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Quatre mois de Gilets jaunes en Haute-Loire Ce samedi 9 mars, le rassemblement régional des Gilets Jaunes se déroule en Haute-Loire. Depuis quatre mois, des dizaines de manifestations se sont déroulées dans le département, dont certains moments très forts, comme l'incendie de la Préfecture ou la visite d'Emmanuel Macron. Retour sur les grandes dates des Gilets Jaunes en Haute-Loire.

La RN 88 le samedi 17 novembre, au niveau de Blavozy

17 novembre

Le premier jour de la manifestation. Dès 8 heures, les Gilets jaunes sont rassemblés à Aiguilhe sur la RN88. Ailleurs en Haute-Loire, d’autres manifestants se regroupent en de nombreux points : Yssingeaux, Monistrol-sur-Loire, Blavozy…

A partir de 9h30, plus de 1500 Altiligériens sont sur les routes et dans les rues avec un gilet jaune sur le dos. La RN88 est coupée en milieu de matinée. « Nous sommes tous touchés par la politique de Macron. Nous sommes asphyxiés mais nous sommes unis », clament les participants.

Vers midi, toute la Haute-Loire est en marche en direction du Puy-en-Velay. Pendant ce temps, les forces de l’ordre s’organisent. Au total, 200 gendarmes, 40 policiers et 30 personnels du service des routes sont mobilisés. Les premiers blocages de rond-point, comme celui de la zone de Chirel à Vals-près-Le Puy, commencent.

A Monistrol-sur-Loire, les Gilets Jaunes passent la nuit sur le ront-point de Chaumette, tout comme à Blavozy, Fay-la-Triouleyre, Yssingeaux, Lachamp, aux Fangeas ou encore à Saint-Just-Malmont. Près de 900 personnes étaient toujours mobilisés.

18 novembre

Le dimanche matin, de nombreux barrages filtrants sont toujours en place : Saint-Just-Malmont (rond-point des Grangers) ; Saint-Pierre-Eynac (rond-point de Lachamp) ; Monistrol-sur-Loire (rond-point de Chomette) ; Blavozy (rond-point ZA Les Bombes), Brioude (rond-point Limagne) ; Cohade (rond-point Flageac) et au Fangeas (RN 88 / RD 906).

A 10 heures, ils sont déjà près de 300 à filtrer les voitures quelques minutes, le temps de partager leur revendication.

L’après-midi, les taxis et les ambulances défilent au Puy-en-Velay. « Le prix du carburant, les frais kilométriques, le RSI, les charges. C’est compliqué d’embaucher des salariés. Le nouvel accord ne va pas non plus dans le sens de notre profession. C’est très dur. Nous essayons de nous faire entendre sans trop embêter le monde », explique l’un des manifestants, représentant la société 4A-Ambulances (Le Monastier-sur-Gazeille) et les taxis Charruel-Schulteiss (Coubon, Chadrac).

La situation revient à la normale vers 20 heures.

Des radars vandalisés

Dire que les Gilets Jaunes ont vandalisé les radars fixes de la Haute-Loire reviendrait à « discréditer le mouvement » selon les manifestants. Il n’empêche. Comment ne pas faire le parallèle entre les actions menées depuis le 17 novembre et la vingtaine de radars pris pour cible le même jour ? Certains ont été vandalisés, d’autres incendiés…

Selon les chiffres fournis par le site internet radars-auto.com, la Haute-Loire est le deuxième département de France dans lequel les radars ont été le plus vandalisés depuis le début du mouvement des Gilets jaunes : 67 % du parc est hors-service fin novembre.

1er décembre

Tout avait pourtant bien commencé. Environ 4 000 personnes, samedi en milieu de matinée, remontent, dans une ambiance sereine et bon enfant le boulevard Saint Laurent et Saint-Louis, scandant des « Macron, démission ». Jeunes, vieux, gilets jaunes ou pas sur le dos, la foule converge lentement vers le centre névralgique du Puy-en-Velay. Bientôt, la place du Breuil est entièrement tapissée d’une mer jaune, encore calme, simplement là pour faire démonter leurs détermination aux services de l’Etat.

Projectiles, fusées assourdissantes, bombes lacrymogènes, lanceur de balle de défense (LBD), jets de pierre… la situation dégénère à 13 heures lorsque les grilles de la préfecture cèdent sous l’assaut de manifestants, visage dissimulé derrière une cagoule ou une écharpe noire. Les portes de l’établissement sont également fracturées à coup de pied. Une dizaine de gendarmes sortent alors pour pousser les individus à l’extérieur. Les jets de bombes lacrymogènes et les coups de matraque finissent par avoir raison de la colère ambiante. S’en suit des scènes de combat. L’un des Gilets jaunes s’extirpe de la foule, la figure en sang. Il a reçu un tire de LBD, déchiquetant son arcade gauche et une partie de son œil. Un autre est blessé à la jambe. Tout le monde court en pleurant et en toussant pour s’éloigner des bombes lacrymogènes qui pleuvent sur la place du Breuil.

En, début de soirée, la tension est à son paroxysme. Des jets de cocktails-molotov provoquent l’incendie d’une aile de la préfecture sous le regard stupéfait de centaines de Gilets jaunes. Il est 21 heures quand les CRS chargent pour faire fuir les manifestants et permettre aux pompiers d’arriver sur place pour éteindre le sinistre. Une heure plus tard, la place du Breuil est presque évacuée. Six casseurs auraient été interpellés.

