elles ne se sont pas choisies, et pourtant elles partagent tout : leur toit, leurs repas, leurs salaires.

Elles sont sœurs, femmes et citoyennes. Dans leur bastide provençale, dans des conférences ou sur les bancs de l’Université, les discussions peuvent être brûlantes. De la place des femmes dans l’institution à l’homosexualité, en passant par les États généraux de la bioéthique, les débats sur l’actualité sont nombreux et animés.

Entre vie religieuse et modernité, rencontre avec des femmes dans l’ère du temps.

Laurène Gris

Une vie entre tradition et modernité

Une vie entre tradition et modernité © Photoreportage de Laurène Gris

Féminisme et féminité

Les fraises de la Trinité

« Les femmes sont comme les fraises sur un gâteau : il en faut toujours plus ! » L’innocence presque simpliste de cette phrase prononcée par le pape en 2014 a pu faire ciller ou interroger. Est-ce celles que Jean-Paul II qualifiait de « sentinelles de l’invisible » qui poussent désormais sur des fraisiers ?

À défaut de sucrer les fraises, le souverain pontife justifiait ainsi son admiration du « génie féminin ». Et, surtout, sa volonté de compter plus de femmes au sein de la Commission théologique internationale.

Chez les sœurs trinitaires de Mazargues, on rit de bon cœur à cette analogie. Mais à travers ce propos faussement léger, sœur Bénédicte-Marie, responsable régionale des Trinitaires, reconnaît l’importance de l’implication papale. Des résistances parfois « machos » gangrènent encore les institutions religieuses : « nous ne sommes pas plus bêtes parce que nous sommes des femmes…Souvent même, la femme est plus intelligente. On sait bien que les femmes gouvernent le monde ! »

À force d’écoute, de présence, et d’investissement, sœur Henriette estime que le rôle des femmes au sein de l’église est « important », « plus que les hommes d’ailleurs, même si eux peuvent dire la messe et mener une confession ».

Mais lorsqu’il s’agit de domaines spécifiques, sœur Bénédicte-Marie raconte combien il est dur pour une femme religieuse d’être reconnue. Quand elles viennent de l’étranger, comme de nombreuses sœurs trinitaires, certains diplômes perdent en valeur une fois en France : « Quelques-unes ont réussi à forcer la porte grâce à leurs compétences, mais elles demeurent rares. » Des entraves qui les forcent à redoubler d’efforts : « C'est à nous d'être compétentes, pour nous faire notre place. » poursuit Bénédicte-Marie.

Pour les femmes, difficile de se faire une place au sein des instances dirigeantes de l’Église. En France, seulement 25% des postes à hautes responsabilités [membres du conseil épiscopal, délégués épiscopaux ou diocésains, économes ou chanceliers, ndlr] sont occupés par des femmes. Selon une carte interactive produite par La Croix, à Marseille, 87 femmes se trouvent parmi les 160 laïcs bénévoles ou salariés qui disposent d’une lettre de mission. Pourtant, dès lors que l’on atteint les instances dirigeantes, c’est la douche froide. Sur 34 personnes investies dans ces instances, seulement 10 sont des femmes.

Sources : L'Église catholique en France (eglise.catholique.fr) - site-catholique.fr

D’amour et d’eau fraîche

L’esprit de service et de don est l’essence même du dévouement des sœurs. Malheureusement, il fausse parfois l'image de la religieuse dans l’esprit collectif, qui devient « faite pour ça ». Une représentation qui laisse sœur Bénédicte-Marie perplexe : « Les gens pensent que l’on vit d’amour et d’eau fraîche… »

Ces propos font écho à une enquête sur le quotidien des sœurs du Vatican, publiée le 1er mars 2018. On y découvre le quotidien des religieuses du Saint-Siège, frustrées car soumises à une hiérarchie qui les empêche de vivre leur vie consacrée. Après la polémique suscitée par la dénonciation du travail « quasi-gratuit » des sœurs, le souverain pontife a fait part de son inquiétude. Avec fermeté, il a pointé du doigt la « servitude » des femmes chrétiennes initialement appelées à un « rôle de service » au sein de l’Église.

