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La Lenteur: entre ennui, paresse, plaisir et art de vivre

Quelles relations entre vitesse et plaisir, vitesse et bonheur? La lenteur est-elle toujours source d'insatisfaction ou peut-elle au contraire se révéler la clé d'un accès au bonheur via des modes de vie alternatifs, en rupture avec les rythmes, soutenus, de nos sociétés contemporaines? Les œuvres présentées dans ce spark fourniront quelques pistes de réponses à ces interrogations.

I - Lenteur et ennui

Le rapport entre vitesse et plaisir peut d'abord s'envisager de manière inverse, dans l'association "naturelle" entre lenteur et ennui. Le manque de dynamisme, d'énergie et de variété (fréquence de changement) se trouve connoté négativement. La lenteur se fait ainsi aisément synonyme d'ennui.

A. "Madame Bovary" de Flaubert

Un des romans français emblématiques de cette association est Madame Bovary de Gustave Flaubert. Paru en 1857, le roman, dont le texte intégrale se trouve ici, valut à son auteur un procès pour immoralité et obscénité. C'est qu'il raconte la vie d'une jeune femme, Emma, qui rêve d'une vie de princesse comme celles qu'elle lit dans des romans à l'eau de rose. Mariée à Charles Bovary, simple officier de santé, sa vie se résume finalement à une routine provinciale bien loin de ses aspirations et de ses rêveries romantiques. Elle cherchera alors divers moyens d'échapper à un ennui qui ronge son existence, dont le fait de tromper son mari dans une liaison amoureuse qu'elle espère la plus passionnée et romanesque possible. Voici un extrait du roman qui se situe au chapitre VII de la première partie. Emma se heurte aux réalités de la vie conjugale. Et si Charles s'émerveille de sa femme, la réciproque n'est pas vraie: le caractère laborieux et terne, sans le moindre mystère, de Charles lui promet une vie d'ennui, de déception et de frustration (pdf ici).

"Madame Bovary", extrait du chapitre 7 de la première partie
1. De quelle manière l'ennui gagne-t-il le domaine amoureux?
2. Comparez les deux visions du couple et de la vie - l'une vécue et l'autre imaginée par Emma - et mettez-les en lien avec la question de l'ennui.
3. Quelle image emploie Flaubert pour désigner l'ennui d'Emma?

Le roman connut de nombreuses adaptations, notamment cinématographiques, génération après génération. Citons, entre autres, celle de Vincente Minnelli en 1949 avec Jennifer Jones, celle de Claude Chabrol avec Isabelle Hupert en 1991 (image de fond) et celle plus récente de Sophie Barthes avec Mia Wasikowska en 2014.

B. "Un homme qui dort" de Pérec

Cet ennui terrible peut contaminer l'ensemble de l'existence et mener à la dépression. C'est en quelque sorte le propos du roman de Georges Perec, Un homme qui dort, paru en 1967, un siècle après Madame Bovary. Dans ce roman, le narrateur s'adresse au personnage principal à la 2e personne du singulier. Il raconte l'histoire - ou plutôt l'absence d'histoire - d'un étudiant qui soudain se retire du monde. Il ne se rend pas à ses examens et reste chez lui, à contempler un monde moderne dont il refuse les impératifs d'activité et d'agitation. Cette expérience de la lenteur, proche de l'immobilité, apporte finalement plus d'inquiétude que de quiétude (pdf ici).

Extrait de "Un homme qui dort" de Georges Perec"
Décrivez le mode de vie de cet étudiant: comment pouvez-vous le rapporter à notre thème? Quels liens pouvez-vous établir entre ennui, immobilisme et dépression?

En 1974 le roman connut une adaptation cinématographique par le romancier lui-même et Bernard Queysanne. Le film remporta le Prix Jean-Vigo, prix destiné au jeunes cinéastes. Voici le film:

Enfin, pour prolonger l'étude de ce roman, il est possible d'aller écouter l'entretien accordé par Georges Perec lors de la sortie de l'ouvrage, en 1967, à l'émission Lectures pour tous. Voici le lien de la vidéo disponible sur le site de l'INA.

c. "Oh les beaux jours" de Samuel Beckett: l'angoisse existentielle de l'absence de mouvement

Dramaturge irlandais du milieu du XXe siècle, écrivant tout autant en anglais qu'en français, Samuel Beckett produit un théâtre que l'on a rapproché du courant du théâtre de l'absurde. C'est que le questionnement existentiel y est constant et joue sur des répétitions et des obstacles infranchissables qui semblent dépasser l'entendement même des personnages. Sa pièce la plus connue est sans doute En attendant Godot dans laquelle deux personnages attendent, inlassablement, un autre personnage qui ne viendra jamais. Lenteur, patience et impatience y sont déjà prégnants. Mais c'est une autre des pièces de Beckett que l'on trouve dans le B. O. : Oh les beaux jours.

