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OLIVIER DALL'OGLIO Retour sur 6 années sur le banc du DFCO

Avant DIJON, un parcours déjà riche

Quand, au cours de l'été 2012, Olivier Dall'Oglio est nommé à la tête de l'équipe première du DFCO, les interrogations sont nombreuses. Le club vient de redescendre en Ligue 2 et nombreux pensaient que le président Olivier Delcourt allait miser sur un entraîneur plus réputé. Mais Olivier Dall'Oglio avait déjà fait du chemin et acquis une certaine expérience.

Joueur, Olivier Dall'Oglio a passé la majorité de sa carrière professionnelle sous les couleurs d'Alès (1982-1989), chez lui. Le défenseur prend ensuite la direction de Strasbourg (photo) avec qui il décroche la montée en Ligue 1 en 1992 avant de partir à Perpignan (1992-1993) puis Rennes (1993-1996) avec qui il évolue enfin en Ligue 1.

Puis le Gardois embrasse une carrière d'entraîneur. Un parcours qui va le conduire à Nîmes, à la formation, à Troyes avec la réserve mais aussi aux Emirats arabes unis en tant qu'adjoint de Dominique Bathenay ou encore en stage au Vasco de Gama (Brésil), époque Romario. Autant d'expériences qui ont forgé l'entraîneur autant que l'humain.

L'arrivée à dijon

Ancien adjoint de Patrice Carteron avant de diriger la formation du club, c'est donc Olivier Dall'Oglio qui prend place sur le banc du DFCO en cet été 2012. Une surprise qui rassure un effectif en plein doute. « Cela s'est mal fini l'année précédente. On perd 5-0 à Rennes, un scénario catastrophique qui résume un peu notre fin de saison. A la fin de ce match, le président nous annonce sa démission dans le vestiaire. Ensuite, on apprend rapidement, quand Olivier Delcourt prend la présidence, qu'il change également le staff et qu'Olivier Dall'Oglio prend la suite. Cela nous avait un peu rassurés que ce soit quelqu'un du club : on le côtoyait, on le croisait », témoigne Thomas Guerbert, milieu de terrain de 2011 à 2013.

Olivier Delcourt : "Je ne suis pas né président, je le suis devenu en même temps que lui est devenu coach d'une équipe professionnelle. C'était un pari, mais j'ai été séduit par son projet et sa fibre pour la formation"

Les débuts : 3 ans à flirter avec la Ligue 1

Les débuts d'Olivier Dall'Oglio sur le banc dijonnais sont des plus encourageants. Rapidement installé en haut de tableau, et même leader jusqu'à la 7e journée, Dijon s'assure une saison 2012-2013 sereine et stable. Jamais très éloignés du podium et toujours dans le Top 8, les hommes d'Olivier Dall'Oglio enchaînent même 11 matches sans défaite entre fin février et début mai. Insuffisant pour monter. Olivier Dall'Oglio terminera son premier exercice sur le banc dijonnais à la 7e place.

Vient alors la saison 2013-2014 avec le pari Romain Philippoteaux recruté à l'US Le Pontet (CFA). Rapidement devenu le chouchou de Gaston-Gérard, il contribue grandement au bon exercice dijonnais. Malgré un mauvais départ (18e après 4 journées) et de gros creux entre mi-février et mi-avril (5 défaites et 4 nuls), les Dijonnais terminent en boulet de canon pour conclure la saison à la 6e place, à 7 points du podium. De quoi donner des objectifs de montée pour la saison 2014-2015...

Au pied du podium

Et justement cette saison 2014-2015, la troisième d'Olivier Dall'Oglio avec Dijon, démarre en trombe. Leader dès la 6e journée, Dijon figure toujours sur le podium à la trêve. Une belle dynamique qui va se gripper en janvier avec quatre revers consécutifs et une irrégularité constante. A l'image d'un sprint final manqué (1 victoire, 2 nuls et 1 défaite) qui laisse le DFCO au pied du podium, à trois points d'Angers. Mais l'année 2014 restera celle où l'hebdomadaire France Football décernera le titre de meilleur entraîneur de Ligue 2 à Olivier Dall'Oglio. La reconnaissance d'un travail qui pourrait bien payer...

