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Don't blink 2014 – États-Unis. Réalisation : Travis Oates. Scénario : Travis Oates. Avec : Joanne Kelly, Brian Austin Green, Zack Ward, Fiona Gubelmann, David de Lautour.

Frustration et plaisir sont-ils compatibles au cinéma ?

Peut-on apprécier un film qui ne nous donne jamais ce qu'on en attend ? Au sortir du visionnage de Don't blink, on a tendance à penser que oui.

We're all gonna be erased

Dix amis se rendent pour le week-end dans une auberge très isolée. Arrivés sur place, ils se rendent compte qu'il n'y a pas âme qui vive dans les environs. Pas même des oiseaux ou des insectes. N'ayant pas assez d'essence pour pouvoir repartir, ils fouillent les environs. Jusqu'à ce que l'un d'eux disparaisse sans laisser de trace. Le premier d'une longue série.

Don't blink est l'un de ces films qui prouvent que le cinéma d'horreur indépendant a vraiment de bonnes choses à proposer. Complètement à contre-courant des tendances actuelles du cinéma d'horreur « grand-public », Don't blink propose une expérience un peu à part.

Ici, pas de jump-scare précédé d'une musique frénétique. Pas de gore outrancier (il y a bien un peu de sang mais bon), On se trouve face à une horreur de situation. Une horreur sourde, moins grandiloquente que ce que l'on est habitué à voir. Mais mettez vous à la place des personnages.

I don't know where they go when they disappear

Vos amis disparaissent sans laisser de trace. Vous n'avez aucune idée de ce qu'ils deviennent, ni de comment il s'évanouissent dans la nature. Seule chose dont vous êtes certain : vous pourriez être le prochain. Une vraie horreur. Profonde. Pas de l'effroi prémâché pour montagnes russes cinématographiques.

Se développant de façon très lente, Don't blink réussit sans peine à nous faire entrer dans son mystère. « Que se passe-t-il dans cette auberge ? » On a envie de savoir, ce qui nous emmène d'un bout à l'autre du visionnage sans trop d'encombres, malgré des longueurs. Une prouesse permise aussi par la caractérisation des personnages.

Huis-clos oblige, on voit les mentalités évoluer, un peu à la manière d'un Brume. Folie naissante, terreur paralysante, impuissance... Le nombre important de personnage permet des évolutions variées. Celle du personnage d'Alex est celle qui sert le mieux le propos du film, centré sur cette terrible question : « Qu'est-ce-que je vais laisser derrière moi ? » L'interprétation est au diapason, et aucun faux-pas n'est à noter.

Mais surtout, le principal atout de séduction de Don't blink, c'est de réussir à surprendre le spectateur par l'ordre des disparitions. Meilleur exemple : la première. Peu de spectateurs auraient parié que tel personnage allait quitter la scène en premier. Et ça continue durant tout le film, si bien qu'à un moment, on n'ose même plus prendre les paris.

Le seul vrai problème de Don't blink, c'est d'avoir choisi de rester dans le flou. Tout au long du film, on attend une explication qui ne viendra jamais. On n'a que très peu d'indices nous permettant de faire notre propre interprétation, d'où le côté frustrant du long-métrage. On aurait aimé en avoir un peu plus.

Une finale ouverte qui ne résout rien

Heureusement, quand on a compris qu'on n'aurait aucune réponse, le rythme du film s'est déjà assez accéléré pour qu'on reste accroché. La finale, ouverte, est bien menée et clôt l'histoire de façon satisfaisante, bien qu'encore une fois, le fait de n'avoir aucune réponse soit sur le moment très frustrant.

L'anecdote

Il s'agit du premier long-métrage réalisé par Travis Oates. Celui-ci est principalement connu en tant que voix de Porcinet, dans les films Winnie l'ourson de Walt Disney.

Don't blink décevra ceux qui cherchent des sensations fortes, mais séduira sans mal les amateurs de mystère en tout genre. Sans être parfait, il parvient tout de même à instiller une atmosphère efficace, tendue et prenante.

Dans le cinéma d'horreur actuel, Don't blink est une surprise. Une bonne surprise.

3,5/5

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