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La Hulpe Quand les humains et la nature s'entraident

Les humains ont toujours eu besoin de la nature pour survivre. Aujourd'hui, la nature a également besoin de l'aide des humains pour survivre aux changements apportés par leurs activités. Dans la commune de La Hulpe, on peut observer plusieurs exemples de cette dynamique entre les citoyens, la faune et la flore.

La rivière argentine

La rivière Argentine traverse toute la commune de La Hulpe et lui donne d’ailleurs son nom. La Hulpe est dérivée de « La Helpe » une expression celte qui signifie « rivière d’argent ». Les eaux de l’Argentine proviennent de la Station d’Épuration de Waterloo située à moins de 10 km de la commune ainsi que d’une source du Domaine d’Argenteuil qu’elle traverse. La rivière Argentine termine sa course en se jetant dans la Lasne.

Le Contrat de la rivière argentine

En Wallonie, on dénombre 14 « contrats de rivières ». Le Contrat de Rivière Argentine (CRA) est une association créée en 1992 qui a fêté ses 25 ans cet automne. Le CRA a pour mission « la dépollution de l’Argentine, un meilleur aménagement de ses rives et de ses berges, un assainissement des étangs de la vallée et une protection de la flore, de la faune et des paysages », explique M. Moreau et M. Houvenaghel sur le site de l'organisation.

Hugo Moreau

HUGO MOREAU, président du cra

« Je suis né dans une forêt, l’amour de la nature est dans mes gènes » - Hugo Moreau

Résident de La Hulpe depuis 1996, Hugo Moreau a commencé son implication bénévole dans sa commune en 2006 avec la Commission consultative communale d'aménagement du territoire et de mobilité (CCATM). Un an plus tard, en 2007, il rejoint le CRA à titre de membre délégué par la CCATM et y rencontre Guy Houvenaghel, professeur émérite de zoologie aquatique à l'Université Libre de Bruxelles et membre fondateur du CRA. « C'est avec lui que j'ai fait mes premiers pas dans les analyses de la qualité de l'eau », se remémore Hugo Moreau, maintenant président du CRA depuis 2012.

Hugo Moreau, président du CRA
Le bénévolat

Joindre l'utile à l'agréable

Le deuxième samedi de chaque mois, Hugo Moreau et une poignée de bénévoles se rendent au sentier du Pont Cassé, près du Centre sportif de La Hulpe, pour prodiguer les soins constants que nécessite la précieuse Argentine. Les bénévoles travaillent fort tout l'avant-midi avant de se récompenser avec un petit apéro bien mérité sur l'heure du midi. Pour ces bénévoles, il s’agit d’une belle occasion d'aider la nature, de profiter de l'air frais et de socialiser.

Samedi le 17 novembre

Fidèles au poste, les membres du CRA se retrouvent ce samedi encore au sentier du Pont Cassé pour enlever les bâches vertes installées avant l’hiver dernier. « Elles s'effritaient et avaient terminé leur mission », explique Hugo Moreau. Ces bâches faisaient partie d’une stratégie pour lutter contre une plante envahissante : la Fallopia x bohemica, plus connue sous le nom de renouée asiatique. Les bâches devaient l’« étouffer suffisamment pour permettre une gestion par arrachage », explique le président du CRA.

Fallopia x Bohemica

Depuis 2010, M. Moreau assiste à tous les ateliers et formations qu’il trouve sur les plantes invasives. Il collabore activement à la lutte contre la renouée asiatique : « elle étouffe toute la végétation indigène et cause un effritement des berges. N'ayant aucun ennemi naturel en dehors de sa région originale, le Japon, elle se répand très vite à partir d'un petit bout de rhizome », explique Hugo Moreau.

M. Moreau et une partie de la renouée asiatique.

En plus des bâches installées pour étouffer cette plante envahissante, les membres du CRA ont planté « le noisetier, le cornouiller et la pétasite », des plantes faisant compétition à la renouée asiatique. Leur stratégie semble fonctionner. La présence de la renouée asiatique devient gérable, mais nécessite encore un arrachage mensuel.

