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Ça, il est revenu 1990 - États-Unis. Réalisation : Tommy Lee Wallace. Scénario : Lawrence D. Cohen et Tommy Lee Wallace. Avec : Tim Reid, Seth Green, Emily Perkins, Tim Curry.

Moi adulte devant Ça : "Ouh, c'est pas terrible." Moi enfant devant Ça : "AAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHH"

Eh oui, je fais partie de cette génération qui ne supporte pas les clowns à cause du fameux Ça, Il est revenu, tiré du roman Ça, de Stephen King. Les personnes ayant visionné ce film une fois l’âge des pogs et autres billes passé ne comprendront certainement pas l’impact qu’il a eu sur toute une génération d mômes. Parce qu’après tout, il faut bien le reconnaître Ça, Il est revenu est loin d’être un bon film.

"Hello Georgie"

Dans la petite ville de Derry, une vague de crimes sordides vise les enfants. Disparitions et corps mutilés sont le quotidien des habitants. Le « club des paumés » qui réunit sept gosses un peu à part, réussira à venir à bout de Grippe-Sou le clown, entité malfaisante à l’origine des carnages. Mais trente ans plus tard, Grippe-Sou est de retour, et le club des paumés devra se réunir à nouveau s’ils veulent pouvoir le vaincre pour de bon.

Comme je l’ai dit plus haut, je suis forcé d’admettre que Ça, Il est revenu est un mauvais film. Et pourtant, je lui attribue une note moyenne, mais pas mauvaise. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Commençons par le côté technique. Ça, Il est revenu est à l’origine un téléfilm en deux parties (pour un total d’un peu plus de trois heures). Et le côté téléfilm paraît énormément. La réalisation est extrêmement fade, sans rythme et est incapable d’instaurer une tension. Les effets spéciaux, quant à eux, sont souvent risibles au possible. Le pire intervient lors de la finale, avec la forme ultime de Ça, où on a droit à une espèce de monstre arachnoïde, entièrement fait (et raté) par ordinateur. Le tout est assez indigeste.

Du côté du casting, ce n’est pas beaucoup mieux. La direction d’acteurs laisse franchement à désirer et ceux-ci ont souvent des réactions dignes des pires comédies burlesques tellement elles semblent forcées. Ceci dit, Tim Reid (Mike Hanlon adulte) parvient à être correct. Et il faut reconnaître que Tim Curry est parfait dans le rôle de Grippe-Sou, qu’il interprète à merveille. C’est également un plaisir de voir Seth Green (l’Oz de Buffy contre les vampires entre autres) et Emily Perkins (Ginger Snaps et ses suites) dans un de leurs premiers rôles.

Une adaptation qui laisse à désirer

Au niveau de l’histoire ensuite. Les familiers du roman Ça risquent d’être pas mal déçus par cette adaptation. En effet, de nombreux détails sont soit changés, soit carrément supprimés. Il en va de même pour l’une des scènes-clés du livre, à savoir celle qui clôt l’histoire des enfants, juste avant le serment, qui est tout bonnement oubliée.

Ceci dit, il faut bien reconnaître qu’adapter les romans de Stephen King a toujours été une tâche ardue pour les cinéastes, même si certains y arrivent haut la main (je pense à Carrie au bal du diable, de Brian de Palma, et à The Mist, de Frank Darabont, entre autres).

Le problème c’est que les nombreuses thématiques contenues dans le roman original ne sont ici qu’effleurées, ce qui donne une impression de travail inachevé pour ceux qui ont lu le livre. La sexualité, la peur, la force des croyances et de l’imagination se retrouvent ici reléguées au second rang, alors qu’elles étaient les points centraux du récit d’origine.

Les personnages, très attachants dans le bouquin sont ici trop caricaturaux pour qu’on les apprécie, surtout les adultes. Ritchie est totalement insupportable, et Beverly est une greluche pleurnicharde qui pose des questions stupides du style « Oh, là, là, mais pourquoi Ça est-il si méchant ? ».

L'anecdote

Dans les bonus du DVD, les acteurs ont avoué que lors du tournage, Tim Curry était si effrayant en Grippe-Sou que tout le monde l'évitait.

Et pourtant malgré tout les défauts évoqués, ça m'a plu de revoir Ça. Je me suis revu, enfant, en train de trembler devant le fameux « Salut, Georgie ! ». En train de regarder sous mon lit avant d’éteindre la lumière pour être sûr qu’aucun monstre ne s’y cachait. J'ai retrouvé mes vieilles terreurs enfantines et le plaisir que me provoquaient ces petits sursauts et frissons de peur que j’éprouvais à cet âge devant un film d’horreur.

Finalement, peut être que, comme Grippe-Sou le clown, Ça, Il est revenu possède une magie qui n’atteint que les enfants, qui sont capables de croire au merveilleux comme à l’horreur. Il reste un des films qui m’a le plus marqué, comme beaucoup d’autres de ma génération. Et c’est là sa meilleure réussite.

2,5/5

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