C'était Barack Obama De "Yes we can" à "Yes We did"

Tout a une fin. Après huit années passées à la Maison Blanche, Barack Obama cédera la présidence des Etats-Unis à Donald Trump le 20 janvier prochain. L'occasion de revenir sur les grands moments de sa carrière politique, de 2004 à aujourd'hui, du Sénat au Bureau ovale.

2004: Obama entre au sénat

27 juillet 2004: Le candidat au Sénat Barack Obama prononce le discours de la Convention démocrate de Boston désignant John Kerry comme candidat du parti à l'élection présidentielle de 2004.

C'est en juillet 2004 que les américains découvrent Barack Hussein Obama II jusque là simple élu local de l'Illinois. Opposé à l'invasion de l'Irak en 2002, défenseur des homosexuels et des laissés-pour-compte, il a été désigné pour prononcer un discours lors de la Convention démocrate de Boston au cours de laquelle John Kerry est officiellement intronisé candidat du parti démocrate à l'élection présidentielle de novembre. Un discours, The Audacity of Hope, aussi remarquable que remarqué et qui permettra à ce petits-fils de domestique kenyan de se faire connaître au delà des quartiers de South Side à Chicago.

Le 2 novembre 2004, Barack Obama est élu au Sénat, il sera le cinquième homme de couleur à y siéger, le seul de cette législature. Il prêtera serment le 4 janvier 2005.

2007-2008: objectif Maison Blanche

Avec le temps qui passe, Barack Obama prend goût au pouvoir mais s'habitue difficilement à la politique partisane. L'homme se sent à l'étroit dans son habitus de sénateur. En janvier 2007, il annonce la création d'un comité de soutien à l'élection présidentielle de 2008, et le 10 février, annonce sa candidature à l'investiture démocrate. Celle-ci est cependant loin d'être acquise, au contraire, car en face de lui l'ancienne First Lady Hillary Clinton se verrait bien elle aussi à la tête du pays. Le combat semble inégal, d'autant que le parti semble choisi son camp.

C'est sans compter sur la forte mobilisation de nombreuses personnalités de la société américaine. De Robert De Niro à John Kerry, en passant par la présentatrice Oprah Winfrey, icone afro-américaine ou le milliardaire Warren Buffet, les peoples se bousculent pour le candidat. À la surprise générale Barack Obama remporte le caucus de l'Iowa, première échéance électorale des primaires et considérée comme baromètre de la tendance générale. Par la suite, il arrivera second dans le New Hampshire. Mais cette défaite demeurera dans les mémoires car c'est au cours du discours de défaite qu'il haranguera la foule avec le "Yes we can" devenu sa marque de fabrique par la suite.

Le 27 août 2008, Barack Obama est officiellement désigné candidat du parti lors de la Democratic National Convention à Denver au milieu d'une foule toute acquise à sa cause. Il est le premier afro-américain investi par un parti majeur pour la présidentielle.

Deux mois plus tard, le 4 novembre 2008, Barack Obama remporte l'élection présidentielle face au républicain John McCain avec plus de 9 millions de voix d'avance, 365 grands électeurs à 173.

Barack Obama a Grant Park, Chicago, lors de son discours après sa victoire à la présidentielle.

2009-2017: Président Obama

20 janvier 2009, Washington se prépare à accueillir la prestation de serment du premier président noir des Etats-Unis. Deux millions de personnes se pressent sur l'esplanade de trois kilomètres qui relie le Capitole au Lincoln Memorial. Le 44ème président américain veux se poser en rassembleur, "contrairement à son prédécesseur George W. Bush". Il prône le respect mutuel avec le monde musulman et annonce dans la foulée des mesures concrètes: retrait des troupes en Afghanistan et en Irak ainsi que fermeture de Guantanamo.

Le Capitole à Washington, l'autre symbole du pouvoir américain.

17 février 2009: 787 milliards pour relancer l'économie

Alors que la crise des subprimes de 2008 n'en finit plus de mettre à mal l'économie américaine, Barack Obama signe sa première mesure forte sous forme d'un plan de relance monumental. 500 milliards d'investissements publics et 287 d'allègements fiscaux. Des mesures nécessaires dans un pays où le chômage atteint 7,6% et où la croissance stagne. Huit ans plus tard, les Etats-Unis ont presque retrouvé le plein emploi et la croissance est repartie de plus belle.

Jeune, Barack Obama n'aimait pourtant pas sa signature...

9 octobre 2009: Le prix Nobel d'Obama

"Pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples" Barack Obama reçoit le prix Nobel de la paix 2009. Depuis son investiture, le premier afro-americain élu à la Maison Blanche s'efforce d'oeuvrer en faveur d'un monde sans armes nucléaires et d'un processus de paix israélo-palestinien. A coup de décisions fortes, il infléchit la politique étrangère américaine. Une distinction prématurée? Le Polonais Lech Walesa, lui-même lauréat en 1993, le pense.

