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Étienne Moisan Ma vie en rouge et or

17 août 2018

Étienne Moisan est bachelier en Relations Industrielles de l’Université Laval depuis l’été 2018. Il fait partie du club de football Rouge et Or depuis l’automne 2014.

12 décembre 2013, c'est officiel, je signe ma lettre d'intention avec le Rouge et Or. Beaucoup de défis et changements se présentent à moi. Nouvelle ville, nouvelle équipe, nouveaux coéquipiers...Bref, une nouvelle vie commence. Je me souviens à mon arrivée à Québec, c'est le coup de foudre. Le campus, le PEPS, les entrainements d'équipe, les soirées de boys, la Grande Allée, les filles... Tout est incroyable. À ce moment-là je me disais «WOW, j'en ai pour cinq ans à vivre le rêve! » Et me voilà aujourd'hui, à l'aube de ma cinquième et dernière saison avec le Rouge et Or. On m'avait prévenu que ça allait passer vite, mais je n’étais pas prêt.

On m'a demandé de vous raconter mon parcours jusqu'à présent avec le Rouge et Or. Sur le coup, je me suis dit que ça allait être facile, «y'a rien là», mais pas tant, finalement. Je n’ai aucune idée par où commencer. En réalité, jouer au football à l'Université Laval c'est bien plus que juste le sport comme tel, c'est une école de vie.

Tout d'abord, je comparerais l'équipe de football un peu à une secte. Nous sommes un groupe de boys complètement détaché de la réalité des étudiants (normaux) de l'Université, avec la même idéologie qui est de s'entraîner fort et devenir des machines de football, mais en même temps de faire la fête et avoir du fun. Je crois que c'est entre autres ça qui fait le succès du Rouge et Or. On s'entraîne ensemble, on étudie ensemble, on fête ensemble et pour la grande majorité, on vit ensemble (ou du moins proche). Donc, quand c'est le temps de jouer au football, on ne le fait pas seulement pour soi, mais également pour notre chum à côté, pour notre frère.

Sortie d'équipe en ville à Québec

Au début, quand on me parlait d'une famille chez le Rouge et Or, j'étais sceptique. Chez nous, la famille c'est très fort et j'avais de la difficulté à croire que je pourrais retrouver les mêmes liens. Définitivement, avec le temps, je suis obligé d'admettre que j'ai développé des liens de sang avec mes coéquipiers et que oui, c'est vraiment une grande famille à Laval. À ton arrivée dans l'équipe, tu es perdu. Tu ne comprends pas tout ce qui se passe et tu te demandes un peu ce que tu fais ici. C'est là que le rôle de tes grands frères (les vets) embarque. Ils prennent soin de toi, ils te montrent le chemin à suivre et ils te guident vers la réussite et le bien de l'équipe. Les années passent et soudainement c'est toi qui prends le flambeau. Tu deviens un grand frère et désormais c'est toi qui montres aux plus jeunes comment ça fonctionne.

En action contre UBC en 2015 au Stade TELUS-UL

Comme dans chaque bonne famille, les traditions ne changent pas. C'est donc rassurant de savoir que le gars qui te montre le chemin à suivre est passé par exactement la même place que toi, quelques années auparavant. Cela facilite la transition. Tu as seulement à embarquer dans le bateau, suivre l'exemple et vite tu comprends comment ça fonctionne à Laval. Pour certains c'est plus long, ça demande plus d'efforts, mais peu importe qui tu es et d'où tu viens, tu vas finir par apprivoiser la tradition gagnante qui est établie au Rouge et Or.

La consécration ultime: la Coupe Vanier remportée en 2016 à Hamilton

Ce n’est pas toujours facile. Au début, se lever à 5h du matin pour aller s'entraîner ne faisait aucun sens pour moi. Après ma première fois, j'ai immédiatement compris. Tu te lèves, t'es fatigué, il fait froid, ça ne te tente pas, mais dès le moment où tu mets le pied dans le vestiaire avec 80 autres gars qui sont là pour les mêmes raisons que toi, la musique dans le tapis, ce n’est pas trop long que la motivation embarque. Laval te force à surpasser tes limites. La même chose se produit quand la saison commence. Je crois que sans exception nous frappons tous un mur à notre premier camp d'entrainement. Tu réalises qu'il y a beaucoup de talent et que rien ne te sera donné si tu ne travailles pas. La complexité du playbook, la vitesse du jeu et l'adaptation au football à trois essais te surprennent. Parfois, tu vas même remettre en question ton amour pour ce sport. Mais encore une fois, tes grands frères sont là pour toi. Ils te rassurent et une fois embarqué dans le bateau tout se passe bien.

Avec toute l'équipe lors d'un camp printanier en Floride

C'est vraiment quand tu joues ton premier match que tu comprends pourquoi tu fais tous ces efforts. J'adore jouer au football, j'y jouerais n'importe où, n'importe quand, mais quand tu as la chance de jouer devant 15 000 fans en délire à chaque partie locale, c'est le rêve. Les partisans à Québec sont parfaits. Même après quatre ans, j'ai encore les frissons. Sous une musique de gladiateur, la voie de l'annonceur-maison Christian Côté, le bruit de la foule... L'entrée sur le terrain va toujours avoir le dessus sur moi.

La foule du Stade TELUS-UL qui célèbre avec nous la victoire de la Coupe Dunsmore 2017

Jouer au football à Québec c'est une expérience pro. Les installations, les partisans, les médias, les coachs... Tous les éléments y sont. Des entraîneurs motivés et compétents qui nous rendent tout simplement meilleurs semaine après semaine, un personnel médical complet, des gérants d'équipements dédiés, des installations uniques, une deuxième maman (Nat) pour s'occuper de nous, des tuteurs, etc. C'est tout simplement ça un programme d'excellence. En tant qu'étudiant-athlète, c'est plaisant d'avoir accès à toutes ces ressources et de pouvoir se concentrer à 100% sur son sport et ses études. La réussite est tout aussi importante sur le terrain qu'à l’extérieur. Peu de joueurs au Canada peuvent se vanter d'être bachelier et champion canadien, mais à Laval c'est la norme et je suis autant fier des deux.

Symbole de réussite: je suis bachelier en Relations Industrielles

J'ai vécu des moments mémorables dans mes quatre premières années. Que se soit une coupe Vanier, des camps d'entrainement en Floride ou des matchs sur la route, c'est spécial de jouer pour le Rouge et Or et je crois qu'il faut le vivre pour réellement comprendre. J'ai eu le privilège d'être repêché par les Alouettes au printemps dernier. Même si cela représente un rêve de jeunesse, je suis heureux de revenir une dernière saison avec le Rouge et Or et d'avoir la chance de bien fermer ce chapitre de ma vie avec la tête en paix. J'ai une opportunité unique de faire partie d'un groupe de vétérans solide et de guider cette équipe vers les plus hauts sommets. Je souhaite avoir une influence positive sur les plus jeunes, car ils représentent l'avenir du programme. C'est donc avec une attitude de «sans lendemain» que j'entame cette dernière année. Je vais tout faire pour aider cette équipe à gagner une dixième coupe Vanier chez nous, dans ma ville, sur mon terrain.

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