Oh les beaux jours se présente sous des formes scénique et dramatique originales. Scénique d'abord puisque les deux personnages sont limités dans leur mobilité sur scène. Winnie, la femme, se trouve prise dans un grand monticule de terre ("un "mamelon") qui occupe le centre de la scène. Prise jusqu'à la taille d'abord, puis jusqu'à la tête à l'acte II. Willie, l'homme, circule autour du monticule. Dramatique ensuite: comme toujours chez Beckett, il n'y a pas vraiment d'action. C'est la répétition qui domine et l'expression de réflexion absurdes et désabusées sur le sens de l'existence. Voici des photos de quelques mises en scène de la pièce.

Madeleine Renaud dans le rôle de Winnie, mise en scène de Roger Blin en 1963
Catherine Frot dans le rôle de Winnie et Éric Frey dans celui de Willie, mise en scène de Marc Paquien en 2015
Andrée Lachapelle dans le rôle de Winnie et Roger La Rue dans le rôle de Willie, mise en scène de André Brassard en 2008

Le spectacle fut créé en France en 1963 (il l'avait déjà été en anglais aux États-Unis deux ans plus tôt). Au Théâtre de l'Odéon, sur une mise en scène de Roger Blin avec Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. Il eut un grand retentissement. Sa captation, réalisée en 1971, est hébergée par le site de l'INA. Vous pouvez en voir un extrait gratuit dans le lien suivant.

À l'aide des différentes informations dont vous disposez sur la pièce, en quoi selon vous l'immobilité que l'on y observe peut être reliée à une forme d'angoisse existentielle?

II - L'immobilité et l'angoisse de l'action: vers la procrastination

A. "Oblomov" de Gontcharov

La lenteur est longtemps, jusqu'à la modernité, associée à la paresse et à l'indolence. En conséquent, comment on vient de le voir, lenteur et immobilité peuvent donc être liées à une forme d'angoisse, à une paralysie face à l'action.

Oblomov est un roman de l'écrivain russe Ivan Gontcharov paru en 1859 (disponible sur wikisource). Il est devenu emblématique dans la culture littéraire russe du fait du caractère de son héros, Ilia Ilitch Oblomov. Celui-ci, propriétaire terrien de Saint-Petersbourg, passe ses journées dans son divan. Il cultive sa paresse et met tout en œuvre... pour en faire le moins possible! Il s'agit surtout pour lui de préserver son confort et de repousser toute prise de décision. C'est ce que l'on découvre dans le début du roman (pdf ici):

Début du roman "Oblomov", de Gontcharov
1. Décrivez le mode de vie d'Oblomov en vous attardant sur les lieux et ses vêtements.
2. Analysez le rapport d'Oblomov à la prise de décision.

La description de ce comportement connut une telle renommée qu'elle donna lieu à la création d'un néologisme: "l'oblomovisme". Il se définit, ainsi qu'on l'observe dans la notice wikipedia qui lui est dédiée, de cette manière: "L'oblomovisme ou oblomoverie est un mélange d'apathie, de léthargie, d'inertie, d'engourdissement, de rêverie inactive, qui se manifeste dans l'horreur du travail et de la prise de décision, la procrastination." Voilà donc un précurseur d'un mal si contemporain, la procrastination?

B. La procrastination

La procrastination consiste à remettre à plus tard (le lendemain, étymologiquement: "crastinus") ce que l'on devrait faire aujourd'hui, immédiatement, car le sujet n'y trouve pas de satisfaction immédiate. Cela induit des retards dans le travail faute de pouvoir, justement, se mettre au travail. L'envers de cette incapacité à effectuer une tâche précise peut consister, paradoxalement, à s'agiter et investir frénétiquement d'autres activités, secondaires voire franchement périphériques, comme pour justifier de se détourner de la tâche que l'on est censée accomplir. Néanmoins, la procrastination a aussi ses défenseurs amusés, comme l'illustration plus haut le montre. À ce titre, on peut évoquer la "journée mondiale de la procrastination" lancée en 2010 et qui a lieu le 25 mars!

Carte de la procrastination par Gemma Correll
Observez l'illustration de Gemma Correll. Quels éléments correspondent à votre propre expérience de la procrastination?