23 mars 2010: L'Obamacare

C'était sans doute la mesure à laquelle Obama tenait le plus, symbole d'une Amérique qui prend soin de ses laissés-pour-compte. Surnommée Obamacare, cette assurance santé universelle n'est cependant pas l'équivalent de nos sécurités sociales européennes. Ce système de santé aide en fait les familles modestes à souscrire une assurance-maladie privée, inaccessible jusque là. Douze millions d'Américains en ont bénéficié jusqu'à présent. Mais la mesure ne plaît pas aux Républicains. Donald Trump a d'ailleurs fait de son abrogation l'un de ses chevaux de bataille lors de sa campagne électorale de 2016.

2 mai 2011: Elimination d'Oussama Ben Laden

Il aura fallu attendre presque dix ans. Dix ans de traque pour mettre la main sur le chef suprême d'al-Qaïda et commanditaire des attentats du 11 septembre 2001. C'est finalement au Pakistan que les Navy Seal, unité d'élite américaine, tueront Oussama Ben-Laden.

18 décembre 2011: Le dernier soldat US quitte l'Irak

Comme promis lors de son élection, Barack Obama met symboliquement fin à l'opération "Irak Freedom", le 18 décembre le dernier soldat américain quitte l'Irak. L'opération, lancée par George W. Bush en 2003, aura fait 4474 morts et 32 000 blessés dans les rangs de l'armée. 770 milliards de dollars auront été engloutis dans cette guerre pour trouver des armes de destruction massive qui n'existaient pas. Une décision encore critiquée actuellement car elle aurait permis à l'Etat islamique de s'implanter et de se développer sur les bords du Tigre et de l'Euphrate.

Barack Obama a réussi à se faire apprécier par les armées

14 décembre 2012: Les larmes d'Obama

Lors de son allocution en hommage aux 27 victimes de la tuerie de Newtown dans le Connecticut. Il fera mettre les drapeaux en berne jusqu'au 18 décembre. A plusieurs reprises au cours de ses deux mandats successifs Obama tentera de mettre fin à la libre circulation des armes aux USA. Mais la NRA ( National Rifle Association), cette association créée en 1871 et l'un des plus puissant lobby des USA possède un réseau de soutien à tous les niveaux du pouvoir. Nombreux sont les membres du Congrès soutenus par la NRA, en contrepartie ceux-ci s'assurent qu'aucune législation limitant la circulation des armes à feu ne puisse être votée.

7 juin 2013: L'affaire Edward Snowden

Coup de tonnerre dans le petit monde du renseignement, un ancien employé de la NSA, la National Security Agency, Edward Snowden, révèle au monde entier l'existence de Prism, un vaste programme de surveillance mondiale qui n'épargne personne, pas même les chefs d'Etat, dont Angela Merkel.

Sans doute l'homme le plus recherché par les Etats-Unis, Edward Snowden dans un hôtel quelque part dans le monde.

17 décembre 2014: Rapprochement avec Cuba

17 décembre 2014: Barack Obama et Raoul Castro annoncent leur volonté commune de normaliser leurs relations. Une déclaration saluée par la communauté internationale qui voit là l'occasion de mettre fin à l'u des derniers vestiges de la guerre froide, l'embargo économique que Washington impose depuis 1962 à La Havane. En rompant avec leur politique d'hostilité à l'égard de Cuba, les Etats-Unis veulent mettre fin à leur isolement sur un dossier cubain qu'ils étaient quasiment les seuls à défendre. "Ni le peuple américain ni le peuple cubain ne tirent bénéfice d'une politique rigide héritée d'événements qui ont eu lieu quand la plupart d'entre nous n'étaient pas nés.Nous ne nourrissons pas d'illusions sur le régime… Je n'attends pas de changement de la société cubaine en 24 heures. Todos somos americanos". Près d'un an plus tard, Air Force One atterrit sur le tarmac de l'aéroport José Mari de la Havane.

L'affiche réalisée à Cuba après la venue de Barack Obama à Cuba en 2016

14 juillet 2015: Accord nucléaire avec l'Iran

"Je suis au début de mes travaux sur la scène mondiale" : en recevant son prix Nobel de la paix à l'aube de son premier mandat, Barack Obama prenait acte de la controverse suscitée par cette récompense surprenante. Près de six ans plus tard, il tient, grâce à l'accord scellé avec Téhéran sur son programme nucléaire, un succès diplomatique de taille qui éloigne la perspective d'une intervention militaire aux conséquences imprévisibles dans une région profondément instable.

Le 44ème président américain peut légitimement y voir la traduction concrète de l’un des principes fondamentaux de sa politique étrangère: donner sa chance au dialogue, même avec les ennemis de l'Amérique.

23 février 2016: "Fermer Guantanamo"

C'était l'une de ses promesses de campagne. Mais sept ans plus tard et à moins de dix mois de son départ de la Maison Blanche, la fermeture de Guantanamo n'est toujours pas une réalité. Le 22 janvier 2009, soit à peine deux jours après son investiture, Barack Obama avait pourtant signé un décret présidentiel ordonnant la fermeture, dans un délai de douze mois, du centre de détention de Guantanamo situé sur l’île de Cuba et ouvert par son prédécesseur, George W. Bush, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

C'était Obama...
Created By
Sandro Faes Parisi
Appreciate

Credits:

RTBF/BELGA/AFP/White House

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