À Mazargues, il est nécessaire pour les sœurs de toucher des gratifications pécuniaires, afin de vivre humblement leur vie communautaire au sein de la congrégation. Comme l'explique sœur Bénédicte-Marie, les services non liés à la vie religieuse ou ceux qui appellent à des compétences spécifiques méritent salaire. L'absence de rétribution ne prive pas seulement les sœurs d’une reconnaissance personnelle (qu’elles pourraient apprécier), mais menace surtout la survie des congrégations. Si Bénédicte-Marie relativise, il y a urgence : « Je crois au ciel, mais il ne m’envoie pas des sous comme ça ! »

Pontife mais inclusif

À l’occasion de l’Assemblée plénière du conseil pontifical de la culture en 2013, c’est une autre urgence que le pape signale, celle « d’offrir des espaces aux femmes dans la vie de l’Église ».

Sœur Bénédicte-Marie salue ces propos. Bien qu’elle déplore avec énergie cette tendance à toujours se tourner vers les hommes, elle se montre conciliante sur les progrès de l’Église. Elle constate l’augmentation du nombre de théologiennes et la médiatisation de certaines, « qui passent à la télé ». Mais même si sœur Bénédicte-Marie reconnaît volontiers que les choses changent petit à petit, elle estime que cela ne se fait « sûrement pas assez vite ».

Tweet du pape François à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2018.

Bénédicte-Marie est catégorique : « Il ne s’agit pas d’ordonner des femmes pour qu'elles deviennent prêtres », mais plutôt de donner aux femmes des places valorisées ou valorisantes, en tout cas reconnues. « Quand est-ce qu’on va nous appeler à un Synode ? [réunion, assemblée délibérative d'ecclésiastiques, ndlr] Ou nous inclure dans les commissions ? Quand est-ce qu’on va nous demander notre avis, qui compte aussi ? Surtout que ces messieurs ont parfois les idées étroites... » s'insurge la responsable régionale des Trinitaires.

La féminité au service du féminisme

Être incluses : telle est la requête des femmes qui s’investissent aujourd’hui au sein de l’Église en tant que sœurs, en tant que femmes, en tant que membres d’une communauté religieuse. Pour les replacer au cœur de l’Église, le pape s’attache à une vision fémino-féminine de la femme, de ses atouts et de ses caractéristiques. En 2015, le souverain pontife évoquait une compréhension et une lecture féminine du monde, qui permettait « d’entendre, voir des choses avec un cœur plus créatif, plus patient, plus tendre ».

Les sœurs trinitaires de Mazargues s’accordent : via cette féminité, elles s’inscrivent dans une forme de féminisme. Sœur Bénédicte-Marie illustre bien cette opinion, et explique combien les caractéristiques considérées comme propres à la femme sont exacerbées dans le travail des sœurs : « Cette féminité nous permet la compassion, la miséricorde, et le don de soi dont nous faisons preuve, notamment dans l’écoute quotidienne des personnes que l’on côtoie. C’est ce que vous êtes que vous donnez ! »

Certaines congrégations se mettent au service des prêtres et les soulagent de leurs tâches quotidiennes au profit de leurs occupations religieuses. Ce type de service, souvent décrié, sœur Bénédicte-Marie en parle avec diplomatie : « Ce n’est pas un problème de repasser des chemises, à condition qu’il y ait du respect », et que, bien sûr, cela n’empiète ni sur le temps alloué aux missions des sœurs, ni sur le temps spirituel, tout aussi propre à leur service. En effet, ces tâches les privent parfois de leurs vies religieuses personnelles, et de missions plus gratifiantes : « On veut se servir de notre intellect et servir Dieu grâce à lui, pas vivre en courant partout et en ne sachant plus où est Dieu. »

À Mazargues, les sœurs trinitaires demeurent loin des problématiques rencontrées par leurs homologues du Saint-Siège : Bénédicte-Marie, « bien dans (s)es baskets » comme elle l’affirme, estime ne se sentir ni inférieure, ni persécutée. Elle qui entend parler de lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes depuis qu’elle est jeune, nous raconte qu’elle rétorquait souvent, en imitant sa mère : « Je ne vais pas me battre pour l’égalité puisque les femmes sont supérieures ! »

