Ovnis, rencontres paranormales... 40 ans de phénomènes inexpliqués en Occitanie

Depuis 1977, le Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (Geipan) du Cnes (Centre national d’études spatiales), basé à Toulouse, enquête sur les témoignages de phénomènes étranges dans le ciel qui lui sont envoyés de toute la France.

Carte des cas inexpliqués, histoires les plus mystérieuses, témoignages d’enlèvements, hauts-lieux de l’ufologie et canulars... À l’approche des 40 ans du Geipan et à l’occasion de la publication de ses données 2016, La Dépêche du Midi vous propose un tour d’horizon des ovnis en Occitanie.

GEIPAN : LA BRIGADE D’ENQUÊTES DE L’UNIVERS

Installé dans trois petits bureaux sur l’immense campus toulousain du Centre national d’études spatiales (Cnes), le Geipan enquête sur les phénomènes spatiaux étranges observés dans toute la France. Chaque année, près de 500 témoignages sont envoyés et traités par la petite équipe d’enquêteurs affectée à cette tâche à temps plein. « Notre mission est de répondre aux gens comme vous et moi qui souhaitent avoir une explication après avoir fait une observation visuelle ou sonore insolite dans le ciel », explique Jean-Paul Aguttes, responsable de cette unité du Cnes.

Les témoignages sont directement déposés par les témoins sur le site du Geipan ou transmis par la gendarmerie, vers laquelle se tournent souvent les Français en demande de réponses. Sur les 500 témoignages recueillis chaque année, la moitié est écartée rapidement puisqu’ils ne correspondent pas aux attributions du Geipan (phénomènes paranormaux ou observations sur Terre).

Jean-Paul Aguttes./crédit : © CNES/Frédéric Maligne, 2015

Interrogatoires et reconstitutions

Une fois ce premier écrémage effectué, l’équipe du Geipan mène une enquête approfondie sur chaque cas. Pour écarter les méprises les plus fréquentes, les équipes consultent d’abord les conditions atmosphériques, les relevés radars de l’armée ou encore les lancements d’appareils dans l’espace qui pourraient entraîner des retombées de pièces sur Terre au moment de l’observation. Si ces premières recherches n’ont pas pas permis de trouver une explication, les équipes du Geipan se déplacent sur le terrain.

Les témoins sont alors interrogés par l’un des nombreux enquêteurs bénévoles recrutés dans tous le pays selon un protocole très encadré. Les mêmes questions sont posées plusieurs fois et reformulées par l’enquêteur pour évaluer la fiabilité des témoignages. L’enquête sur le terrain permet aussi de faire des relevés et de prendre des photos. Dans certains cas, comme pour une investigation criminelle, des reconstitutions sont même organisées sur les lieux.

Si le phénomène ne peut toujours pas être expliqué, le Geipan réunit un collège d’experts constitué de spécialistes en sciences humaines, astronomie, météorologie, plasma, rayonnements ou aéronautique pour mobiliser toutes les connaissances actuelles qui pourraient lever une part du mystère.

10 % des cas non élucidés

Globalement, la plupart des cas sont rapidement expliqués, mais 10% d’entre eux ne sont pas élucidés. « Certains cas ne peuvent être éclaircis faute d’indices. D’autres seront peut-être élucidés grâce à de futures recherches scientifiques », espère Jean-Paul Aguttes. « Il nous arrive de temps en temps de rouvrir des cas anciens et de pouvoir les expliquer grâce à de nouvelles découvertes. C’est notamment le cas des avancées sur les éclairs en boule, qui peuvent entrer par les cheminées comme dans Tintin et les 7 boules de cristal, et qui nous ont permis de classer plusieurs dossiers anciens ».

Et l’hypothèse extraterrestre ? Jean-Paul Aguttes reste prudent, sans fermer tout à fait la porte aux petits hommes verts. « Nous devons rester ouverts sur ces sujets. C’est quelque chose qui fait partie des hypothèses, mais parmi beaucoup d’autres et avec une vraisemblance très faible ».

En raison de la prudence du Geipan sur ces questions et de son lien avec le Cnes, organisme public, beaucoup d’ufologues, nom donné aux passionnés d’ovnis, mettent en doute la crédibilité du groupe d’études et dénoncent « un écran de fumée » ou « une coquille vide » qui ne viserait qu’à « cacher la vérité à la population »...

LES 32 CAS INEXPLIQUÉS EN OCCITANIE

Chaque année, le Geipan enquête sur près de 250 témoignages de phénomènes insolites observés dans le ciel de France. L’ensemble des documents qui s’y rapportent sont rendus publics sur le site Internet du Geipan après avoir été étudiés, classés et anonymisés. La classification des cas s’effectue en quatre catégories, la catégorie D recouvrant les 9% de « phénomènes spatiaux non identifiés »*.