Les causes de la procrastination sont encore discutées. On relie en effet ce caractère à un manque de confiance en soi, à un manque de maîtrise de soi dans l'apprentissage ou encore au stress. C'est ce que l'on peut lire dans cet article de Rémi Sussan sur le blog Internet Actu hébergé par Le Monde. Le journaliste y revient sur les différentes hypothèses et présente une des méthodes populaires pour lutter contre la procrastination (pdf ici).

Après lecture de cet article, présentez brièvement d'une part quelles sont les causes diverses associées à la procrastination et d'autre part la méthode décrite pour y remédier.

C. Procrastination et statistiques

Ainsi, d'après certaines études, les étudiants en phase de stress développeraient la procrastination et ont tendance à avoir une « addiction à l’internet ». C'est ce qu'essaie de confirmer un sondage réalisé pour le site StudyMode et relayé par la version américaine du Huffington Post. Le sondage fut réalisé auprès d'environ 1300 élèves et étudiants américains. Voici trois graphiques en présentant les résultats:

Si l'on s'intéresse plus particulièrement au rapport des Français à la procrastination, il faut aller parcourir l'étude réalisée par l'institut Odoxa sur ce sujet en 2019. En voici les principaux enseignements:

Un article du Figaro par Léa Lucas, du 28 mars 2019, en fournit une synthèse (pdf ici):

Relevez trois éléments statistiques qui vous paraissent particulièrement saillants dans cette étude.

D. "La Conscience de Zeno" d'Italo Svevo

Enfin, voici un exemple littéraire célèbre de la procrastination Il s'agit d'un extrait du début de La Conscience de Zeno, roman italien d'Italo Svevo paru en 1923. Le roman raconte, à la première personne, les réflexion de Zeno, riche rentier, sur sa vie, dans le cadre d'une psychanalyse. L'extrait s'intéresse à l'addiction du personnage au tabac et au comportement qu'elle induit: le fait de démultiplier les "dernières cigarettes", chaque résolution du jour pour arrêter étant aussitôt balayée le lendemain par l'envie de fumer (pdf ici).

De quelle manière le rapport à la cigarette de Zeno peut-il être considéré comme une forme de procrastination?

III - Les limites de la vitesse

A. "Les Courses-poursuites au cinéma" de Nicolas Tellop: l'impératif de vitesse comme perte de sens

À l'inverse, pourtant, la vitesse n'apporte pas toujours plaisir et bonheur. Sa satisfaction s'avère souvent de courte durée et ouvre à la l'insatisfaction, à la frustration voire à la dépression. La perte de sens se fait manifeste dans l'après-coup de la vitesse. L'emblème même de la vitesse comme plaisir, la course-poursuite, comme nous l'avons vu avec le film Rush et les propos de Jean-Philippe Domecq dans Ce que nous dit la vitesse par exemple, peut se renverser et révéler une forme de vanité foncière. C'est ce qu'explique Nicolas Tellop dans Les Courses-poursuites au cinéma paru en 2018 (pdf ici).

Quelle est la conséquence pointée par Nicolas Tellop de cette course-poursuite effrénée qui caractérise nos sociétés?

Cette vanité peut être soulignée de manière humoristique et parodique comme dans ce renversement de la vitesse en lenteur, au sein même de la course-poursuite, que propose cette séquence d'OSS 117: Rio ne répond plus.

B. Le mythe de Phaeton: la vitesse comme danger

Une société de la vitesse présente donc potentiellement des dangers. Si l'on pense évidemment à l'accident, de conduite, il serait intéressant de voir comment l'Antiquité envisageait déjà cela, de manière symbolique, à travers par exemple la légende de Phaeton rapportée par Ovide dans ses Métamorphoses. Fils du Soleil, Phaeton emprunte le char de son père. Mais incapable de le contrôler durant sa course dans le ciel, il embrasse la terre, conduisant Zeus à le foudroyer pour arrêter la catastrophe. Ci-dessus le lien vers l'ensemble du texte et ici même le pdf de l'extrait qui suit.

Relevez les éléments qui montrent la manière dont Phaeton passe de l'excitation à l'effroi
"Phaeton conduisant le char d'Hélios" par Nicolas Bertin, 1720, Musée du Louvre à Paris
"La Chute de Phaeton", 1605, par Rubens, Musée "National Gallery of Art" de Washington
Présentez les choix de représentation du mythe de chacun des deux tableaux. Quels sont selon les effets recherchés ? Quel tableau préférez-vous et pourquoi ?

C. "Le Culte de l'urgence" par Nicole Aubert: impact de la vitesse sur le monde du travail

Mais à ce type d'accident, direct, physique et manifeste, se substituent dans nos sociétés d'autres accidents, plus intimes et personnel, de vie, au travail, liés à la vitesse et à la pression. C'est ce qu'explique Nicole Aubert dans Le Culte de l'urgence (pdf ici).

