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Dans la bibliothèque de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes Photos Evelyne Jousset

A l'accueil de la ZAD, sur le lieu dit de la Rolandière, au pied du phare qui semble sorti d'un film de Tim Burton une bâtisse.

Au rez-de-chaussée des représentants du mouvement anti-NDDL organisaient une conférence de presse pour appeler à manifester le 10 février 2018. Une date symbolique. La Déclaration d’Utilité Publique du projet d’aéroport arrivera à son terme, si les travaux ne sont pas lancés d’ici là. Ils attendent la décision du gouvernement et espèrent fêter, ce jour-là, la fin de la DUP et du projet d'aéroport.

Là, il s'agit d'occuper le terrain. Montrer que par delà la décision importante qui doit être prise, c'est une autre société qui est ici en préparation, loin de la mondialisation.

Pendant qu'au rez-de-chaussée la conférence se poursuit, balade au premier étage.

Le monde ou rien - une phrase qui semble symboliser ce lieu et ces rayonnages. Parfaitement classés, des centaines d'ouvrages de références, sur la culture populaire, l'histoire, les mouvements sociaux, les philosophies, des biographies de penseurs, révolutionnaires, des documents économiques. Toute une documentation pour s'inspirer et éclairer un mouvement.

Rien n'est oublié de l'histoire du monde social. A croire que les "zones à défendre", terme créé de toute pièce, ici même, pour contre balancer la "zone d'aménagement différé", obéissent à un raisonnement qui se nourri de l'Histoire.

Edouard Philippe annonçait la fin du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 17 janvier 2018, à 13h41. Il s'agit d'une " décision d'apaisement, elle doit être l'occasion d'un nouveau départ, l'occasion de construire différemment, intelligemment ". Des mots qui se rapprochent de ceux prononcer par les porte-parole de l'Acipa, ce 16 janvier.

Pour comprendre: le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes était la plus ancienne cause de France. Le choix du site remonte à 1967. Les élus se donnaient vingt pour créer ce nouveau site. Lorsque l’Etat dévoile le projet aux habitants de la zone, en 1972. C'est la début d'une prise de conscience chez les agriculteurs. Ils créent l'ADECA "Association de Défense des Exploitations Concernés par le projet d'Aéroport". Le Conseil général acquiert une partie des terrains en 1974. Contrairement au Larzac et à Plogoff qui vont dans les années 70 faire exploser la contestation citoyenne, Notre-Dame-des-Landes se mettra en sourdine. C'est Lionel Jospin qui relance le projet en 2000 décidant que que l’aéroport devra être achevé dans les dix ans. La contestation, beaucoup plus intellectuelle qu'au départ, se remobilise. La première maison occupée, le 5 août 2007, sera “Le Rosier”. Riverains historiques et militants altermondialiste vont mener le combat, parfois débordés par des éléments radicaux.

La DUP a été abandonnée. Les zadistes se sont engagés à nettoyer la route D281 des chicanes qui la bloque. L'Etat veut mettre fin à la zone de non droit qui sévit dans le bocage. Les agriculteurs pourront récupérer leur terres si ils le souhaitent. les squatter devront quitter eux mêmes les terres qui ne leur appartiennent pas. Des projets agricoles sont encouragés et pourront être mis en place dès le mois d'avril 2018.

La bibliothèque de la ZAD est ouverte aux étudiants et aux chercheurs désireux de comprendre un mouvement qui conclu un projet né il y a 50 ans.

Credits:

Evelyne Jousset

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