Exaltantes chorales amateurs Que se cache t-il derrière le plaisir de chanter ensemble ?

Les décennies passent, le phénomène, lui, dure : les chorales amateurs attirent toujours en France. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Alors qu'on les estimait à 10.000 il y a dix ans, le sondage Singing Europe du projet Voice, publié en 2015 par l’association Europa Cantat, révèle que l'Hexagone compte en réalité 65.600 chœurs et 2,6 millions de choristes.

Qu'il valorise ses cordes vocales dans un petit quatuor ou un grand ensemble de plus d'une centaine de chanteurs, le choriste n'a qu'une expression à la bouche : le plaisir de chanter. Que se cache t-il derrière ? Comment l'expliquer ?

Une chorale de quartier au cœur de la Goutte d’Or

La chorale est un lieu de convivialité et de proximité pour les habitants d’un même quartier, comme la chorale de la Goutte d’Or. Au répertoire : chants de la Renaissance et psaumes. Visite à l’espace Saint-Bruno lors de la répétition hebdomadaire.

« C’est excellent, j’adore ! La même chose avec le sourire ! » s’enthousiasme la cheffe de la chorale de la Goutte d’Or face à ses choristes en pleine répétition. Celle-ci a lieu chaque mardi à 20 h à l’espace Saint-Bruno, une ancienne chapelle du 19e siècle, transformée voilà trente ans en maison des associations. Elle fait face à l’église Saint-Bernard au bout de la rue Myrrha, au cœur de ce quartier populaire du 18e arrondissement, en pleine réhabilitation.

Louise Marty, harpiste de formation, a créé cette chorale de quartier en 1994. Un petit bout de femme brune, pleine d’énergie, au visage lumineux qui dirige avec son mari Patrick, l’Atelier musical des 3 Tambours, situé deux rues plus bas, où petits et grands s’initient à tous les instruments. « L’idée de la chorale est née de cinq ou six mamans qui souhaitaient faire de la musique, mais n’avaient pas le temps nécessaire pour apprendre un instrument. Je leur ai donc proposé de chanter. »

Depuis la chorale s’est agrandie et perfectionnée. Et le dynamisme de Louise transcende les frontières : chaque année elle emmène ses choristes sur un continent différent à la découverte de nouveaux sons. En février 2017, destination Sao Paulo, au Brésil : « On va chanter la bossa et la samba. De mon côté, je ferai travailler aux Brésiliens la musique de la Renaissance française. »

En effet, la chorale travaille cette année sur un répertoire très classique : « Mignonne allons voir si la rose », le poème de Pierre de Ronsard, mis en musique par le compositeur de la Renaissance, Guillaume Costeley ; et des extraits du « psaume 42 », de Félix Mendelssohn.

Les 30 choristes ont en majorité entre 50 et 70 ans, plutôt issus de la classe moyenne. Mais où sont les habitants d’origine étrangère très présents à la Goutte d’Or ? Pas sûr qu’ils soient attirés par le répertoire choisi. Pour la cheffe Louise, « c’est difficile de toucher cette population. Avoir envie de chanter c’est une chose, faire le pas c’est plus compliqué. Surtout quand on vit dans l’urgence. En revanche, il y a plus de diversité dans la chorale d'enfants. »

"On VIBre de l'intérieur"

Julie Liébon, 36 ans, professeur de chant à Toulouse, a redécouvert la musique et le chant après des études d’histoire de l’art, au point d’en faire son métier. Elle revient pour nous sur le bien-être procuré par le chant.

Chanter est-il naturel ?

Bien sûr, le premier instrument de musique de l’homme est son propre corps et donc sa voix.

On dit souvent que le chant procure du bien-être. Pourquoi ?

Le corps étant l’instrument, on vibre de l’intérieur. La psychophonie est d’ailleurs une discipline qui étudie les vibrations corporelles issues du chant. Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui la pratique du yoga du son est de plus en plus répandue : la voix permet, grâce aux vibrations, de nous détendre, de décontracter les muscles. Par ailleurs dans le chant, la respiration ventrale fait circuler plein de bonnes choses, un peu comme un massage des viscères.

Quels sont les organes actifs dans le chant ?