Quelles sont les conséquences de l'impératif de vitesse au travail pour le salarié?

D. Un modèle "à bout de souffle"?

Face à cela il est donc impératif de ralentir. L'alternative posée entre une accélération et une vitesse qui induisent menace et danger d'une part, et ralentissement synonyme de plaisir d'autre part, se trouve précisément illustrée par le film de Jean-Luc Godard À bout de souffle.

En effet, à l'image iconique du film, celle de la poursuite, de la course finale stylisée par l'affiche du film, on peut opposer les scènes intimes partagées dans la chambre par les deux héros du film, Michel, petit malfrat recherché par la police pour un meurtre, et Patricia, étudiante américaine avec qui il partage une liaison.

À bout de souffle présente ainsi la fuite de Michel. Ayant volé une voiture à Marseille, il se trouve arrêté en route par un policier, qu'il tue. Recherché par la police, il se réfugie à Paris et reprend contact avec Patricia, une étudiante avec qui il avait entamé une liaison. Pendant qu'il évite les recherches policières et cherche à récupérer de l'argent qu'on lui doit, afin de préparer son départ en Italie, sa liaison avec Patricia prend un tour nouveau: il tombe réellement amoureux. Le film joue sur deux fils d'intrigue, l'un policier, plein de tension, au rythme soutenu, et l'autre, alangui, fait de paroles et de gestes de séduction. La romance culmine dans la scène de la chambre, véritable pause salutaire qui modifie la conception même qu'a Michel de sa vie. L'intrigue policière se solde à la fin du film quand, épuisé et trahi, Michel refuse de fuir la police, qui l'abat.

IV - Le besoin de ralentir pour retrouver le plaisir et le sens des choses

A. "Tout s'accélère" de Gilles Vernet: changer son rythme de vie

Gilles Vernet, ancien trader reconverti en instituteur, fournit un exemple éloquent de cette prise de conscience d'une société à bout de souffle dont il faut se défaire pour insuffler à nouveau un sens à son existence. son expérience d'une reconversion radicale permet de réfléchir à la fois sur nos rythmes professionnels, sur la question du temps dédié à l'apprentissage et sur notre rapport à la vie. C'est tout l'objet de son documentaire de 2016, Tout s'accélère:

Depuis le succès de son documentaire Gilles Vernet s'est expliqué sur tout cela, notamment dans une conférence Ted dont il est utile de découvrir au moins les premières minutes:

1. Quelle est la référence philosophique présente au début de la conférence? Quel sens lui donnez-vous?
2. Quel métier avait Gilles Vernet avant d'en changer? Pour quelle raison en change-t-il?
3. Quelle réflexion sur le temps et la vitesse son nouveau métier suscite-t-il en lui?

B. "Accélération et Aliénation": la vitesse aliénante selon Harmut Rosa

1. Vitesse et aliénation

Ce rapport au temps et à la vitesse perçu comme aliénation est précisément tout l'objet de la réflexion du sociologue allemand Harmut Rosa, qui intervient d'ailleurs dans le document de Gilles Vernet. Voici un extrait de Accélération et Aliénation qui explicite clairement cette idée (pdf ici):

1. Qu'est-ce qu'aurait dû nous apporter l'accélération technique comme changement dans nos existences?
2. Qu'est-ce que le progrès technique a produit comment changement réel et pour quelle raison?

Pour prolonger autour de cet auteur important de notre programme, on peut l'écouter interviewé sur France Culture le 24 janvier 2001:

2. Le Dessous des cartes

Le propos d'Harmut Rosa peut être prolongé par l'émission suivante du Dessous des cartes (Arte) intitulée "Quand le monde accélère". L'ouvrage du sociologue allemand y est directement cité comme référence essentielle à la fin de la pastille. Construit en deux temps - histoire de la construction du temps comme donnée artificielle d'abord, puis accélération du temps dans nos sociétés modernes - cet épisode permet de mesurer, de manière visuelle, par de nombreuses cartes, ce que signifie cette accélération généralisée aux proportions étonnantes.