DEs efforts constants

Avec l'aide de la commune de La Hulpe, le CRA a installé des panneaux informatifs au fil des sentiers longeant l’Argentine. Ceux-ci expliquent aux promeneurs l'histoire de cette rivière et témoignent des actions posées par le CRA dans le but de la préserver. Les panneaux invitent également les intéressés à rejoindre les membres du CRA pour participer aux activités aux bords de la rivière Argentine, au sentier du Pont Cassé, chaque deuxième samedi du mois. Selon Hugo Moreau, la lutte contre la renouée asiatique et l'entretien du site du Pont Cassé seront encore dans les priorités du CRA cette année.

Rivière Argentine, sentier du Pont Cassé, à La Hulpe.

Les rÊnes de la vie

Située au Domaine Solvay dans la commune de La Hulpe, Les Rênes de la Vie est une association sans but lucratif (ASBL) fondée par Marie-Claire de Selliers en 1982. « Elle voulait trouver un endroit où des enfants différents puissent se rencontrer », raconte Astrid Everarts, hippothérapeute pour l'ASBL. « Alors elle s’est dit : quoi de plus facile que de les faire se rencontrer autour du cheval ! »  Les Rênes de la Vie est donc l’agencement d’un poney-club et d’un centre d’hippothérapie. La majorité de leurs groupes viennent de Bruxelles et de la région du Brabant-Wallon. « Les gens font facilement 25 à 30 km pour venir ici », affirme Astrid.

L'hippothérapie

« Faire de l’hippothérapie, ce n'est pas simplement monter à cheval. C’est d’abord un travail relationnel. C’est la relation qui va nous aider à aller chercher le meilleur de l’enfant », explique Astrid Everarts. Leur clientèle est composée d'enfants avec divers degrés de handicap, allant du trouble de comportement au polyhandicap sévère. Le but est « le développement physique, affectif et psychomoteur d'enfants valides et moins valides », explique le dossier d'accueil de l'ASBL.

« Il y a des tas d’enfants qui ne tiennent pas assis, mais sur le cheval en mouvement, si tu les as bien installés, ils tiennent tout seuls. Et ça, c’est quand même incroyable », s’enthousiasme l'hippothérapeute. « Mon objectif, quand j’accueille un groupe, c’est que les éducateurs qui viennent avec eux repartent avec une autre image de l’enfant».

Astrid Everarts

Astrid Everarts, hippothérapeute

Astrid Everarts est kinésithérapeute de formation. Elle ne connaissait pas l’hippothérapie avant que la fondatrice, Marie-Claire de Selliers, lui propose de travailler avec elle aux Rênes de la Vie et de la former comme hippothérapeute. Astrid s'est montrée enthousiaste à l'idée de travailler avec des enfants handicapés et des chevaux.

Aujourd’hui, Astrid en est à sa 27e année avec l’ASBL et accumule les responsabilités. Elle est Capitaine de l'équipe d'hippothérapie et Responsable du poney-club. En plus d'aider les enfants handicapés et sans handicap, elle veille au bien-être des poneys et au développement de sa profession.

Astrid Everarts, hippothérapeute pour Les Rênes de la Vie

Le bien-être de tous

Aux Rênes de la Vie, les poneys ne sont pas des outils de travail ; leur bien-être est aussi important que celui de leur clientèle. Pour cette raison, le poney-club et le centre d'hippothérapie « arrêtent la prise en charge à partir de 18 ans. Sinon, les enfants ne partent jamais », soutient Astrid. L'hippothérapeute explique qu'ils ont éventuellement dû prendre cette décision pour le bien des poneys : « la majorité était des adultes qui ne partaient pas et donc les poneys avaient tous mal au dos ». Cette décision a en effet réglé les maux de dos des poneys.