Ils sont nombreux. Dans mes cours, je parle de trois étages différents. D’abord celui de la soufflerie – la respiration – avec les muscles : le diaphragme et les abdos qui font office de pistons pour remonter le souffle et donc la voix. Puis, au-dessus, l’étage de l’appareil phonatoire, l’émission du son avec le larynx et ses deux cordes vocales ; et enfin le dernier étage, au niveau de la tête, qui fait office de caisse de résonnance.

Quelle(s) différence(s) y a-t-il entre le fait de chanter seul et de chanter en groupe ?

Seul, on est dans son émotion propre, quelque chose de plus introverti. En groupe – dans le chant gospel par exemple – les émotions sont fortes, la puissance des voix a un effet d’entraînement extraordinaire. Une osmose se crée : l’énergie et la force intérieure qu’elle suscite sont incomparables par rapport au chant soliste. Bien évidemment, cela varie selon les chorales auxquelles on appartient.

Cela crée des liens de chanter ensemble ?

Oui, sans aucun doute. On est humainement très soudé. On partage une émotion forte ensemble. Les corps vibrent à l’unisson. Certains chanteurs comparent cette émotion avec l’acte d’amour physique.

Dans une chorale, comment maintenir sa voix, l’harmonie d’un ton, lorsqu’on est entouré par d’autres voix ?

Ça nécessite de l’entraînement et aussi beaucoup de concentration. Si on écoute les autres voix, on se laisse emporter par elles. Certains musiciens disent qu’il faut faire « l’autiste », se mettre des « œillères » et rester concentré uniquement sur sa propre ligne. Le plus dur est d’être seul sur sa propre voix. Dans une chorale, en général, on se soutient en étant plusieurs sur un même ton.

Y-a-t-il un profil type du chanteur de chorale ?

N’importe qui peut chanter dans une chorale. Mais beaucoup de gens se cassent la voix par manque de technique. Certains qui se sont abimés en chorale, viennent ensuite me voir. Les chanteurs ne s’entendent pas assez et compensent en forçant leur voix. Une attitude favorisée par certains chefs de chœurs. D’autres, heureusement, enseignent et préconisent des échauffements avant de débuter les répétitions.

Le fait de chanter faux est-il irrémédiable ?

Non, contrairement aux idées reçues, c’est souvent un problème respiratoire qui se corrige avec de l’entraînement, pour mieux placer le son et l’ajuster à sa propre voix. La voix se stabilise. Le geste respiratoire vocal qui sonne mal peut être rectifié, contrairement à une oreille fausse beaucoup plus difficile à corriger. En huit ans de carrière, je n’ai rencontré qu’un seul élève qui avait un réel problème d’oreille, il a fini par abandonner le chant.

Quand le Chant s'immisce dans l'entreprise

Chanter en travaillant n'est plus l'apanage des sept nains de Walt Disney. Aujourd'hui, les entreprises voient de plus en plus fleurir de petits ensembles vocaux au sein de leur personnel.

Mardi, 12h15. 2e étage du centre culturel Cœur-de-Ville de Vincennes. En moins de cinq minutes, une quinzaine d’employés municipaux souriants, se retrouvent dans la salle de musique surplombant la médiathèque. C’est la pause déjeuner, mais pour eux, sandwichs et plats chauds attendront. L’heure est aux nourritures artistiques. Depuis presque deux ans, ils s’exercent à chanter sous la direction de Geoffrey, leur chef de chœur. Chanter, en harmonie, certes, mais chanter pour chanter, surtout. Qu’ils soient employés de la voirie, directrice de crèche, bibliothécaire ou bien encore membre du cabinet du maire, la hiérarchie sociale est abolie le temps des répétitions. Tous viennent partager un espace et un temps de détente, de plaisir, au milieu d’une journée de travail.

12h20. C’est le début de la répétition, dans une ambiance à la fois studieuse et détendue. Au programme de cette semaine, Envole-moi de Jean-Jacques Goldman. La chanson est représentative du répertoire choisi par Geoffrey et ses choristes : de la variété française, mais sortie des sempiternels Piaf, Brassens ou Brel. L’apprentissage du titre se fait au pas de course, pupitre par pupitre, alternant régulièrement avec les quatre voix. Les choristes doivent d’abord se l’approprier, on n’attend pas la perfection du premier coup.