1. Posez et expliquez le paradoxe dans notre rapport au temps soulevé par la présentatrice au début du programme
2. Selon quel rythme, et quel temps, l'humanité vivait lorsqu'elle était encore très liée l'agriculture ? Développez votre réponse.
3. Qu'est-ce qui a conduit à standardiser les heures au sein même d'un État ?
4. Qu'est-ce qu'une carte dite "isochrone" ? En quoi représente-t-elle l'idée d'accélération ?
5. En quoi la mobilité est-elle liée à la vitesse ? Donnez des exemples pour étayer votre propos.
6. En quoi l'accélération des flux d'information est-elle devenue un enjeu économique ? Développez votre propos à l'aide des exemples fournis.
Carte de France isochrone
Pars-Marseille en TGV aujourd'hui (3h), en train à vapeur il y a 1 siècle (12h) et en calèche avant l'invention de la vapeur (360 heures soit environ 15 jours).
Carte mondiale du temps de trajet jusqu'à une grande ville

C. Trouver d'autres rythmes pour se déplacer et ainsi redonner sens et goût à nos vies

1. Une Histoire Vraie de David Lynch: la lente urgence

De manière semble-t-il paradoxale, urgence et lenteur peuvent alors se conjuguer. C'est ce que montre le film de David Lynch Une Histoire Vraie (1999). Ce film raconte l'histoire d'Alvin Straight, 73 ans. Il reçoit un jour un appel de son frère, Lyle, qu'il n'a pas vu depuis 10 ans, à la suite d'une dispute. Lyle vient de subir une attaque. Alvin décide de se rendre chez son frère qui habite à environ 500 kilomètres de là.

Mais sans moyen de locomotion il répare une tondeuse, lui joint une remorque et prend la route. Ce rythme lent imposé par le véhicule (qui roule à 5 km/h) lui permet de faire de nombreuses et improbables rencontres (le voyage durera plusieurs semaines). C'est un nouveau rapport aux gens, plus humain et attentif aux autres, qui s'instaure par ce biais qui est bien celui de la lenteur. Le trajet, habituellement souvent occulté par la destination, redevient le voyage en soi du fait de cette nécessité de prendre son temps.

2. La Presqu'île de Julien Gracq: marcher pour redonner sens à l'existence

Dans La Presqu'île, Julien Gracq évoque une pérégrination en forêt. Celle-ci devient pour le narrateur l'occasion de réfléchir sur la course du monde et sur lui-même. La nouvelle présente la promenade qu'effectue Simon en attendant l'arrivée de sa maîtresse. Il redécouvre le contact avec la nature et l'impératif de ralentir, presque jusqu'à l'arrêt, pour redonner un sens à l'existence (pdf ici).

1. Présentez la situation de Simon dans cet extrait
2. Relevez les éléments qui montrent que Simon tire du plaisir de cette promenade
3. Quel rapport au temps, à la vitesse et à l'urgence cet extrait presente-t-il?

3. David Le Breton: Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur

L'exemple littéraire de Julien Gracq trouve une expression théorique chez le sociologue David Le Breton. Celui-ci, dans son essai Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur, explique que la marche constitue une activité essentielle qui nous permet de rompre avec le rythme frénétique de nos société et d'en retrouver un autre plus en accord avec nous-mêmes et la nature qui nous environne. C'est au fond un procédé de réappropriation du temps par la lenteur (pdf ici).

1. Quels liens pouvez-vous établir entre cet extrait de David Le Breton et celui de "La Presqu'île" de Julien Gracq?
2. Quel rapport au temps induit la marche selon David Le Breton?

D. La nécessité pour tous de ralentir, notamment dans le cadre professionnel

Ainsi, la vitesse est également loin d'avoir toutes les vertus et de pouvoir procurer plaisir et mener au bonheur. Source de souffrance et de stress, elle doit donc laisser place la lenteur, y compris dans des stratégies de management modernes. C'est ce que nous expose la journaliste Eve Ysern dans un article pour la revue Capital en octobre 2013 intitutlé "Tout va trop vite! Et si on ralentissait ?" (pdf ici).

1. Quelles sont les différentes préconisations professionnelles présentées dans cet article en lien avec la lenteur? Quels en sont les bénéfices attendus?
2. Comment le début de l'article présente-t-il le mouvement "slow"? Quel est l'ennemi premier de ce mouvement et pourquoi?

V - Le mouvement "slow": la lenteur pour résister au règne de la vitesse

A. "Slow Food": aux origines du mouvement "slow"

Le mouvement "slow", aussi appelé mouvement doux en français, "prône une transition culturelle vers le ralentissement de notre rythme de vie, l'adoucissement des pressions modernes et l'appréciation des choses simples. Il s'oppose à un nombre de tendances qu'a vues naître le XXe siècle telles que la restauration rapide (et donc la malbouffe), le tourisme de masse, l'hyperconnexion, la consommation démesurée" (source wikipedia).