Au Puy-en-Velay, le préfet dénonce une «volonté de tuer» chez les casseurs

Au lendemain des affrontements et des exactions durant la manifestation des Gilets jaunes, samedi, le préfet a tenu une conférence de presse. A plusieurs reprises, le représentant de l’État a éprouvé des difficultés à cacher son émotion.

Laurent Wauquiez, ancien maire du Puy-en-Velay et président de la Région, a aussi réagi.

"On est dans un département calme. L'incendie de la préfecture et les scènes d'affrontement, on n'avait jamais connu ça. C'est pas la Haute-Loire", a déclaré Laurent Wauquiez sur TF1.

"Mais ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que mon département, à l'image de bien d'autres départements en France, a été touché de plein fouet par l'augmentation des impôts et des taxes. (...) Il y a de la colère, de la tristesse en Haute-Loire, mais aussi le sentiment que cette France-là, le président de la République ne la comprend pas", a ajouté le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

5 décembre : Emmanuel Macron fait une visite éclair au Puy-en-Velay

Le Président de la République a visité la préfecture incendiée, le 1er décembre, avant de se rendre au groupement de gendarmerie pour rendre hommage aux forces de l'ordre.

Ce voyage en Haute-Loire s'inscrit dans un contexte tendu au Puy-en-Velay : une partie de la préfecture a été incendiée.

Le chef de l’État s’est adressé à «la centaine d’agents présents (...) en leur disant partager leur tristesse mais en leur demandant de la transformer en fierté : fierté d’être au service des Français et de l’intérêt général, et d’avoir fait preuve, samedi, d’un courage sans faille.»

Il se trouve sur place «pour témoigner personnellement et directement de son respect et de son soutien aux agents après l’incendie d’une partie des locaux préfectoraux.»

Emmanuel Macron a quitté la Haute-Loire, vers 19h15. Il a pris l'avion à Loudes. Il était arrivé vers 16 heures.

24 décembre : des Gilets jaunes ont distribué des cadeaux de Noël à Retournac

De 10 heures à midi, à la salle de la Forge, les Gilets Jaunes de Blavozy ont redistribué gratuitement les cadeaux issus de nombreux dons. La Croix-Rouge était également présente pour offrir des boissons et des parts de gâteaux. Une centaine de jouets ont été ainsi récupérés, destinés à toutes les familles dans le besoin.

Depuis la mi-décembre

Le mouvement continue, mais faiblit peu à peu. La mobilisation a diminué de samedi en samedi.

Dans le même temps, des tensions apparaissent entre Gilets jaunes. Dans les derniers jours du mois de janvier, plusieurs altercations graves ont eu lieu. Des coups de feu ont été tirés sur le campement de Lachamp le 21 janvier. La veille, une cabane sur une campement avait brûlé à Solignac-sur-Loire. Le 27 janvier, un fourgon a été vandalisé sur un campement. Quelques jours plus tard, la voiture d'un gilet jaune a été incendié à Retournac.

Le 24 janvier, les deux derniers camps de Gilets jaunes de Haute-Loire ont été démantelés.

De même, les manifestations des samedis rassemblent de moins en moins de monde. Lors de l'Acte XII, il n'était qu'une centaine à défiler au Puy-en-Velay.

Il y a eu un léger regain de participation lors de l'Acte XIII, où ils étaient près d'un millier. Le soufflet est vite retombé avec un Acte XIV très calme.

Enfin, Clermont-Ferrand et Lyon accueillaient des rassemblements régionaux lors des Acte XV et XVI. La mobilisation a été faible en Haute-Loire, la courte distance avec les deux villes en question ayant, sans doute, poussé de nombreux Altiligériens à faire le déplacement.

2 mars : les Gilets Jaunes manifestent pour l'Acte XVII au Puy-en-Velay

Environ une centaine de Gilets jaunes se sont retrouvés devant la gare ferroviaire du Puy-en-Velay. Leur action devait se résumer en une marche jusqu'à la place Cadelade en passant notamment par la préfecture, ainsi qu’à placarder des affiches et partager avec la population les idées du mouvement.

"On veut sensibiliser les citoyens à la grande mobilisation interrégionale prévue le 9 mars. Des milliers de manifestants ont prévu de converger au Puy-en-Velay", témoigne un manifestant présent. "Nous allons également parler de la mobilisation interprofessionnelle et syndicale le 19 mars dans la cité ponote".

8 mars : les commerçants du Puy-en-Velay se préparent

« Chacun d’entre vous doit se protéger ! Le casseur est un opportuniste et va chercher la cible facile », avait prévenu le préfet, Yves Rousset, lors d’une réunion avec les commerçants, tenue lundi 4 mars.

Nombreux sont ceux qui semblent l’avoir écouté, puisque le centre-ville ponot ressemble étrangement à un chantier à ciel ouvert le 8 mars. Les camions contenant de quoi protéger les vitrines font des va-et-vient et le son des visseuses résonne dans les rues.

Pour rappel, le parking souterrain du Breuil sera inaccessible toute la journée du samedi et il sera interdit de stationner sur le parking et le boulevard du Breuil. Certains lieux municipaux comme la bibliothèque seront également fermés.

« À propos des arrêtés, deux zones géographiques sont concernées. Dans tout le département, aucune voiture ne pourra transporter des matières inflammables, explosives, des feux d’artifice et des armes. Il y aura des palpations administratives dans les gares ferroviaires ainsi que des perquisitions pour ouvrir les coffres des véhicules. Pour le secteur du Puy-en-Velay, la vente d’alcool sera interdit », avait également rappelé le préfet.

Textes, images et mise en page : Le Progrès

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