13h. A un quart d’heure de la fin, le chœur change de partition pour approfondir La Groupie du pianiste de Michel Berger. L’objectif du jour est de peaufiner certains enchaînements. La chanson figurera au programme du festival annuel de Voix sur berges. Le grand rassemblement des chorales parisiennes amateurs a lieu au mois de mai, le long du canal Saint-Martin. Ce sera une première pour la chorale du CE (comité d’établissement) de la ville de Vincennes qui jusqu’à présent, ne s’est produite en public que lors des traditionnels vœux aux personnels de janvier.

13h15. La séance est levée et les 30 choristes repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. La parenthèse enchantée se referme… jusqu’à mardi prochain.

Stéphane AGASSE, régisseur de la salle de spectacle municipale. Ténor

« Pour moi, c’est une bulle. Un vrai plaisir d’être ensemble pour chanter. Le mardi, c’est mon jour de congé et je reviens quand même. Hors de question de louper une répétition. Ce n’est pas «sacré» mais si j’en rate une, je ne suis pas content. Notre chef de chœur, y est pour beaucoup. Avec son côté déjanté, il apporte du rythme, de la joie. C’est ma première chorale. J’ai toujours voulu chanter, je chante tout le temps, à tel point que je crée des paroles sur des chansons connues ! »

Karen Salles, chef de cabinet du maire. Alto

« J’ai toujours aimé chanter, alors quand s’est présentée l’occasion de le faire dans le cadre de mon travail, je l’ai saisie. J’ai trouvé que ça avait un côté très pratique. Avec un emploi du temps compliqué, je ne pouvais pas m’inscrire dans une autre chorale aux horaires de répétition plutôt en soirée. De plus, cela permet de nous voir différemment. Pas seulement comme des collègues. Les hiérarchies s’effacent. Notre relation est différente. Il se crée de la solidarité entre nous autour du plaisir du chant et la volonté de créer quelque chose de beau. »

Périne GOMY, directrice générale adjointe jeunesse. Alto

« C’est une collègue qui m’en a parlé. J‘ai essayé, ça m’a plu, je suis restée. C’est difficile à expliquer mais c’est assez grisant. Chanter m’apporte beaucoup. C’est un moment de pause, mais en même temps on se concentre sur ce que l’on fait. On est vraiment là, dans l’ici et le maintenant, dans une bulle de concentration. Ce qui n’est pas forcément le cas au boulot. Je ressens quelque chose de physique. Après la chorale, l’après-midi est plus légère. C’est relaxant, ça permet de faire quelque chose avec son corps. Je me suis vraiment prise au jeu. Quand il n’y en a pas (ndlr : de répétition), ça me manque pour toutes les raisons dont je viens de parler. »

Geoffrey Bouthors, chef de chœur de cinq chorales dont celle du CE de la ville de Vincennes, depuis sa création en avril 2015

« On n’aborde pas une chorale d’entreprise de la même manière : avec une heure par semaine, le temps est compté. Nous n’avons pas de projet pédagogique particulier, même si depuis la création du chœur, les concerts s’intègrent peu à peu. L’objectif premier est de procurer du plaisir aux choristes. Côté répertoire, c’est un équilibre à trouver. J’ai une culture pop rock donc, on n’allait pas s’attacher à des choses convenues, déjà faites par d’autres chorales : il faut aussi savoir faire plaisir aux participants. Après le succès du film les Choristes, il y a eu un engouement qui est retombé. Les chorales ont toujours une image un peu vieillotte alors qu’elles sont en réalité, pour beaucoup, moins ringardes. Sauf dans les préjugés des gens qui ne connaissent pas. »

« privilégier le social à la musique »

Elle fait chanter le monde universitaire depuis deux décennies. Elle, c'est la Clef des chants ensemble. Une chorale qui rassemble chaque année près de 170 choristes des universités de Paris. Composé de trois-quarts d'étudiants, elle compte aussi dans ses rangs du personnel des facultés et des actifs extérieurs. Un nombre et un melting-pot qui soulèvent d'autant plus, de fait, la question de l'équilibre du choeur. Un équilibre lié à la volonté de son chef de chœur, Benoît Reeves : la sociabilité tant vantée dans les chorales ne se crée pas naturellement. Tout est question de volonté.

