Festival en Othe, jour 2 Si la veille, Trust a déçu ses fans, Keny Arkana a mis tout le monde d'accord (ou presque) pour cette deuxième soirée.

"Tu y vas pour 17h30, tu fais une interview avec Soan et je me charge de Keny Arkana". Tels furent les mots de ma collègue avant d'aller manger, à 12h.

J'ai eu mon interview de Soan, on a parlé de Christian Olivier, de la Nouvelle Star, de l'utilité de mettre des étiquettes sur ta musique quand t'es musicien. Même si ça n’a pas duré longtemps, c'était intéressant. Ma collègue, elle, attend toujours son interview de Keny Arkana.

Soan, atypique et rock 'n roll. ©Lucas HUEBER

Si cette interview est vraiment cool, j'arrive en retard pour le premier groupe de la soirée, U-Process. Comme pour Isaya, c'est clairement entré par une oreille et ressorti par l'autre. Je me souviens juste qu'il y avait des faux airs d'Indochine dans les lignes de chant.

©Lucas HUEBER

Après U-Process, c'est Roméo Elvis qui s'y colle. Le Belge aura la lourde tâche de me faire apprécier du rap. Gros loupé. Tu tenteras la prochaine fois. Ça sera beaucoup comme ça, en fait, parce que le samedi était très axé rap, alors mon cerveau a un peu commuté sur off la plupart du temps. Je tourne au radar et je ne cherche même pas à redémarrer, ça me convient très bien.

Si, à titre personnel, je n'étais pas au maximum de mon attention, le public, lui a répondu présent à l'appel lancé par le rappeur belge (première et troisième photo). ©Lucas HUEBER

Je n'ai rien contre le rap français. Le vieux rap français d'il y a deux décennies. McSolaar, entre autres. Le problème, avec le rap actuel, c'est que le genre me semble formaté. Et c'est un peu pour ça que je ressors aussi frustré de cette seconde journée de festival.

Après le trio belge (y'avait un mec sur un Mac pendant Roméo Elvis), c'est au tour de Zeppo, un troyen de se faire la petite scène. Après huit tentatives pour se produire au sein du festival, et pas seulement sur le camping, c'est la consécration.

Pour cette occasion, unique ou presque, il est venu avec son groupe. Ils interprètent de la chanson française, à mi-chemin entre les Ogres de Barback, Renaud ou les Fatals Picards. C'est à la fois complètement perché et assez terre-à-terre pour te montrer dans quel monde tu vis. Et les tares de ta belle-mère. Mais ça, t'as pas besoin de Zeppo, je suppose.

La bande à Zeppo, avec couvre-chefs, trombone et contrebasse. ©Lucas HUEBER

Je me suis dépêché de traverser le parc des Fontaines pour voir Soan. J'ai écouté deux trois morceaux, c'est vraiment pas mal. Les textes sont recherchés, la musique est jolie. Chose promise, chose due, il monte sur scène fringué exactement comme il l'était backstage. "Je m’embarrasse pas avec ces conneries", m'avait-il confié précédemment. Et en effet, Soan est rock 'n roll jusqu'à monter sur scène avec une Kro et une clope. J'aime bien ce genre de mec.

Et en plus, il est charismatique. Et la photo du guitariste, je la trouvais sympa. ©Lucas HUEBER

Après Soan, c'est le tour de Monkey Theorem. Je me suis pris une claque. Même si c'est du rap français, les Grenoblois ont un sens du texte qui rappelle ce qu'ont pu produire les années 90. C'est un peu hors du temps, et emmener le public dans l'espace, leur fonds de commerce.

Avec deux MC, un multi-instrumentiste et un DJ, c'est efficace sans jamais tomber dans la parodie de rap français ou dans l'extrême inverse, trop éloigné du genre que propose le groupe.

Deux MC, un DJ et un multi-instrumentiste sont cachés dans ces photos. Sauras-tu les retrouver ? ©Lucas HUEBER

Hors de la stratosphère et encore sous le choc de cet atterrissage millimétré, je décampe du côté de la grande scène pour Keny Arkana. Le fond de scène est une représentation simpliste de Marseille, avec Notre-Dame-de-La-Garde qui nous indique que, ah, quand même, on est à Marseille. Et certaines personnes dans le public portent des maillots de l'OM, aussi. Ça m'a fait rire jaune. Comme le pastis. Pas dilué.

Derrière les crash barrières, je sens une main sur mon épaule. C'est Soan qui me fait un clin d'oeil et qui me lance "Ah putain, Keny Arkana, je veux pas rater ça !". En tout et pour tout, on a eu le droit à un morceau derrière les crash. Et encore, ce n'était pas prévu. "Le contrat, c'était trois morceaux, oui, mais dans le public", nous lance son attachée de presse. Même pour les photographes officiels du festival.

Si ces photos ne sont pas diversifiées, c'est parce qu'elles ont été prises d'un même endroit pendant un seul morceau. ©Lucas HUEBER

Après un bon set de "Oh mon Dieu vous avez tué..." c'est au tour de Simja Dujov, argentin, de monter sur la petite scène en trio, avec une accordéoniste et un batteur. Un mélange de tango et d'électro. C'est de bonne facture, il y a un très bon feeling avec le public, mais je me sens trop à l'étroit, coincé entre une foule défoncée jusqu'au nerf optique et un chanteur-guitariste qui met des coups de botte dans les airs.

Les Argentins ont mis le feu au parc des Fontaines, même après minuit. ©Lucas HUEBER

La nuit était censée se clore sur Che Sudaka. Mais je me suis rendu à l'évidence qu'il serait plus sain de ne pas faire ce concert : je commençais à somnoler sur un banc en équilibre précaire. Et sur la route, j'ai un peu galéré à rester éveillé. Voilà. Vous savez tout.

La totalité des photos de cette deuxième journée se trouve ici !

Credits:

Lucas HUEBER

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