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En novembre 2008, le déluge s'abattait sur la Loire

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2008, la Loire inondait le territoire. Une crue sans précédent depuis 1980. Le Gier, le Forez, le Roannais, l'Ondaine... aucun secteur n'avait été épargné. Et les habitants se rappellent encore de cette nuit apocalyptique.

La vallée du Gier meurtrie

Quand les habitants de Rive-de-Gier se sont réveillés dimanche 2 novembre 2008, ils avaient face à eux un paysage de boue, de voiture enchevêtrées, de sous-sols et de commerces inondés...

Le Gier, qui traverse d'habitude la cité dans l'indifférence, est sorti de son lit. Rendu incontrôlable par les pluies diluviennes, il a tout dévasté sur son passage.

Plus de deux mètres d'eau par endroit

A Rive-de-Gier, l'eau est montée jusqu'à deux mètres en contrebas de la place de la Libération, dans le secteur de la rue du Canal, où les voitures ont été balayées et retournées.

Dans la nuit, cette brusque montée des eaux a été complétée par une coupure d'électricité et de téléphone.

Le SDIS avait dépêché un important dispositif, permettant ainsi de secourir près de 200 personnes menacées par la montée des eaux dans la vallée.

Le 2 novembre, les Ripagériens ne pouvaient que constater les dégâts. Photos Richard Mouillaud

Le barrage de Grangent impuissant

Quelques jours avant les inondations, le barrage de Grangent avait été progressivement vidé. Mais cela n'a pas suffit.

Le débit en amont du barrage était bien supérieur à ce qu'il pouvait évacuer. Sa capacité de stockage est rapidement devenue insuffisante et le barrage évacuait alors autant d'eau qu'il en rentrait.

« On ne pouvait pas mieux faire », expliquait à l'époque M. Montagne, directeur du groupe d'exploitation hydraulique EDF du secteur.

Le Forez submergé

Les fortes pluies dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 novembre avaient déjà bien occupé les sapeurs-pompiers du Forez, appelés plus d'une centaine de fois. Dimanche, en milieu de matinée, les habitants avaient bénéficié d'une courte accalmie... jusqu'à ce que les pluies en provenance de Haute-Loire obligent à ouvrir les vannes du barrage de Grangent.

Haut-parleur de pompiers, alarme téléphonique... les municipalités ont alors multiplié les moyens pour alerter les habitants et de nombreux foyers ont été évacués.

Les pompiers en barque

La montée des eaux, plus rapide que prévue, a surpris tout le monde. « On nous parlait d'une petite crue, comme en 1996, mais c'était plus proche de 1981 », expliquaient, à l'époque, les maires d'Andrézieux-Bouthéon et Saint-Just-Saint-Rambert.

A Andrézieux-Bouthéon, Saint-Just-Saint-Rambert, Saint-Cyprien ou encore Sury-le-Comtal, les barques ont permis, à de nombreuses reprises, de venir en aide aux personnes prisonnières de leur maison. A Montrond-les-Bains, les pompiers comptabilisaient plus de 200 interventions.

Dans le Forez. Photos Yves Salvat et Yves Flammin

Autant de pluie en une nuit... qu'en un mois

Météo France avait bien annoncé des pluies diluviennes pour cette nuit du 1er au 2 novembre 2008. Mais pas en aussi grande quantité : on avait relevé en une nuit ce qu'il tombe habituellement en un mois. Et pour ne rien arranger, les pluies sont arrivées alors que le sol était déjà gorgé d'eau.

Plusieurs records ont été battus : à Saint-Bonnet-le-Château (106 mm), Firminy (103 mm) ou encore Saint-Etienne (102 mm). Dans le Forez, on comptait entre 92 et 80 mm de précipitations et environ 60 mm dans le Roannais.

L'Ondaine aussi a pris l'eau

A Firminy comme ailleurs, les habitants ont fait les frais des caprices de la météo. L'eau atteignait, dans les maisons, jusqu'à 1,20 mètre de hauteur. Une centaine de personnes avaient dû être relogées en urgence. D'importants moyens avaient été déployés dans la nuit par les pompiers de Firminy et du Chambon-Feugerolles.

Le lendemain, l'Ondaine constatait les nombreux dégâts : routes coupées, éboulements, plaques d'égout arrachées, réseaux électriques endommagés...

Marc Petit demandait immédiatement le classement en catastrophe naturelle, tandis que certains habitants criaient leur mécontentement, exaspérés que les travaux promis en 2003 pour stabiliser le niveau de la rivière n'aient pas été réalisés.

Le Roannais a moins écopé que ses voisins

Dans le Roannais, cette nuit-là, les pompiers avaient effectué quelque 200 interventions, sur un millier dans tout le département. Le secteur a donc été moins touché que ses voisins, les précipitations ayant également été moins importantes que dans le sud de la Loire.

Le barrage de Villerest a résisté, les pompiers ont passé une bonne partie de la nuit à écoper, tronçonner et bâcher les bâtiments les plus touchés.

Aucune victime n'est à déplorer dans le Roannais, pas même ce troupeau de bétail isolé que les secours ont sauvé de la montée des eaux. Seules quelques routes ont été coupées près de Balbigny.

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