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Night Wolf 2010 - Royaume-Uni. Réalisation : Jonathan Glendening. Scénario : Adam Philips. Avec : Isabella Calthorpe, Joshua Bowman, Peter Gadiot, Gemma Atkinson

Le loup-garou est l'un des antagonistes préférés du cinéma d'horreur. Depuis The Werewolf, sorti en 1913, nombreux sont les longs-métrages qui ont pris pour sujet la transformation de l'homme en un être bestial et assoiffé de sang. Ceci dit, ces dernières années, la qualité des productions traitant du loup-garou a nettement baissé et on sent que le sous-genre a du mal à se réinventer. La preuve avec Night Wolf, film anglais sans aucun intérêt.

Loup y es-tu ?

Sarah vit aux Etats-Unis, mais elle est revenue passer deux semaines avec sa famille, en Angleterre. Elle y retrouvera sa mère, son beau-père et ses trois demi-frères. Mais dès qu’elle arrive, elle se rend compte que le climat est étrangement tendu.

Sa mère est absente pour le week-end. Il n’y a que son beau-père, Doug, Gary et Emily, d’anciens amis, ainsi que ses trois frères dont Steven, qui se fait un devoir de la mettre en rogne. Dehors, la tempête s’accorde merveilleusement à l’humeur des personnes présentes. Mais lorsqu’elles seront attaquées par une bête sanguinaire, elles seront obligées de se serrer les coudes malgré les disputes.

Night Wolf est une énorme perte de temps. Devant le long-métrage de Jonathan Glendening, on ne ressent rien. On n’est surpris par rien. On ne s’intéresse à rien. Bref, dans Night Wolf, on n’aime rien.

Le problème de ce film, c’est qu’il semblerait que l'équipe du film n’ait pas été d’accord sur le type d'oeuvre qu’elle voulait créer. On a d’un côté la volonté d'offrir un film d’ambiance : maison immense et lugubre, lumières ne provenant que de flammes ou de lampes torches, soir de tempête, tensions dans la famille etc… Et de l’autre, on a le film violent : sang partout, boyaux arrachés, scènes intenses de poursuite…

Il a fallu faire des concessions des deux côtés, et ça se voit. Glendening a bien tourné des scènes d’action, mais il l'a fait il ne les a absolument pas soignées. Le montage est tellement nerveux et la caméra tellement mouvante qu’on ne comprend rien. Pour le sang, c’est pareil. On voit des plans de cadavres, mais de manière tellement fugitive que l’on a même pas le temps de se demander si les effets spéciaux sont bons ou pas.

Des twists qui ne surprennent pas

Du côté scénario, là aussi il y a des sacrifices : scènes de calme absolument inintéressantes entre les poursuites, deux twists vus à des kilomètres qui sont là pour « surprendre » le spectateur, scènes d’engueulades trop présentes qui gâchent le rythme. On se retrouve avec un film hybride, qui n’amalgame pas correctement deux visions opposées et qui, du coup, n’a pas d’intérêt.

Le plus gros défaut du film, ce sont ces fameuses tensions familiales. Elles sont indispensables au déroulement de l’histoire mais ne font que ralentir le rythme et sont parfois carrément gonflantes. Pour vous donner une idée, la scène d’exposition se passe comme ça. Sarah s’engueule avec Steven, Charly semonce son grand frère, Gary parle mal à Emily, Emily s’engueule avec Sarah. Répétez ce schéma pendant 1h30 en intervertissant les noms et vous aurez une assez bonne idée de ce qu’est Night Wolf.

Surtout que les personnages sortis de l’imagination du scénariste Adam Philips sont absolument insupportables ! À aucun moment on ne s’attache à eux et, bien souvent, leurs réactions nous semblent complètement stupides et invraisemblables. Même Sarah, qui est quand même notre héroïne, tape rapidement sur les nerfs, avec son côté grande sœur moralisatrice. Seul le personnage de Doug, le vieux copain fumeur de joints, est un peu attachant. Et peut-être aussi le chien. Et c’est tout.

Il faut dire qu’ils sont interprétés par des acteurs mauvais au possible. La palme de la médiocrité revient à Peter Gadiot, qui nous interprète un Steven à qui on a juste envie de botter le cul jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les autres sont très inégaux, passant du pas trop mauvais au médiocre.

Notons aussi que ce film contient l'une des morts les plus stupides mises sur pellicule ces dernières années. En effet, alors que l'un des personnages vient d'échapper de justesse à une attaque de la bête, il appuie accidentellement sur le gachette d'un fusil, se tirant une balle en pleine tête. Ça vaut au moins un Darwin award.

L'impression d'être pris pour des idiots

Parlons enfin des fameux twists, qui sont au nombre de deux. Nous avons là la preuve parfaite que certains cinéastes prennent leurs spectateurs pour des cons. Messieurs, si vous voulez vraiment nous surprendre, évitez de recréer des situations vues dans des milliers de films auparavant.

Et puis, donner des indices, c’est bien. Encore faut-il que ceux-ci soient assez subtils pour mettre le doute, plutôt que tellement évidents que l’on connait la réponse avant même que vous ayez fini de poser la question !

L’équivalent mathématique des twists de ce film, ce serait un truc du genre 2+2= ? Indice : Le résultat est un nombre entier, supérieur à 3, mais inférieur à 5. Vous avez droit à la calculatrice. Si vous subissiez ça lors d’un examen, vous vous sentiriez vraiment pris pour un débile profond. Eh bien là, c’est pareil.

L'anecdote

Le scénariste Adam Philips n'a que peu d'expérience dans le monde du cinéma, puisqu'avant Nigth Wolf, il n'avait pas travaillé sur un scénario depuis un court-métrage intitulé Lean on me, sorti en 1991.

Pas de cohérence, pas d'originalité, pas de grande scène donc pas d'intérêt. Night Wolf ne mérite définitivement pas que les spectateurs s'attardent dessus.

0,5/5

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