« On veut se servir de notre intellect (...), pas vivre en courant partout et en ne sachant plus où est le bon Dieu. »

Cependant, ces dérives au Vatican et dans l’Église en général existent. Pour sœur Sigolène, elles résultent du fait que l’investissement des sœurs est souvent pris pour acquis. Surtout, on fait silence sur cette situation. Elle pense qu’un « lieu de dialogue ou l’on peut s’exprimer » pourrait permettre aux sœurs de désamorcer les éventuels rapports de force, qu’ils soient sexistes ou seulement adossés à l’idée que le vœu de pauvreté prime sur la survie.

Du grabuge pour que ça bouge

Les réseaux sociaux sont devenus le fer de lance de la rébellion populaire et féministe de ces derniers mois, notamment avec les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc fin 2017 en France. Cet engouement s’est peu à peu mué en mobilisation et a permis d’ouvrir une vanne dont le flot ne semble pas se tarir : c’est la libération de la parole des femmes. Dans les sphères publiques de tous les pays, les langues se délient et les médias font état de nombreuses accusations, rendues possibles par le catalyseur de l’indignation générale.

En 2018, la place de la femme au sein de la société est encore et toujours source de désaccords. Parce que la modernité ne veut plus faire de concessions, que la marée féministe monte et recouvre bientôt chaque îlot résistant, la sphère de la religion n’y coupe pas non plus.

Ces questionnements autour de l’égalité entre les sexes se posent partout, et tout aussi abruptement au siège de l'Église catholique romaine, où le statut de la femme est, dans l'imaginaire collectif, souvent synonyme de docilité et de soumission à l’homme. Ce grabuge au Saint-Siège n’est pas seulement une dénonciation de plus. Il est le signe que, partout, la lutte féministe a connu un regain d’énergie et pointe du doigt les derniers bastions du patriarcat. L’Église évolue, notamment grâce au progressisme du pape François. Instaurer l’altérité au sein des institutions lui permettrait de gagner en crédibilité, et ainsi de libérer la vie religieuse des sœurs, de Mazargues et d’ailleurs, de ces rapports de forces et autres opinions préconçues.

Eloïse Voudon

L'ÉGLISE, lE PAPE et les femmes

Depuis le début de son pontificat, le pape François multiplie les discours sur la place des femmes, dans l’Église comme dans la société. Des propos progressistes, parfois amusants... mais le pape est loin d'être acquis au féminisme.

L’histoire du pontificat de Jorge Mario Bergoglio commence pourtant fort. Quelques jours après sa nomination en 2013, le nouveau souverain pontife fait parler de lui lors d'une visite en prison, au cours de laquelle il lave les pieds de deux femmes. Historique. La même année, il nomme cinq femmes à la Commission théologique internationale, organisme historiquement chasse gardée des clercs.

Malgré des gestes et des paroles symboliques, François reste un pape attaché à la doctrine. Celui qu'on décrit volontiers comme progressiste a souvent été qualifié, à tort, d'être féministe. Critique du cléricalisme et nominations de femmes à des postes à responsabilités ne sauraient changer une vision traditionnelle de la femme, fondée sur des caractéristiques genrées.

La participation des femmes à la vie de l’Église divise, et rencontre de nombreuses résistances, notamment à la Curie. Si François a ouvert le débat, il est peu probable qu’il aille plus loin que ses déclarations, au profit d’une théologie non plus seulement féminine mais bien féministe.

Laurène Gris

Des femmes d'action

Au-delà des débats sur le rôle et la place des femmes dans l'Église, il y a aussi la question de leur visibilité et de leur représentation dans l'imaginaire collectif. Que font vraiment les religieuses dans leur vie quotidienne ? Beaucoup se posent la question. Sur un ton léger et engageant, nous vous invitons à suivre le quotidien des sœurs de Mazargues. Entre travail, bénévolat et vie en communauté, découvrez leur emploi du temps très chargé.