Le mouvement débute en Italie en 1986, en réaction à l'installation d'un McDonald, à Rome. il concerne donc d'abord le domaine culinaire. Et il est à présent structuré au niveau international comme nous le montre le site du mouvement "Slow Food". Slow Food possède des antennes par pays, comme celle française. Les valeurs de l'association se résument à trois mots: "bon, propre et juste".

Le mouvement Slow Food possède un emblème, l'escargot, et même un manifeste datant de 1989. D'autres textes importants ont été rédigés et votés depuis les débuts du mouvement. On peut les trouver sur cette page, dans plusieurs langues. Parmi tout cet ensemble, notons celui sur l'éducation.

Manifeste de Slow Food datant de 1989
Manifeste de Slow Food Éducation de 2010

B. D'autres formes du mouvement

Le mouvement s'est depuis étendu, de manière plus ou moins formelle, vers d'autres domaines: le travail, la mobilité, le tourisme, la parentalité ou encore le sexe. Ainsi, cet article de Catherine Fournier sur le site de Franceinfo recense "5 façons de ralentir le rythme" (pdf ici).

Effectuez un résumé de cet article de Franceinfo

Le mouvement slow suscite un engouement immense depuis les années 2000. Les articles et ouvrages sur le sujet se multiplient. Dans cet article pour le journal suisse Le Temps, Julie Rambal, pour introduire une présentation des différents aspects du mouvement slow, amorce quelques interrogations sur les ressorts de ce derniers et l'associant, directement puis indirectement par les exemples choisis, au luxe. L'extrait ci-dessous ne présente que ce début de l'article (pdf de l'article complet ici):

1. Quels facteurs ont permis au mouvement slow de connaître l’essor qu'on lui voit aujourd'hui?
2. Quelles réserves vis-à-vis du mouvement semblent émerger de cette présentation?
3. Parcourez l'article dans son entier. Donnez deux exemples, hormis celui du centre commercial suédois, qui associent clairement le mouvement slow à une culture du luxe ou du moins destinée à des classes sociales privilégiées.

Parmi les exemples présentés par Julie Rambal, mentionnons le "ReTuna Återbruksgalleria", ce centre commercial suédois. Situé près de Stockholm, il est entièrement dédié au recyclage et à l'upcycling (qui consiste à faire du neuf avec du vieux). Le journal Paris Match en propose une présentation.

Le ReTuna, centre commercial près de Stockholm entièrement dédié au recyclage. Une quinzaine de boutiques et autres.

C. "Éloge de la lenteur": le mouvement slow dans le domaine de la parentalité

Le journaliste canadien Carl Honoré a publié en 2004 un bestseller autour du mouvement slow: Éloge de la lenteur. Le sous-titre anglais explicite la démarche: "How a Worldwide Movement Is Challenging the Cult of Speed". Il s'agit bien, par le mouvement slow, de contester le "culte de la vitesse". Dans cet ouvrage, Carl Honoré revient sur le mouvement slow, surfant sur deux phénomènes émergents à l'époque: son sujet, le mouvement slow, d'une part, et la demande en ouvrage de type coaching de vie d'autre part. Cet article du journal canadien Le Devoir de Frédéric Doyon revient une nouvelle fois sur le mouvement dans son ensemble par l'angle de cet auteur et de son ouvrage dont la journaliste propose un compte-rendu de lecture (pdf ici).

1. Quels sont les signes selon Carl Honoré que le culte de la vitesse est contesté aujourd'hui?
2. Au niveau social, comment Carl Honoré définit-il le mouvement?
3. Pour Carl Honoré, le mouvement slow se résume-t-il à un simple ralentissement?
4. Quel est l'élément déclencheur qui a fait prendre conscience à Carl Honoré qu'il fallait rompre avec le culte de la vitesse?

À la suite de ce premier ouvrage, Carl Honoré en écrivit un autre en 2008, toujours sur le mouvement slow, mais cette fois spécifiquement dédié à l'éducation et à la parentalité (le "slow parenting"): Under Pressure: Rescuing Our Children from the Culture of Hyper-Parenting. En France, l'ouvrage connut deux éditions et deux titres différents: Manifeste pour une enfance heureuse en 2008, sous titré "Halte aux emplois du temps surchargés et à la course à la performance"; Laissez les enfants tranquilles ! : Halte aux emplois du temps surchargés et à la course à la performance en 2014 pour l'édition de poche.

