Festival en Othe, jour 3 Alors que la veille, le rap s'est taillé la part du lion, le dimanche, c'est chanson française. Et sous la pluie.

Dernier jour de festival. La rédaction m'a dit "Ah non, on ne va pas faire de page pour mardi, déjà là, deux jours de suite, c'est pas mal, non... !" Bon, eh bien puisque c'est comme ça, je vous laisse en compagnie des grenouilles.

Blague à part, le temps qui était incertain la veille est devenu vraiment pluvieux ce dimanche. Gauvain Sers est déjà sur scène quand j'arrive. Mais si, tu sais, le Creusois à casquette en velours brun, là. Lui.

Donc là, on ne voit pas qu'il est Creusois, mais on voit très bien la casquette. ©Lucas HUEBER

On reste encore dans la chanson française, mais cette fois, on s'approche plus de Renan Luce que d'Indochine (et quitte à choisir, je crois que je préfère Renan).

Au loin, ça s'agite. Les feuilles bruissent, les loups et les ours rôdent... Non, je déconne. C'est juste Shawn James et ses Shapeshifters qui font leurs balances pendant le set acoustique tout mignon de Gauvain.

En tournée européenne, Shawn James a posé son ampli à Aix-en-Othe, accompagné de ses Shapeshifters. ©Lucas HUEBER

C'est le Shawn James qui fait du rock 'n roar qui est sur scène. Et, effectivement, ça grogne. Ça décrasse un peu tout le monde et, contre toutes mes attentes, le public répond présent. A la fin du set, on est plus d'une vingtaine à se presser au stand de merch improvisé et à attendre des dédicaces.

Même si l'on pourrait le croire, la barbe n'est pas obligatoire pour jouer dans les Shapeshifters. ©Lucas HUEBER

Je ne vous ferai pas l'offense de vous demander si vous connaissez Henri Dès. Mais est-ce que vous connaissez Henri Dès & Ze Grands Gamins ? Non ? Je ne connaissais pas non plus. C'est Henri Dès, 76 ans, qui s'est dit qu'il allait reprendre ses morceaux pour mômes avec un guitariste et son batteur de fils.

©Lucas HUEBER

Si le public n'est clairement plus autant motivé que pour Keny Arkana, on peut au moins laisser au troubadour suisse son abnégation pour faire bouger un peu les gens. Durant toute la durée de son set, il aura tenté de les faire se remémorer leurs souvenirs d'enfance, de les embarquer sur le navire de la nostalgie. Pourtant, j'en ai vu des groupes échouer à ce niveau devant des foules plus conséquentes.

Pour le groupe suivant, Nadesja, le guitariste avait un string rose et noir accroché à sa guitare. J'étais plus consterné qu'autre chose, pour tout avouer. Il avait sûrement perdu un pari. C'est un petit groupe local, arrivé en final du tremplin organisé par le festival, c'est pour ça qu'ils jouent ce soir. A noter : si le chant n'est pas toujours juste sur les vidéos, cela ne s'entend pas en concert.

©Lucas HUEBER

Guitariste qui est en même temps au synthé. Sur leur dernier (ou avant-dernier morceau), le synthé commence à faire des siennes et change de tonalité. Les tonalités se mélangent à celle de la guitare et je commence à saigner du nez et des yeux. Pas facile pour manger.

Le dernier groupe que je verrai, c'est Arcadian, des parisiens qui étaient en colocation et qui ont décidé de faire de la musique. Alors à titre perso, je n'ai jamais rien entendu d'aussi insipide. Purement radiophonique, avec une guitare électro-acoustique, un synthé et un cajon. Je vous passe les thématiques des chansons (la colocation c'est très très bien, les ruptures ça fait mal au petit coeur...).

Malgré la pluie, le public a répondu présent jusqu'à la fin du set du trio parisien. ©Lucas HUEBER

Alors je sais, je suis metalleux. Mais à un moment, si on ne me propose pas des groupes qui me feront écouter autre chose, c'est de votre faute. Pourtant, le public a très très bien réagi à Arcadian, même sous la pluie battante, de plus en plus forte et sans discontinuer.

Je me suis retrouvé coincé sous un barnum avec quinze personnes au mètre carré. Il y a plus agréable, surtout quand certains, totalement trempés et transpirants (quand même) viennent se coller à toi. C'est comme ça qu'a fini mon week-end au parc des Fontaines, coincé entre deux vieilles qui se plaignent de la pluie, d'un mec trempé qui viole mon espace vital et un gamin aux semelles qui couinent dansant sur une table.

Les photos de ce troisième jour son à retrouver sur mon Flickr !

Credits:

Lucas HUEBER

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