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La vaccination au stade départemental Robert Poirier

Au début du mois d’avril, le stade départemental Robert Poirier, situé à Villejean, a été transformé en vaccinodrome. L'objectif ? Accompagner l’accélération de la campagne de vaccination. L’opération entreprise par la préfecture, en étroite collaboration avec le Département et le Service Départemental d’Incendie et de Secours d’Ille-et-Vilaine (SDIS 35), a permis de vacciner plus de 70 000 personnes (au 7 juin). La vaccination va être amenée à s’intensifier davantage, le nombre de personnes vaccinées quotidiennement au stade va doubler. Retour sur une mobilisation exceptionnelle.

De stade d’athlétisme à vaccinodrome

Au début de la vaccination, le stade Robert Poirier a rapidement représenté le lieu idéal pour mettre en place un vaccinodrome comme l’explique David Magré, responsable au stade Robert Poirier : « Le stade répondait aux principales exigences requises par les autorités. Il s’agit d’une infrastructure de grande capacité, très accessible, avec du stationnement. La surface disponible est suffisamment modulable pour garantir une bonne organisation des flux, des espaces ».

Suite à la visite technique (réalisée conjointement par les pompiers et la préfecture), il a été décidé de transformer le stade en centre de vaccination. L’installation a été réalisée en 8 jours. Pour cela, il a fallu déplacer de nombreux équipements de sport, et poser 1 600 m² de dalles de moquette pour protéger la piste. La signalétique, élément déterminant pour assurer le bon déroulé du parcours, a été réalisée en un temps record par le service éditions pluri-média du Département.

David Magré souligne par ailleurs l’attention portée aux sportif.ves s’entraînant alors au sein du stade : « Nous ne pouvions pas oublier les athlètes de très haut niveau qui utilisaient encore les installations. Ensemble, nous avons trouvé des solutions afin que quelques-un.es puissent poursuivre leur entraînement sans déranger aucunement les opérations de vaccination ».

Médecins, infirmier.es, sages femmes et puériculteur.rices : tous piqueur.euses !

Les pompiers du SDIS 35 se chargent de l’organisation de la vaccination, mais d'autres acteur.ices sont impliqué.es : Agence Régionale de Santé, Caisse Primaire d’Assurance Maladie, Ville de Rennes. De son côté le Département d’Ille-et-Vilaine, qui prête le stade, a mobilisé ses agent.es. Des professionnel.les de santé (médecins, infirmières, sages-femmes et puéricultrices) ont été appelé.es en renfort. Pour certain.es, la vaccination ne fait pas partie de leur quotidien. Une formation a été proposée afin de se remettre en mémoire les bons gestes à effectuer pour la réalisation d’une vaccination intramusculaire. Une petite piqûre de rappel !

Chaque jour, 45 sapeurs pompiers sont mobilisés au centre de vaccination
Lors de la formation, les personnels médicaux et paramédicaux ont pu bénéficier d'un rappel théorique, puis d'une mise en situation pratique du geste de l'injection.

Les agent.es non médicaux.ales ont eux.elles aussi été mobilisé.es. Iels sont chargé.es de réaliser des tâches de gestion simples : vérifier l’identité du patient, enregistrer son dossier, éditer le certificat de vaccination. Si l’aide apportée est précieuse, elle permet aussi aux agent.es de se sentir impliqué.es dans cette période hors du commun. Pour Céline Pellerin, responsable du service missions transversales RH, il était nécessaire d’apporter sa pierre à l’édifice : « J’avais bousculé mon agenda, décalé des rendez-vous pour trouver un créneau. Il me paraissait important de montrer l’exemple ».

À leur arrivée, les agent.es sont informé.es de leur mission, et peuvent toujours se tourner vers un médecin en cas de question. Ici, pas de place pour le stress ! L’ambiance est détendue, comme nous l’explique Guillaume, agent administratif mobilisé le jour du passage aux 3000 doses :

« Ici, on me demande de valider la dernière étape de vaccination, juste avant que les gens puissent ressortir, pour que la vaccination soit notifiée. Nous avons reçu une petite formation : quelqu’un nous a accueilli à notre arrivée et nous a expliqué le petit protocole à suivre. C’est quelque chose de très simple et de bien organisé. De manière générale, je trouve que l’organisation de la vaccination est très bonne car il n’y a pratiquement pas d’attente. Les gens sont vraiment tous satisfaits et l’atmosphère ici est très sereine. »

À chaque instant, 18 agents départementaux sont présents sur le site : 2 médecins, 4 piqueurs et 12 agents administratifs.