Une interview publiée sur un blog hébergé par le New-York Times nous renseigne un peu sur le projet de Carl Honoré: la course à la performance et la perfection, dans le souci des enfants, entraine une forme de pression que ressentent les enfants et qui est préjudiciable à leur bon épanouissement. Il pointe également le ridicule de certaines situations et de certaines tendances parentales actuelles. Et il émet l'hypothèse d'une origine de cette situation dans l'évolution sociologique d'une partie de la population qui a moins d'enfants que la génération précédente, et qui les a surtout plus tard, anticipant trop largement, de manière fantasmatique, le modèle "idéal" d'éducation qu'ils souhaitent délivrer. C'est au fond un modèle appelé "hyper-parentalité", décrit par exemple dans cet article de La Presse, dans lequel les parents "couvent" à l'excès leurs enfants, qui se trouve mis en question.

Il faut dire que cette préoccupation concernant l'éducation et l'occupation du temps des enfants est devenu, entretemps, un sujet central que l'on essaimer dans des revues grand public comme dans la presse spécialisée. Ainsi, Sophie Ouimet, dans le journal canadien La Presse, revient sur ce sujet dans un article intitulé "Slow parenting: éloge de la lenteur" (pdf ici).

1. Quelles sont les préconisations pour mettre en œuvre le "slow parenting"?
2. Quels sont les bénéfices de ce mode d'éducation?

Serait-ce à dire qu'enfin la société a entendu ce que réclamait le groupe Pink Floyd en 1979 dans son titre culte Another Brick in the Wall? Pas exactement puisqu'à l'époque c'était le système éducatif anglais ultra rigide qui était critiqué. Mais sans doute y a-t-il un écho entre deux formes de pression: celle, ancienne, dénoncée par Pink Floyd et imposée par les enseignants à l'école ("Hey! Teacher!, leave us kids alone!"); et celle, moderne, imprimée, même en dehors de l'école, par les parents en quête de perfection pour leurs enfants (à 2'20'' pour les plus impatients).

D. "5 minutes douche comprise": quand la vitesse n'est pas toujours synonyme de plaisir et de qualité

On le comprend bien: la lenteur peut venir soulager des souffrances engendrées par la vitesse. Et elle peut même se révéler source de plaisir car elle privilégie, ainsi que montré plus haut, la qualité à la quantité. Cette association entre lenteur et plaisir, Milan Kundera, dans son essai La Lenteur (1995), la souligne déjà. Et l'inscrit dans les travers d'une époque qui ne jure que par l'efficacité et la rapidité de la performance, y compris dans le domaine sexuel (pdf ici).

1. Quel rapport entre vitesse et plaisir Milan Kundera relève-t-il comme typique de notre époque et pourquoi?
2. Quel problème cela pose-t-il dans le domaine de la sexualité selon lui?
3. En conséquence, quel modèle - de société, d'individu - Kundera prône-t-il selon vous?

Ainsi, pour Kundera, nous vivons dans une époque et selon des modèles qui valorisent la vitesse, y compris dans le domaine de la sexualité. À ce titre, il est bon de se rappeler que l'un des anciens présidents de la République française fut surnommé, de manière aussi amusée qu'affectueuse, y compris par ses opposants, "5 minutes douche comprise". Ce surnom tenait la manière dont il menait ses ébats sexuels et leur ménageait une place au sein de son emploi du temps chargé. un de ceux qui avaient éventé ce surnom l'associait au nombre vertigineux des conquêtes de l'homme politique.

Pourtant, comme le suggère au fond Kundera, la lenteur constitue donc un principe particulièrement pertinent dans le domaine de la sexualité, redonnant une nouvelle valeur au plaisir que l'on peut en tirer. C'est donc assez naturellement que le mouvement slow l'a également investi. En effet, alors qu'habituellement la lenteur est connotée péjorativement, dans le domaine de la sexualité c'est plutôt l'inverse: la rapidité peut-être perçue négativement (pensons à l'éjaculation précoce) et la lenteur peut se charger de connotations mélioratives (langueur, sensualité, montée du désir, etc.).

Là encore, comme pour la dimension éducative, on trouve tout un marché, lié à une forte demande. Nos sociétés de la performance et surtout ultra connectées laissent peu de temps pour la vie intime. Rappelons à ce titre cet élément d'une étude de janvier 2019 sur le rapport des jeunes (18-35 ans) à leur portable: 20% admettent répondre à un appel ou à un message lorsqu'ils font l'amour.

La vie intime se trouve alors réinvestie différemment, selon un modèle en rupture avec le quotidien et qui surtout vise à évacuer le stress de ce dernier: c'est cela que l'on désigne par l'expression "slow sex". C'est pourquoi on trouve quantité d'ouvrages spécifiquement dédiés à ce sujet et que l'ensemble de la presse, depuis certaines rubriques de journal généralistes à la presse féminine, s'y intéresse et y consacre régulièrement des articles. On trouve, mêlé au slow sex d'autres pratiques voisines véhiculant la même idée de lenteur: "sex meditation" ou tantrisme par exemple. Quelques liens pour se faire une idée: Le Monde, Terrafemina, Marie-Claire.