De la « contemplaction »

« Tous unis grâce au foot ? ». Cette Une de Pèlerin trône sur la table du salon des sœurs trinitaires. À peine avons-nous évoqué la Coupe du monde que les sœurs cherchent à connaître les prochains matchs. À Mazargues, difficile de se mettre d’accord sur l’équipe à encourager. La Congrégation compte au total 320 sœurs de 22 nationalités différentes. À Sainte-Trinité, huit sœurs cohabitent. Chacune a son équipe favorite, et les soirées foot sont animées. « Je regarderai quand même si la France joue, annonce Sœur Bénédicte Marie, ou du moins je m’intéresserai au résultat ». « Parfois, quand l’OM joue, on est toutes devant la télé et on n’hésite pas à crier », s’amuse Sœur Sigolène.

Au-delà du sport, les sœurs trinitaires voient dans le football un moyen de rester ancrées dans l’actualité du monde. Elles s’inscrivent dans une vocation apostolique, par distinction des sœurs contemplatives. Tout en consacrant beaucoup de temps à la prière, elles sont insérées dans la vie sociale et peuvent exercer un métier. C’est pourquoi elles s'intéressent particulièrement aux grands sujets qui animent le monde. « Nous avons la télévision, mais on ne la regarde pas trop, détaille sœur Bénédicte Marie. On reçoit les journaux aussi. Parfois, nous allons à des conférences qui parlent de l’actualité ».

Sœur Bénédicte Marie est passionnée de bioéthique. Elle suit des séminaires sur le sujet. PMA et GPA ne sont pas des acronymes abscons pour elle. Elle souhaite comprendre les autres, « sans jamais juger » leurs opinions. Après des années d’enseignement en catéchèse, elle a pu observer le changement de regard de ses contemporains sur certaines questions. Lorsqu’elle évoquait l’homosexualité il y a une vingtaine d’années, les regards étaient réprobateurs. Aujourd’hui, ce thème ne fait quasiment plus débat.

Des actions qui nourrissent leur foi

C’est pour répondre aux questions des élèves de Sainte-Trinité que sœur Henriette ne cesse de se cultiver. Elle suit les cours de l’Institut des Sciences et Théologie des Religions (ISTR) mais aussi certains cours en ligne. « J’aime à peu près tout. J’ai beaucoup lu sur la science ou encore sur l’évolution de l’homme. Je m’y intéresse car ça m’aide à comprendre la psychologie de l’enfant », explique-t-elle.

En plus de s’instruire, les sœurs trinitaires veillent à donner de leur temps à la société. Sœur Marie Agnès est bénévole au Samu social depuis deux ans. Accompagnée d'une équipe de volontaires, cette enseignante de formation sillonne les rues de Marseille pour offrir de la nourriture et des vêtements aux sans-abris. « La première fois que j’y suis allée, les gens du Samu m’ont dit “Mais tu es vraiment Sœur ? Vraiment religieuse ? Et on peut vraiment te parler comme ça, naturellement ?” Et l’année suivante, lorsque j’ai souhaité me réinscrire au Samu, tous les bénévoles m’encourageaient ». Quid du cliché de la sœur recluse et enfermée dans un couvent ?

Dans la philosophie des sœurs apostoliques, la foi nourrit les actions en société, et les activités quotidiennes cultivent la foi. « J’appelle ça lacontemplaction, explique sœur Bénédicte Marie. On ne peut pas passer son temps à genoux. Nous sommes poussées vers le monde, on est là pour lui ».

Nina Simonneau

L'habit ne fait pas la sœur

La semaine commence bien pour les sœurs trinitaires de Mazargues : on est au milieu du mois de juin et les beaux jours semblent enfin de retour. Dans le petit jardin à côté de l’école, les cigales déploient leurs ailes et les oiseaux chantent.

Pour sœur Sigolène cependant, le temps n’est pas à la contemplation. Religieuse trinitaire depuis un an, elle a choisi de s’engager auprès des malades de l’hôpital de la Timone, et s’y rend une fois par semaine. Pour cette mission, elle préfère à l’habit habituel une jupe longue et une chemise blanche.