Une organisation millimétrée

Ce qui ressort en premier lorsqu'on se rend sur les lieux, c'est la précision de l'organisation. Devant le stade, les patient.es entrent toutes les 5 minutes, à l'heure pour leur rendez-vous. Cela permet d'éviter un brassage trop important au sein du stade. Une fois entré.es, les patient.es enchaînent quelques étapes rapides : vérification de l'identité, remplissage d'un petit questionnaire et une petite discussion avec le médecin ou un.e infirmie.re avant d'être vacciné.es. Les vacciné.es se voient ensuite remettre une attestation, puis se dirigent vers la salle de surveillance.

Christelle Bondis est directrice administrative et financière au SDIS 35. Selon elle, même si tout semble calme en apparence, la vaccination avance sur les chapeaux de roues : « Ça ne saute pas aux yeux quand on est sur place car tout est fluide, mais on tient un rythme élevé de vaccination. Au départ, on vaccinait 9 personnes toutes les 5 minutes, on est monté.es à 14 et on va passer à 24 vaccinations toutes les 5 minutes. Il y a un flux continu et on a donc, à quelques exceptions près, presque toujours le même nombre de patient.es. La grande force des pompiers est l’adaptabilité. Tous les rôles sont bien répartis et optimisés. »

Si elle loue la capacité d’adaptation de ses collègues du SDIS 35, elle n’en oublie pas pour autant de saluer le travail des agent.es du Département : « La mobilisation des collègues du Département a été précieuse, et a participé à accélérer la vaccination. Ceux qui viennent plusieurs fois gagnent en expérience sur place, et peuvent même encadrer des équipes. Ce qui est amusant, c’est qu’on se retrouve ici avec des agent.es qui dirigent leur chef.fes »

Par précaution, il est demandé aux personnes vaccinées de se reposer durant 15 minutes dans un espace prévu à cet effet avant de pouvoir quitter le stade. Nous y retrouvons Thibaud. Le jeune homme nous explique avoir apprécié le calme et la pédagogie des équipes : « J’ai trouvé que la vaccination était vraiment bien organisée, et les personnes ici sont très sympa. On est très bien informé, surtout avec les informations qu’on reçoit en amont. L’atmosphère était détendue, tout ici est fait pour éviter le stress ou les sentiments négatifs. C’est aussi très peu bruyant ! »

Non loin de là, Nathalie et sa fille Youna, qui viennent de recevoir leur première dose, profitent de la salle de repos pour échanger quelques mots. Nathalie nous confie avoir été agréablement surprise par la qualité de l'organisation : « On a pris rendez-vous il y a 3 ou 4 semaines. Ici, la vaccination a été très rapide, on a pu être prises en charge à peine 5 minutes après notre entrée dans le stade et tout s'est enchaîné très vite. J'ai trouvé le personnel très sympathique et accueillant ». Lorsqu’on lui demande ce dont elle a le plus hâte après la sortie de crise, Nathalie répond sans hésiter « enlever le masque ! », ce à quoi Youna s’empresse d’ajouter « et sortir tard le soir ! ».

3000 doses depuis le 7 juin

Depuis le 7 juin, le stade Robert Poirier accélère à nouveau le rythme en passant à 3000 vaccinations par jour (deux fois plus qu'au début de la campagne). Selon le lieutenant- colonel Laurent Benedittini, un des responsables du centre de vaccination, il s'agit d'une étape importante, qui a nécessité une adaptation particulière : « Le passage aux 3000 doses nous a amenés à doubler nos effectifs par rapport au début de la campagne de vaccination. À l’origine, ce palier devait avoir lieu le 14 juin mais nous avons reçu des doses supplémentaires plus tôt. Nous avons dû nous adapter rapidement pour pouvoir être prêts à temps. »

Selon lui, la campagne de vaccination avance à bon rythme, et presque sans encombres : « Hier soir à la fermeture, nous en étions à 72857 doses injectées depuis le début. Bien sûr c’est un chiffre qui évolue continuellement, à mesure que les personnes sont vaccinées. Les patient.es sont satisfait.es, même très satisfait.es. Il y a toujours un.e ou deux ronchon.nes, mais pour le reste les retours sont très bons. »

Vaccination Covid-19 : Comment prendre rendez-vous ?

Désormais, toutes les personnes majeures peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre la COVID-19. Pour cela, il est conseillé de passer par la plateforme Doctolib, et de réaliser la prise de rendez-vous en ligne auprès d’un centre de vaccination. Pour les personnes ne pouvant pas ou ne voulant pas effectuer une prise de rendez-vous en ligne, un numéro vert a été mis en place : 0800 009 110 (ouvert de 6 heures à 22 heures, 7 jours sur 7). Les personnes de 55 ans et plus peuvent se faire vacciner avec AstraZeneca, Janssen, Moderna et Pfizer-BioNTech. Les personnes de moins de 55 ans peuvent se faire vacciner avec les vaccins utilisant la technologie ARN Messager (Moderna et Pfizer-BioNTech).