Au 15 décembre dernier, 174 cas observés en ex-région Midi-Pyrénées étaient recensés sur le site du Geipan et 138 en ex-région Languedoc-Roussillon. Sur ces 312 cas déclarés en région Occitanie, 32 restent toujours non identifiés. Avec la carte compilée par La Dépêche du Midi, découvrez les phénomènes insolites qui restent aujourd’hui encore sans réponse dans notre région.

Les cas les plus étranges recensés dans la région

AUX FRONTIÈRES DU RÉEL DANS L’AUDE

L’un des cas les plus étranges recensé dans la région remonte au 12 décembre 1987. C’est une journée pluvieuse. Dans la matinée, vers 10 h 45, Maurice*, comme il a l’habitude de le faire, se rend près de l’usine de raffinage de l’uranium, dans une vieille maison en ruines pour ramasser du bois. Alors qu’il rentre toujours directement dans la vieille bâtisse, il décide ce jour-là de continuer sur le petit sentier qui longe l’usine pour se protéger de la pluie. C’est à ce moment-là qu’il fait la rencontre de six êtres étranges, « petits de taille, de type asiatique et au teint terreux », selon les dires de l’homme. Ils s’abritaient de la pluie sous les buissons.

Maurice pense dans un premier temps que ce sont des joggeurs qui attendent que l’ondée soit passée. Intrigué par ces petites personnes qu’il n’avait jamais vues auparavant, il tente timidement de lancer la conversation. « Vous êtes du coin ? », questionne-t-il. Une femme lui répond d’une petite voix nasillarde « Planète Earth »...

Quelques secondes s’écoulent, lorsque cette même femme s’agenouille et commence à dessiner sur le sol : le signe « ciel » et l’autre « démon ». En continuant de converser avec eux, Maurice en apprend beaucoup sur leur mode de vie, notamment qu’ils « viennent d’une autre planète », sans toutefois savoir laquelle. Ils vivent très vieux, et de nombreux humains les ont déjà suivis sur leur planète. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils connaissent notre langage. Pour se déplacer, ils utilisent des engins qui ressemblent à des scooters des neiges, sans moteur, sans roue, de couleur très claire.

RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE DANS L’HÉRAULT

Dans la nuit du 27 au 28 juin 1998, Romain*, 20 ans, a vécu une bien étrange expérience. Vers 1 heure du matin, alors qu’il rentrait chez lui en voiture, son véhicule tombe en panne sèche. Il tente de repérer d’où vient le problème mais s’interrompt lorsqu’il aperçoit une lumière verte pâle, non loin de lui. Le jeune homme arrive face à l’objet. Il ne peut ni avancer ni faire demi-tour. « J’étais comme paralysé des jambes », expliquera-t-il aux gendarmes. Il a alors le temps d’observer attentivement ce qui se trouve face à lui : un objet en forme de cône, de dix mètres de long et deux de haut, qui flotte dans les airs à quelques centimètres du sol. « Je ne pensais à rien, je regardais juste cet objet », se souvient Romain.

« Devant moi, un être d’à peu près un mètre cinquante de haut se dirigeait vers l’intérieur de l’objet qui était ouvert. Une sorte de passerelle était sortie ».

A l’intérieur de cet objet, il voit trois sièges, dont deux occupés. Celui qui s’apprête à s’engager sur la passerelle lui fait un signe de la main. Romain a le temps de noter qu’il ne possède que quatre doigts, dont un plus long que les autres. « Il avait deux bras, deux jambes, une tête un peu ovale. Tout son corps était blanc. La tête aussi, sans cheveux. Il mesurait un mètre cinquante à peu près. On aurait dit qu’il portait un vêtement mais il n’avait pas d’encolure, pas de poignet ».

Lanternes cosmiques

C’est une belle nuit d’été. Dans le ciel, la Voie Lactée scintille et quelques étoiles filantes traversent l’horizon. Au loin, la musique d’un mariage résonne dans les rues du village. Quand soudain, venues de nulle part, des boules orangées scintillantes apparaissent sur la voûte étoilée. Pendant une dizaine de minutes, les objets se déplacent lentement en escadron avant de disparaître au loin dans une accélération fulgurante. Pour certains, ces boules lumineuses font partie d’un seul et même vaisseau amiral extraterrestre dont les signaux lumineux marquent les contours.