Astrid et ses collègues sont aussi impliqués dans la formation d'une relève en équitation adaptée et en hippothérapie. Ainsi, d'autres clubs pourront ouvrir et se spécialiser dans l'accueil d'une clientèle adulte.

Le bénévolat

Astrid forme plusieurs bénévoles pour Les Rênes de la Vie et d'autres ASBL similaires. Les bénévoles sont essentiels au bon fonctionnement de ces ASBL. Aux Rênes de la Vie, c'est entre 25 et 30 stagiaires et bénévoles qui viennent chaque semaine aider à encadrer les groupes.

« J’ai parfois besoin de deux personnes pour encadrer un seul enfant » - Astrid Everarts

Astrid pense que l'afflux de bénévoles est le résultat d'une prise de conscience de certains individus. Elle rencontre beaucoup de personnes qui désirent faire une différence dans leur communauté et se réaliser de manière plus humaine. « Dans la formation, on a des gens qui viennent du milieu commercial qui veulent faire autre chose de leur vie. Du coup, ils font mi-temps à leur emploi et donnent un peu de temps à une ASBL ».

Les poneys malades

« Depuis la Toussaint, les poneys se comportent bizarrement… », remarque Astrid. « Tout d’un coup, ils se retrouvent au milieu de la prairie en train de pomper comme s’ils avaient trotté depuis 20 minutes. Ils commencent à dégouliner alors qu’ils ne font rien. Il y a un truc pas normal ».

La cause serait les érables sycomores, pourtant présents sur le Domaine Solvay depuis longtemps. « Dans leur graine, les érables sycomores ont des acides aminés qui, quand ils sont digérés par un cheval, évacuent une toxine qui peut créer une amyotrophie atypique si le cheval est trop intoxiqué », explique Astrid. « Après avoir écarté le fait qu’ils avaient des parasites, pas de fièvre ou de troubles respiratoires, c’est la seule solution. Sauf qu’avoir tout un troupeau comme ça qui ne va pas bien, ça n’a jamais existé nulle part. Alors, la cellule d’étude de l'amyotrophie atypique est vraiment très interpellée par notre cas ».

Le climat en cause?

« Ça fait 35 ans que Les Rênes de la Vie sont ici. On vivait de manière tout à fait normale avec les sycomores qui sont partout et là, tout d’un coup, nos poneys montrent des signes vraiment bizarres », raconte l'hippothérapeute. « Cet été, on a eu une grosse période de sécheresse. À mon avis, ils ont fait beaucoup de fruits et puis, à cause de la sécheresse, la concentration en toxine était plus élevée. Plus de graines et plus toxiques… », avance Astrid.

Le Poney-club sous pression

Parmi le troupeau composé d'une trentaine de chevaux, deux poneys seulement n'auraient pas montré de symptômes. « C’est comme si tu avais mangé du poison. Ton corps est fatigué par ça. Du coup, ici ils sont tous en convalescence. Ce qui nous inquiète c’est que si on leur demande trop d’efforts, est-ce qu'ils ne vont pas déclencher une myopathie ? », s'inquiète Astrid. « En hippothérapie, c’est moins grave parce que c’est intéressant de nourrir, c’est intéressant de voyager dans l’espace, il y a quand même plein de trucs chouettes à faire sans monter le cheval, mais au poney-club... c’est plus compliqué. Il y a quand même beaucoup de parents qui disent: on les a inscrits pour qu’ils montent à cheval ! ».

Astrid et son équipe se retrouvent donc entre deux feux : satisfaire la clientèle et protéger la santé de leur troupeau. L'enjeu est délicat puisque le poney-club, où sont inscrits près de 97 membres, est la principale source de financement de l'ASBL.

Après une séance d'équitation, les chevaux retournent aux enclos pour se reposer.
Created By
Valérie Marcoux
Appreciate

Credits:

V. Marcoux

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