2015 - 2016 : la montée décrochée

Après être passé tout près de la montée, le DFCO se donne les moyens d'accomplir ses rêves grâce à un mercato estival réussi.

Le géant défenseur Christopher Jullien (9 buts), Frédéric Sammaritano (6 buts et 10 passes décisives), Arnaud Souquet ou encore Pierre Lees-Melou viennent ainsi renforcer une équipe qui peut compter sur son duo d'attaquants Julio Tavares - Loïs Diony (11 buts et 4 passes décisives chacun).

"Nous avons montré à tout le monde que le DFCO était supérieur. On pratiquait du beau jeu, on était solides, l'équipe dégageait beaucoup de maîtrise" (Abdoulaye Bamba - défenseur du DFCO de 2010 à 2016)

Bilan : le DFCO domine de bout en bout la Ligue 2. Le club termine avec la meilleure attaque (62 buts marqués), la 3e meilleure défense, a été leader durant 20 journées, n'a jamais quitté le podium, assure sa montée à 99% à quatre journées de la fin avant de la fêter dans un hôtel une veille de derby contre Auxerre et... laisse filer le titre au profit de Nancy.

"On a pris du plaisir et on en a donné aussi à nos supporters. L'équipe a produit du spectacle, il y avait beaucoup de talents. Et l'ambiance était extraordinaire. Vivre une montée avec une bande de copains, ça fait la différence." (Frédéric Sammaritano - Milieu du DFCO depuis 2015)

18 avril 2016 : pas officiellement promu, le DFCO fête la montée en Ligue 1 après une victoire 3-0 contre le Paris FC qui lui donne 12 points d'avance sur le quatrième à quatre journées de la fin

Photos Philippe Bruchot

Une montée assurée à l'hôtel

"On a regardé cela tranquillement, certains ont joué aux cartes. C'était bien d'être ensemble. On est contents d'être officiellement en Ligue 1, même si on a le sentiment d'être montés lundi contre le Paris FC, où la joie s'est davantage exprimée. Cela réconforte un peu tout le monde. Mais on a un match à jouer contre Auxerre." (Olivier Dall'Oglio le 22 avril 2016)

2016 - 2018 : découvrir la Ligue 1 et continuer à grandir

2016-2017 : un maintien historique

Après quatre saisons au purgatoire, le DFCO retrouve enfin l'élite. Cette fois, avec l'espoir de s'y installer durablement. Pourtant, les pronostics ne sont pas vraiment favorables aux hommes d'Olivier Dall'Oglio...

"On sortait d'une grande saison en Ligue 2, mais la Ligue 1, c'est un autre monde. Dès le début, on savait qu'on était promus et que la notoriété du club n'était pas grande. Tout le monde nous donnait relégable." (Cédric Varrault - ancien défenseur et capitaine du DFCO)

Les premiers résultats le confirment. Loin d'être ridicule, le DFCO manque d'expérience et s'incline par deux fois sur le score de 1 à 0 contre Nantes (à domicile) et à Lille. Mais dès la 3e journée, les Dijonnais frappent fort. Survoltés, emplis d’insouciance et décomplexés, les hommes d'Olivier Dall'Oglio renversent l'OL (4-2) à Gaston-Gérard. Un premier succès de prestige qui sera suivi par d'autres performances face aux gros du championnat tout au long de la saison (matches nuls contre Monaco à la maison, à Marseille ou Saint-Etienne).

Un beau jeu remarqué

Au début de l'automne, le DFCO va enchaîner les bons résultats. Entre la 7e et la 12e journée, les Dijonnais restent invaincus (2 victoires et 4 nuls) et se font remarquer par leur beau jeu.

