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Bouilloires et appareils-photo à Karasu, au Kirghizistan Rachael Mather, Première Compagnie de microcrédit

Lorsque mes amis et ma famille ont imaginé ma vie au Kirghizistan, ils ont imaginé que je travaillerais « sur le terrain ». Cependant, ma vie quotidienne est bien différente de cela. Je travaille en tant qu’associée en recherche et développement de produits au siège social de la First Micro Credit Company (Première Compagnie de microcrédit, ou FMCC), situé à Osh, la deuxième ville du pays. Bien que le travail que j’ai effectué derrière mon bureau ait été significatif, ce fut réellement extraordinaire de rendre visite à certains de nos clients dans le cadre des entrevues annuelles Qualité de vie.

Étant donné mon niveau débutant en russe et en kirghize, mon rôle durant ces visites consistait à observer et prendre des photos, afin d’acquérir une meilleure compréhension de nos clients. Par une journée brumeuse d’octobre, nous avons traversé la région montagneuse de Karasu en passant des troupeaux de moutons et de vaches. Nous avons eu la chance de rencontrer quatre clients de microcrédit ce jour-là, chacun avec une histoire unique sur l’impact des prêts dans leurs vies.

Perizat et Liliya.

J’ai aimé rencontrer ces quatre clients, en particulier Perizat, une mère de 35 ans qui nous a généreusement invités dans son salon pour l’entrevue. Pendant que ma superviseuse, Liliya, menait la longue entrevue en kirghize, ma collègue Rahat prenait des notes détaillées. J’étais la photographe de fonction, et je me suis rapidement liée d’amitié avec deux de ses filles, Burulay et Nurpary, âgées de 5 et 8 ans. Fidèles à leur âge, elles étaient fascinées par l’appareil-photo, et nous avons commencé notre séance de photos. Nous avons posé avec nos meilleures expressions de guignols, et les deux filles ont adoré être derrière la lentille. Deux jeunes filles réellement heureuses.

Elles avaient beaucoup moins de possessions matérielles que des Canadiennes moyennes de leur âge, mais elles débordaient d’amour et de joie. En fait, ce n’est que maintenant, lorsque j’y réfléchis, que je m’aperçois de ces différences matérielles, parce que sur le coup, j’ai été si touchée par leur effusion de joie. Il s’agit d’un bon rappel qu’il n’y a pas de lien entre l’abondance matérielle et le bonheur. La joie et le contentement viennent plutôt des relations aimantes dans nos vies.

Comme le veut la traditionnelle hospitalité kirghize, dès que l’entrevue officielle a pris fin, la bouilloire a été placée sur le poële, et une nappe est apparue sur la table, ainsi que du thé chai, du miel et du pain naan fait maison. Tandis que nous siropions notre thé chaud, Perizat m’a demandé de raconter mon histoire, et elle a été heureuse d’apprendre à quel point j’aimais vivre dans son pays. Nous avons échangé pendant quelques minutes et nous sommes excusées afin de passer à l’entrevue suivante.

Une fois de retour dans la voiture, j’en ai appris un peu plus sur Perizat. Elle en est maintenant à son sixième prêt de la FMCC. Ces fonds et beaucoup de travail ardu ont permis à sa famille de prospérer. Elle a obtenu son premier prêt (l’équivalent de 950 $CA) tout juste après son mariage. Son mari et elle ont utilisé cet argent pour terminer la construction de leur première maison familiale. Lorsqu’elle a fait son dernier paiement de remboursement sur ce premier prêt, elle a obtenu un prêt agricole, puis quatre prêts d’élevage. Chaque prêt consécutif lui a permis d’acheter de nouveaux animaux. Les vaches additionnelles lui ont permis non seulement de fournir des produits laitiers à ses enfants, mais également de générer des revenus stables par le biais de la vente de produits laitiers et de vaches. La croissance de son cheptel a éventuellement permis à son mari d’acheter un petit camion et de devenir chauffeur autonome, ce qui a généré des revenus stables pour la famille. Perizat est non seulement une femme incroyablement déterminée et généreuse, mais également un brillant exemple du pouvoir de la microfinance dans la vie des gens.

Perizat et du pain naan pour ses voisins, Nurpary et moi

Dans cette même conversation, j’ai également appris qu’un parent de Perizat lui avait demandé un prêt, et qu’elle lui avait généreusement donné la moitié de son troisième prêt. La culture kirghize est collectiviste, ce qui signifie que les besoins communautaires et familiaux passent devant les besoins individuels. Les demandes de la part d’amis ou de proches sont presque toujours remplies, même si cela occasionne des inconvénients. Voilà pourquoi il est souvent difficile d’épargner, puisqu’il y aura toujours quelqu’un qui a besoin de quelque chose, et refuser d’aider n’est pas vraiment une option. Je n’ai donc pas été si surprise lorsque j’ai appris qu’il avait demandé une somme si importante à Perizat. Cependant, ce qui m’a réellement épatée est le fait qu’elle n’a jamais manqué un seul paiement, même lorsque son proche a déménagé à l’autre bout du pays sans la rembourser. Pour moi, il s’agit là de la définition de la résilience, et d’une preuve de plus que lorsqu’on leur en donne la chance, les femmes peuvent réussir à peu près n’importe quoi.

Mes interactions avec chaque client ce jour-là ont été limitées, mais je suis reconnaissante d’avoir eu l’occasion de les rencontrer. De retour à mon bureau quelques mois plus tard, ces visites influencent encore les propositions de marketing que je rédige ainsi que mes analyses des données sur la satisfaction de nos clients. La microfinance n’est pas la réponse aux problèmes du monde entier, mais j’ai vu de mes propres yeux son effet bénéfique sur la vie de nombreux Kirghizes entreprenants. Pour ces familles, ces prêts ont fait une énorme différence.

Rachael Mather faisait partie de la cohorte 2016-2017 du Programme de bourses internationales pour les jeunes. Elle a été placée chez First Micro Credit Company à Osh, au Kirghizistan.

Depuis 1989, la Fondation Aga Khan Canada (AKFC) aide à former de jeunes leaders canadiens dans le domaine du développement international grâce à son programme de bourses internationales pour les jeunes.

Credits:

Rachel Mather

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