Le chant à l'épreuve des attentats du 13 novembre 2015

« Après les attentats, c’était absolument dingue les gens qui venaient chanter A la fin, ils étaient tellement contents. Ca leur faisait tellement de bien de chanter. C’est la première fois que je ressentais quelque chose d’aussi fort. C’était libérateur. Je ne pense même pas qu’ils se rendaient compte qu’ils étaient dans un truc bizarre, physique, mais à la fin de la séance ils étaient libérés. » Geoffrey, chef de chœur de la chorale de la mairie de Vincennes.
« On ne savait pas quelle serait l’ambiance de la répétition après les attentats. Chanter nous a libéré de la peur qui s’était installée. Au début, l’ambiance était bizarre. Et puis, on s’est dit que c’était un moyen de résistance. On avait la rage. Chanter Mozart nous a permis de nous libérer. Mozart nous a guéri. Sans rien nous dire, ça nous a soudé encore plus, renforcé. Chanter ensemble a répondu au besoin de s’unir et de se réunir. » Cécile et Felipe, choristes de la Clef des Chants Ensemble

Les week-ends chantants : un plaisir sans engagement

Réunir le temps d’un week-end, toute personne désireuse de chanter en groupe. C’est le principe simple et le pari des week-ends chantants. Aucune expérience préalable du chant n’est exigée. Une opportunité pour qui intégrer une chorale traditionnelle peut se révéler intimidant.

On y chante, travaille et répète trois chansons avec des professionnels du chant, accompagné d’un pianiste. A la clef, une interprétation publique du résultat, par l’ensemble des choristes.

Présidente du groupe vocal vincennois Tonalités, Sandrine Brillante a créé en 2008 le week-end chantant de Vincennes. Pour sa dixième édition, ces 28 et 29 janvier, 350 personnes s’y sont inscrites. C’est l’un des plus importants du genre. « On avait envie de proposer la pratique du chant choral à tout le monde, du parfait débutant au chanteur confirmé, explique-t-elle, et de la variété française, afin que les gens comprennent ce qu’ils chantent, plutôt que les répertoires classiques. On voulait que cela soit gai et vivant. »

Elle poursuit : « Le seul but est de prendre du plaisir ensemble, de partager un objectif commun avec un grand nombre de personnes, de sentir la cohésion et la puissance du groupe. C’est une chance de vivre cela, c’est une émotion très forte. »

les week-ends chantants m’ont donné un bagage musical mais surtout de la confiance.

Alice et Emmanuel ont la quarantaine et trois enfants. Pour eux, le week-end chantant de Vincennes s’est vite transformé en rituel attendu avec impatience. Cette parenthèse est une bulle qui laisse dehors un quotidien stressant. « Pendant deux jours, on est attentif, concentré. Une fatigue s’installe, en même temps qu’un bien-être physique. D’une certaine manière, cela se rapproche du sport, je me sens détendu et apaisé », précise Emmanuel. Il envisage même d’intégrer une chorale à l’année : « les week-ends chantants m’ont donné un bagage musical mais surtout de la confiance. »

De son côté, Alice ressent un grand plaisir et une satisfaction à « contribuer à créer une œuvre avec des personnes inconnues ». Elle poursuit, « on arrive le samedi sans rien savoir des chansons et le dimanche soir, le résultat est là. C’est toute la magie de ce concept », et souligne qu’« aucun équipement n’est nécessaire. C’est vraiment à la portée de tous. »

Franchir ce pas, briser le mur qui sépare du son, peut se faire ailleurs qu’à Vincennes. La seule plateforme Chanson contemporaine, à laquelle adhère la chorale Tonalités, en propose quasiment un par mois à travers la France. La diversité de l’offre est en réalité plus large encore. Il s’en vivrait un presque chaque week-end à travers la France.

Quelques temps forts du Week-end chantant de Vincennes 2016

« Nous sommes tombés dedans, quand nous étions petits »

Robert Sabbagh est un tout jeune retraité de 67 ans, il était médecin anesthésiste-réanimateur. Du plus loin qu’il se souvienne, il a toujours chanté, avec sa famille et dans des chorales.