"J'avais l'impression qu'on jouait contre le Barça" (Christian Gourcuff après la défaite de Rennes contre le DFCO le 24 septembre 2016)

Un jeu à risques aussi. Car si les Dijonnais inscriront la bagatelle de 46 buts lors de ce retour en Ligue 1, ils en concéderont 58. Et à la trève hivernale, ce DFCO pointe à la 15e place du championnat, grâce à un ultime succès contre Toulouse qui permet aux Bourguignons de quitter la zone rouge malgré une fin d'année plus compliquée.

De quoi voir venir sereinement 2017. D'autant que les Dijonnais repartent bien avec 2 défaites mais surtout 2 victoires et 2 nuls entre les 20e et 25e journées. Et notamment un succès à Lorient le 28 janvier 2017 (2-3). Ce qui restera l'unique succès dijonnais à l'extérieur en cette saison 2016-2017. Une victoire cruciale face à un adversaire direct... qui finira par être relégué avec 1 point de moins que le DFCO.

Mauvaise série et maintien arraché

Mais cette bonne reprise sera rapidement effacée par une série de 8 matches sans victoire (6 défaites et 2 nuls) qui place le DFCO à la 19e place avant d'aborder le sprint final des 5 dernières journées. Pourtant, le doute ne plombe pas le groupe dijonnais.

"L'état d'esprit a fait la différence. On l'a vu en fin de saison où les équipes qui ont été les plus soudées s'en sont sorties. Peu importe le moment de la saison, même sur les derniers matches quand c'était dur, on n'a jamais paniqué. On était conscients de notre potentiel et de notre force" (Cédric Varrault)

Mission maintien accomplie

Deux victoires face à Angers et Nancy à Gaston-Gérard, et un nul contre Bordeaux, à domicile toujours, placent les dijonnais en ballottage favorable à l'aube de la dernière journée malgré une claque reçue à Guingamp (4-0). 16es, les Dijonnais tiennent le nul à Toulouse (0-0) et conservent leur 16e place à l'issue de la 38e journée. 1 point sépare le DFCO de Lorient, barragiste, et on ne compte seulement que deux points d'écart entre Dijon et Nancy, 19e et propulsé en Ligue 2.

"On n'a pas eu de doutes. Souvent les buts concédés venaient de détails ou d'erreurs. La roue a fini par tourner et cela a payé." (Pierre Lees-Melou, milieu du DFCO de 2015 à 2017)

2017-2018 : le DFCO, toujours plus haut

Après une première année en Ligue 1 conclue par un maintien à l'arrachée, l'équipe d'Olivier Dall'Oglio espère vivre une année plus sereine et s'installer toujours plus dans le paysage du football français.

Mais le club a perdu des joueurs majeurs à l'intersaison à l'image de Pierre Lees-Melou et Loïs Diony. Et les premiers matches ne rassurent pas. Le DFCO subit deux claques à Marseille (3-0) puis contre Monaco (1-4) en ouverture. Suivront un nul à Rennes et une victoire contre Montpellier qui ne seront qu'une accalmie. Dijon enchaînera ensuite encore 3 défaites et 2 nuls.

Un 1er décembre historique...

Avant le réveil. Le 21 octobre, le DFCO s'impose à Metz (1-2) avant de confirmer à domicile contre Nantes (1-0). Les Dijonnais ne perdront plus chez eux en championnat avant le 31 mars et la venue de l'OM (1-3). De quoi faire remonter le club au classement.

Le 1er décembre 2017, le public de Gaston-Gérard est gâté. Il voit son équipe s'imposer contre les Girondins de Bordeaux au terme d'une rencontre spectaculaire (3-2) et atteindre la 10e place de la Ligue 1. Après 92 matches dans l'élite, c'est la première fois que Dijon se hisse dans le Top 10.