Depuis 2007, le Geipan reçoit très régulièrement des signalements de ce type, à tel point qu’il a mis en ligne sur son site Internet un guide pour apprendre à identifier ce phénomène pas si étrange. Malheureusement pour les ufologues, dans une grande majorité de cas, ces boules lumineuses n’annoncent pas un contact prochain avec une population extraterrestre, mais plutôt un lâcher de lanternes thaïlandaises.

Depuis quelques années, ces lampions de papier qui s’envolent grâce à la chaleur d’un petit brûleur sont de toutes les fêtes. Tous les ans, le principal fournisseur en vend près de 60 000 en France. Ces lanternes sont aujourd’hui parmi les méprises les plus fréquentes signalées au Geipan et représentent plus de 300 signalements traités par le service du Cnes, sans compter les innombrable cas qui ne leurs sont pas déclarés, comme à Albi l’an dernier.

Généralement lâchés par dizaines, les lampions s’envolent ensemble puis se déplacent dans le ciel, poussés par des vents d’altitude que l’on ne perçoit pas au sol. L’extinction progressive de la flamme donne l’impression que la lumière s’éloigne à une vitesse supersonique. Quant à ceux qui ont l’impression de percevoir un gigantesque vaisseau, il ne s’agit que d’une manipulation de leur cerveau. « Comme pour les constellations, le cerveau relie naturellement les points lumineux entre eux et imagine une forme pleine. C’est une illusion très courante », explique Jean-Paul Aguttes, responsable du Geipan.

Pour savoir si vous avez affaire à des lanternes thaï ou à un phénomène plus inexplicable, suivez ces quelques conseils :

- Observez le phénomène aux jumelles pour voir si vous distinguez la structure du lampion.

- Renseignez-vous pour savoir si un lâcher de lanternes n’a pas été organisé dans le cadre d’un mariage ou d’une fête locale.

- Vérifiez le sens du vent dans votre commune sur un site de météo pour le comparer au sens de déplacement des objets que vous observez. Attention, certains vents soufflent en altitude mais sont imperceptibles au sol.

Enfin, sachez que les lâchers sont plus fréquents dans la nuit du vendredi au samedi et du samedi au dimanche. Si vous avez toujours un doute, contactez le Geipan ou la gendarmerie pour leur faire part de votre observation.

Les méprises les plus fréquentes

Rentrées atmosphériques, ballons sondes, reflets dans une vitre, chute d’éléments de fusées... Si les lanternes thaïlandaises sont actuellement les méprises les plus fréquentes, d’autres erreurs d’interprétation sont régulièrement recensées par le Geipan.

Selon Jean-Paul Aguttes, responsable de ce groupe d’études, les phénomènes aéronautiques (avions, ballons, lanternes, drones, etc.) expliquent de 40 à 50 % des cas étudiés. D’autres cas sont fréquemment expliqués par des phénomènes astronomiques (étoiles, planètes) ou météorologiques.

Dans son bureau, Mary-Pierre Desvignes, documentaliste pour le Geipan, a confectionné un « mur des émotions » sur lequel elle a affiché les photos et croquis fournis par les témoins de phénomènes étranges. Ses souvenirs les plus amusants ? « Un jour, une famille affolée a vu voler au fond de son jardin une gigantesque araignée. Le lendemain, les gendarmes ont retrouvé un gigantesque ballon en forme de coccinelle dans les buissons », sourit-elle. « Une autre fois, c’est une habitante de Marseille qui découvre une étrange soucoupe volante sur une photo de sa ville sous la neige. Il s’est avéré que l’ovni en question n’était que le reflet de l’abat-jour de sa cuisine dans la baie vitrée... »

Julie Guérineau

Rencontres du 3ème type aux repas ufologiques

À l’étage du Flunch de Jean-Jaurès en partie privatisé pour l’occasion, une soixantaine de passionnés d’ovnis écoute attentivement le témoignage troublant de l’intervenante du jour : Myriame Belmyr, présidente de l’association tarnaise Cero-France qui vient en aide aux victimes d’enlèvements extraterrestres.

Dans la salle tout juste débarrassée des plateaux-repas, des hauts-parleurs diffusent les derniers tubes à la mode, ce qui ne semble pas troubler la concentration des ufologues. Tous les deuxièmes mercredis du mois depuis près de 12 ans, les passionnés d’ovnis du département participent en nombre à ce repas ufologiquemis en place par la mystérieuse Isaure. « Les gens viennent parce qu’ils ont un réel intérêt pour le phénomène extraterrestre ou parce qu’ils ont vu ou vécu des choses et que ça les rassure d’être dans un groupe qui ne les juge pas », explique-t-elle.

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