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Une alliance autour des loisirs, du tourisme et des espaces naturels Auvergne-Rhône-Alpes

Lors de son enquête sur les coopérations entre les métropoles et les territoires environnants*, l’Agence nationale pour la cohésion des territoires a repéré une action pionnière en matière de préservation des espaces naturels. La Semaine européenne du développement durable est l’occasion de la mettre en avant. Direction la métropole de Clermont-Ferrand et le parc naturel régional des volcans d’Auvergne…

quand un territoire urbain et un territoire rural coopèrent...

En 2011, le parc naturel régional (PNR) des volcans d’Auvergne et Clermont Auvergne Métropole ont noué une convention de coopération autour des loisirs et du tourisme durable. Une démarche partie d’un constat partagé : la qualité de vie et l’attractivité de la métropole auvergnate sont indissociables des richesses écologiques des territoires qui l’entourent.

De fait, la métropole capte les flux de touristes qui se diffusent ensuite sur le territoire du PNR, et ses habitants ont l’habitude de fréquenter les espaces naturels de la chaîne des Puys pour y mener des activités sportives et de plein air. De leur côté, les habitants des zones rurales bénéficient des services de la métropole.

Différents et complémentaires

D’un côté, donc, une métropole de 290 000 habitants et 21 communes. De l’autre, un parc naturel régional avec son point culminant, le puy de Dôme, classé Grand Site de France, en 2008 : un territoire rural de 90 000 habitants.

Pourtant, ces deux espaces sont étroitement liés l’un à l’autre. La relation de coopération qui s’est nouée contribue à la qualité de vie des habitants de la métropole et participe au développement local des zones rurales. Elle procure, en effet, une source d’activités économiques autour des loisirs de proximité et du tourisme aux habitants des communes du parc naturel régional.

Situé entre Cantal et Puy-de-Dôme, le parc des volcans d’Auvergne est le plus grand parc naturel régional de France. Il s’étend sur 400 000 ha, et il couvre 147 communes.

une alliance territoriale pionnière

La coopération entre Clermont Auvergne Métropole et le PNR des volcans d’Auvergne, établie par une convention, vise un double objectif : renforcer l’attractivité du parc comme de la métropole et préserver leurs espaces partagés. Elle est aussi pionnière en la matière, car elle a été la première coopération aussi poussée sur les loisirs de plein air et la préservation des espaces naturels sensibles.

Plus convaincants ensemble !

En 2015, à l’initiative du département du Puy-de-Dôme, les collectivités territoriales se rassemblent autour d’un « plan de gestion de la chaîne des Puys - faille de Limagne », élaboré dans le cadre de la candidature du département au patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco. Une mobilisation qui a porté ses fruits puisque cette prestigieuse labellisation a été accordée en 2018 !

Une attractivité à l’impact maîtrisé

L’inscription de la chaîne des Puys et de ses 80 volcans au patrimoine mondial renforce l’attractivité touristique du territoire. Mais les acteurs locaux ont à cœur de s’assurer qu’elle n’occasionne pas une dégradation de ses richesses écologiques. De fait, la fréquentation des touristes et des habitants de la métropole entraîne des dégradations des milieux naturels ainsi que des conflits d’usages (hausse de la circulation automobile, randonnées sur des propriétés privées, détritus abandonnés...).

Pour y faire à ces nuisances, la maîtrise de la fréquentation devient l’axe principal de la coopération. « Nous ne voulions pas interdire l’accès à cet espace naturel, mais faire de la pédagogie, notamment auprès des jeunes. Les habitants de la métropole voient la chaîne des Puys comme leur jardin récréatif. Ils n’ont pas toujours conscience qu’il s’agit d’un espace fragile, qui doit être protégé », explique Christine Fournioux, directrice des politiques contractuelles et de l’Alliance des territoires de Clermont Auvergne Métropole.

Des actions pour réduire la pression sur l’environnement

Cette coopération se traduit dès lors par de nombreuses actions, dans une logique de réciprocité. La métropole contribue ainsi à la protection des espaces naturels et de la biodiversité du parc. Elle soutient le financement de postes de gardes nature, la réhabilitation de sites abîmés par la fréquentation du public et l’ouverture d’un centre d’activités sportives et de loisirs verts pour sensibiliser aux bonnes pratiques de la randonnée : autant d’actions qui permettent de réduire la pression sur l’environnement.

Pour aller plus loin, une charte commune pour les manifestations sportives et culturelles est en cours d’élaboration afin d’éviter la dégradation des sites. Et la métropole relaie également la communication du PNR pour en démultiplier l’audience auprès de ses publics et visiteurs.

Échanges de compétences et de savoir-faire

La coopération facilite, par ailleurs, les échanges d’expertises, en mutualisant les efforts : la métropole met à la disposition du parc son ingénierie en matière de services urbains, sur tout ce qui relève de ses compétences. Elle participe, par exemple, au financement de solutions innovantes en matière de déplacements (une étude sur la mobilité durable a conduit à mettre en place un service d’auto-stop organisé) ou aux réflexions sur les plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUi) des 13 communautés de communes situées au sein du parc. En retour, elle bénéficie du savoir-faire du parc naturel régional dans le domaine de la protection de la biodiversité et des milieux naturels.

Enfin, cette coopération territoriale se traduit aussi par des échanges pédagogiques villes-campagnes. Chaque année, 18 classes d’écoles élémentaires et de collèges de Clermont Auvergne Métropole et du parc naturel régional des volcans d’Auvergne découvrent la qualité des territoires dans lesquels ils vivent, les processus écologiques qui s’y déroulent et la nécessité d’en prendre soin.

Bonne pratique ! La convention cadre, dite « agglomération porte », est révisée tous les trois ans, afin de pouvoir réinterroger régulièrement le contenu de la coopération et, ainsi, d’éviter qu’elle ne se fige et ne soit plus en phase avec les préoccupations de chacun des partenaires. Cette révision permet aussi de capitaliser sur ce qui a déjà été fait : chaque génération de convention est plus ambitieuse que la précédente. La prochaine, prévue en 2021, devrait intégrer deux nouveaux axes : la gestion durable de la forêt ; l’agriculture urbaine et périurbaine, pour une alimentation durable.

* Pour en savoir plus : lire En détail synthèse - Les coopérations interterritoriales, mars 2019 (CGET).

Credits:

ANCT 2020 - Communication-Pôle Prospective, veille et innovation - Crédits : © Mickaël Mussard ; © Joël Damase ; DR.