J'ai commencé à chanter tout petit, depuis toujours. L’un de mes premiers souvenirs de chorale, j’étais à l’école chez les Jésuites au Caire, je devais chanter un solo devant tout le monde, c’était le Adeste fideles, ma voix n’est jamais sortie. Du tout. J’avais le trac. Nous sommes grecs-catholiques de rite et dans ma famille, nous chantons. Je chantais avec mon père, des polyphonies, sans musique. Lui-même chantait déjà avec son frère. Les réunions de famille étaient autant d’occasions de chanter ensemble. Souvent, ce sont des chœurs d’hommes, il y a aussi des chœurs de femmes, moi j’étais second, alto. Lorsque le ténor, qui avait une voix extraordinaire, a émigré au Canada, j’ai pris sa place.

A l’adolescence, mon frère aîné – un perpétuel fonceur –, m’a proposé de monter un orchestre. On n’était pas très doués musicalement, mais au niveau du chant c’était formidable, on nous appelait les Beatles égyptiens. On chantait les yéyés. Je faisais même la voix de Mama Cass, des Mamas and Papas. Encore aujourd’hui, si ma voix est suffisamment chaude, je peux chanter leur version de I Call your name.

Je chante le plus souvent possible. Je fais partie de deux chorales, celle de la paroisse et une laïque, rue de la Jonquière. Au Caire, déjà, j’ai rencontré mon épouse à la chorale byzantine où nous allions. Puis, j’ai animé la petite chorale.

Je n’ai jamais pris de cours de chant, ni appris à lire les notes, je commence tout juste, maintenant que j’ai le temps. Mais je suis quelqu’un qui peut inventer une seconde voix en harmonie sur un chant. Mon fils, Olivier, est comme ça aussi.

Je chante parce que ça me fait du bien. Je chante parce que la parole du chant touche. On dit que chanter à l’église, c’est prier deux fois. Je crois que chanter pour la voix seulement, ce n’est pas suffisant. Je chante pour porter la parole, et je me rends compte que le timbre oriental de ma voix et de celle de Leïla, ma femme, porte peut-être encore plus cette parole. L’autre jour, nous avons animé la messe à St-Jo (l’église Saint-Joseph-des-Épinettes, dans le 17e), nous avons chanté en duo le psaume 26, Le Seigneur est ma lumière et mon salut. Eh bien, ça marque. Les gens étaient émus. Le prêtre est venu nous dire que c’était d’autant plus beau que nous le chantions en couple.

Leïla dit que nous n’avons aucun mérite de (bien) chanter, nous sommes tombés dedans quand nous étions petits. Et nos parents nous ont transmis ce bonheur. Je leur rends grâce pour cela. Aujourd'hui, nos enfants chantent aussi. Ensemble, en duo ou en trio, Olivier, qui a une voix limpide, joue aussi de la guitare. Il est allé à la chorale de la Jonquière vers six ans. Mathieu, le cadet, vient avec nous à l’église et chante lorsque nous animons la messe. Quand on se retrouve en famille, avec mon frère, il a six enfants, on chante encore tous ensemble.

Au-delà dES NOTES...

... l'engagement politique

Début de la décennie 1980, le Front national, un parti encore marginal sur l’échiquier politique français, sort de l’ombre en tractant sur les marchés de l’est parisien. Dans le 19e arrondissement, au sein de la chorale du quartier Clavel, une bande de copains étudiants, choqués par l’intrusion des partisans du Front, est bien décidée à réagir. Ils fondent une chorale de rue pour contrer les tracts anti-immigrés. Pascal Teulade, l’un de ses créateurs, feuillette son album souvenirs et revient sur cette aventure en chansons.

... sans toit, mais pas sans choeur

Une chorale de sans-abri, pour les sans-abri. C’est le concept de la chorale Au Clair de la rue, créée il y a dix ans à Nantes à l’initiative de Serge, dit «le Gaulois», lui-même SDF et de Yannick, un ancien ingénieur. Dans quel but ? Honorer les morts anonymes de la rue, enterrés si souvent à la va-vite dans une indifférence absolue.

Depuis, d’autres ensembles ont émergé dans l’hexagone : à Saint-Nazaire, Bordeaux ou, tout récemment, à Paris. Ainsi le 25 janvier, a eu lieu, dans la capitale, la première répétition de la dernière née, la chorale du Carillon.

Réalisation :

Emilie COSTE, Claire DEHAN-GRUBESA, Rebecca DENANTES, Brigitte JAMOIS, Damien LEBOULANGER, Laurent THÊME, Claire PAVAGEAU.

Credits:

Lumen Laulu Ensemble, Misa Criolla, Emilie Coste, DmLeboulanger

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