... et une claque mémorable

Un excellent parcours quelque peu assombri par une claque. Le 17 janvier 2018, l'équipe d'Olivier Dall'Oglio se rend à Paris avec la ferme intention de ne pas renier son style de jeu. Mais le DFCO sombre d'entrée et s'incline finalement 8 à 0. A l'issue de la rencontre, Baptiste Reynet parlera de "honte". Un sentiment partagé par Olivier Dall'Oglio.

"Pour moi, c’est une première. Je pense que c’est le cas pour beaucoup : en prendre 8 dans la gueule, surtout de cette manière-là… J'ai l'impression qu'il y avait des tous petits garçons contre des adultes ce soir. On est loin d’être fier, on a plutôt honte de ce qu’on a fait ce soir."

Le maintien sans trembler

Fort de ses résultats à domicile mais aussi de nombreux nuls arrachés sur la pelouse de ses adversaires, le DFCO va bien à l'approche du sprint final.

Le 20 avril 2018 (34e journée), même si ce n'est pas encore mathématiquement officiel, le DFCO a déjà d'ores et déjà son maintien en poche à l'heure d'accueillir Lyon. Les Dijonnais viennent en effet de s'imposer à Toulouse (0-1) et de décrocher le nul (1-1) à Nantes. Avec 42 points au compteur, le DFCO peut aborder sereinement la fin du championnat. Lyon sera la dernière équipe à s'imposer à Gaston-Gérard (2-5) en cette saison puisque Guingamp et Angers chuteront par la suite en Côte-d'Or. Le DFCO termine sa saison à la 11e place malgré la 19e défense (73 buts encaissés) mais avec la 5e meilleure attaque (55 buts).

2018 : clap de fin pour Dall'oglio

« De par les structures, le DFCO grandit. La philosophie de jeu nous amène aussi un plus. Des joueurs comme Yoann ( Gourcuff ) viennent ici à Dijon alors qu’il y a deux, trois ans, ça n’aurait pas été possible. Il y avait d’autres clubs en concurrence, mais il nous a choisis. On arrive à recruter des joueurs grâce à cette progression. On le perçoit. Maintenant, on reste en construction. Il n’y a rien de définitif et tout reste fragile. » (Olivier Dall'Oglio dans nos colonnes le 7 août 2018)

A l'aube de sa troisième saison en Ligue 1 avec Dijon, Olivier Dall'Oglio se veut ambitieux mais prudent. Tout comme son président Olivier Delcourt qui rêve de Top 10 en fin de saison. Et qui confirme sa confiance en son entraîneur par une prolongation de contrat jusqu'en 2021 fin juillet. Et le début de saison lui donne raison. Après 3 journées, le DFCO compte trois succès. Huit buts marqués, un encaissé. Propre. Le club est le seul à suivre le rythme du PSG. Avant de s'effondrer...

Il faudra attendre le 5 décembre et la venue de Guingamp pour voir le DFCO renouer avec la victoire (2-1). Ce soir-là, Dijon remonte à la 16e place. Mais avant la trêve, les hommes de Dall'Oglio rechutent à deux reprises contre Rennes et Saint-Etienne. Le DFCO va passer les fêtes en position de barragiste.

Olivier Dall'Oglio passera Noël en tant qu'entraîneur du club, pas le Nouvel An. Le 31 décembre, le technicien est démis de ses fonctions par le président Delcourt. David Linarès, ancien adjoint, assurer l'intérim dans l'attente de la nomination d'un nouvel entraîneur. Pour qui un gros défi s'annonce : relancer une équipe en plein doute pour éviter la relégation et prendre la suite d'un Olivier Dall'Oglio aux 273 matches officiels sur le banc dijonnais (105 victoires, 75 nuls et 93 défaites).

Textes : Arnaud Manceau Images : Philippe Bruchot, Vincent Poyer et LBP

Sources et citations : "20 ans : l'irrésistible ascension (1998-2018)", éditions Le Bien public

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