Il y a trente minutes de trajet pour se rendre à l’hôpital. Trente minutes durant lesquelles, dans le bus puis le métro, sœur Sigolène attire le regard des badauds et des usagers. En arrivant à l’hôpital, sœur Sigolène devient Sigolène. Elle découvre ses cheveux. Ici, elle est une bénévole parmi d’autres.

Les cultes à l'hôpital de la Timone, Marseille © Grace Leplat

Comme elle, Anna, Marie-Louise, Danielle et Hélène donnent de leur temps pour écouter les malades qui le souhaitent. Sœurs, prêtres, laïcs : à l’aumônerie de l’hôpital, il n’y a plus de titres. Tous sont des bénévoles soucieux d’être au chevet des pauvres, auprès de ceux que le pape François dit « aux périphéries » : ceux qu’on oublie, ceux qui sont seuls, ceux qui ont besoin d’une oreille attentive et de compassion.

Une dame âgée, chemisier à fleurs et cheveux grisonnants, arrive à l’aumônerie. C’est Marie-Louise. Elle n’a pas eu beaucoup de succès aujourd’hui et, visiblement déçue, elle range son badge sur la porte, à côté de ceux des autres bénévoles. Hélène regarde la scène, l’œil bienveillant. Elle s’occupe de l’aumônerie et aime être proche de tous : des patients, des infirmiers mais aussi des bénévoles. « Ce n’est pas grave, cette journée, tu l’as offerte au Seigneur » rassure-t-elle Marie-Louise.

La proximité qu’implique un tel engagement laisse parfois les bénévoles impuissants face aux réalités difficiles. Anna et Hélène sont émues : Thomas*, un petit garçon souriant de neuf mois, muni d'un pacemaker, a fait une nouvelle crise cardiaque ce week-end. Elles auront un mot pour lui à la messe du soir, seul moment où les titres reprennent leur place et où l’écoute et les mots rassurants laissent place au recueillement et à la prière.

Cette fois, sœur Sigolène ne restera pas. Elle doit rentrer auprès des sœurs : à Mazargues, le prêtre Josélino célèbre l’une de ses dernières messes et partage l’un de ses derniers repas avec la communauté. À la fin de la semaine, il part officier en Haïti.

* Le prénom a été modifié.

Grace Leplat

À PROPOS

Ce webdocumentaire est une plongée dans le quotidien de sœurs qui, loin des règles strictes des ordres contemplatifs, ont fait le choix d’accompagner les évolutions de la société. Le 18 juin 2018, nous avons recueilli leurs témoignages, leurs réflexions aussi, sur une vie de sacrifices et d’obéissance… mais surtout de femme.

Ce projet journalistique a été réalisé par quatre étudiantes de la promotion 2017-2018 du Master Métiers de l’Information, parcours Métiers du journalisme et Enjeux internationaux, dirigé par Sciences Po Aix et l’École de Journalisme et de Communication d’Aix Marseille (EJCAM).

L'ÉQUIPE

Rédactrices : Laurène Gris (@LaureneGris, LinkedIn), Grace Leplat (@GraceLeplat, LinkedIn), Nina Simonneau (@NinaSmnn, LinkedIn), Eloïse Voudon (@avoodlesstudios, LinkedIn)

Secrétaires de rédaction : Laurène Gris, Eloïse Voudon

Webdesigners : Grace Leplat, Laurène Gris

Infographie : Grace Leplat

Montage : Grace Leplat, Nina Simonneau, Eloïse Voudon

Crédits photos : Laurène Gris, Grace Leplat

Crédits vidéos : Laurène Gris, Grace Leplat, Nina Simonneau, Eloïse Voudon

REMERCIEMENTS

Les sœurs trinitaires de Mazargues, pour leur temps, leur accueil chaleureux et leurs témoignages / L'aumônerie de l’hôpital de la Timone / Linda Be Diaf, pour son encadrement dans le cadre du cours “Écrire pour le web”.

Credits:

Created with images by Nacho Arteaga - "The Pope from behind"

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