Si le slow sex touche donc la pratique sexuelle en modifiant la façon de faire (ou d'envisager de faire) l'amour, il est intéressant de noter que ce modèle touche aussi le domaine voisin de la séduction. On pourrait trouver cela naturel, tant la séduction est naturellement associée, de manière clichéique et romantique, au fait de prendre son temps. Mais dans des sociétés où l'efficacité priment, ce sont des applications comme Tinder, qui envisagent un marché de la séduction fondé sur l'immédiateté, qui ont le vent en poupe. À l'opposé de ce modèle, un site de rencontre, "Once", propose au contraire à ses usagers de ne recevoir qu'une seule alerte de contact par jour et développe, nouvel anglicisme, le concept de "slow dating". C'est ce qu'explique Anouch Seydtaghia dans le journal suisse Le Temps (pdf ici).

Après lecture de ces différents articles, quel regard portez-vous, personnellement, sur le slow sex et le slow dating?

E. L'information ralentie: le "slow journalism"

L'introduction d'Internet dans notre quotidien et dans notre poche, via les smartphone, a révolutionné en profondeur notre rapport à l'information. L'idée de rendez-vous réguliers - le journal du matin ou du soir, le journal télévisé de 20h - a perdu de sa pertinence. L'information doit à présent être délivrée en temps réel, immédiatement, au prix parfois de la qualité de l'information. La compression du temps pour publier une information entraine des manquements quant à sa vérification, certains médias s'excusant parfois à peine de s'être trompé. Cette tendance culmine aujourd'hui avec ce que l'on nomme les "fake news" - ou "infox" - elles propagées dans le but de manipuler l'opinion.

"Delayed Gratification": "The Slow Journalism Magazine"

Contre cette évolution, une nouvelle pratique du journalisme a émergé, prenant le contre-pied complet du direct, de la course à l'immédiateté, du scoop, du journalisme de réaction. Il s'agit du "slow journalism" dont William Demuyter nous raconte l'histoire des premiers et principaux représentants dans La Revue des Médias de l'INA (pdf ici).

1. Quel est le terme employé pour parler de surcharge d'information?
2. Contre quelle évolution le slow journalism se positionne-t-il? Quelle différence fondamentale présente-t-il avec ses concurrents ?
3. Présentez les deux premières revues de "slow journalism" (titre, initiateur, nationalité, année de démarrage, etc.)
4. D'un point de vue éditorial et journalistique, quelles sont les deux grandes caractéristiques du "slow journalism"?
5. À qui s'adressent ces revues et selon quel modèle économique?

Précisons pour finir qu'en France le modèle du slow journalism est plus souvent associé à un autre "genre" de journalisme ou de publication: le "mook", genre hybride entre le magazine et le livre ("magazine + book") qui présente de grands reportages souvent différents formats, littéraires et graphiques, privilégiant donc le récit. La revue XXI a là encore été précurseur et d'autres lui ont emboîté le pas comme Usbek & Rica par exemple. Voici deux articles qui présente ce phénomène particulier: l'un sur le site The Conversation, l'autre dans Les Inrocks.

VI - La lenteur, matrice de nouveaux arts de vivre loin de l'urgence

La lenteur possède donc une dimension politique, suscite des réflexion philosophiques. Avant d'aborder cette lenteur comme art de vivre, on peut aller écouter cette émission de France Culture consacrée aux Hommes Lents de Laurent Vidal et à Éloge du retard d'Hélène L’Heuillet.

A. Bienheureux Alexandre

Vivre dans la lenteur s'avère donc possible et se pose d'abord comme un acte de résistance aux impératifs d'urgence de nos sociétés contemporaines. Il faut ainsi se retirer du monde, non pas prostrés, exclus et en souffrance comme les hikikomoris japonaise, mais déterminés, combattifs et jouisseurs, comme Alexandre, le héros de Alexandre le bienheureux, film de Yves Robert sorti en 1968.

Cultivateur dans la Beauce, Alexandre a l'impression de se tuer à la tâche sous les ordres que lui intime son épouse. Soudainement veuf, il se sent libéré d'un poids et décide de ne plus se soucier du travail de la terre et de profiter de la vie. C'est ainsi qu'Alexandre se déclare, devant un village hébété, "en vacances, pour la vie"! Voici la bande annonce de l'époque ainsi qu'une scène culte du film.

1. En quoi Alexandre illustre-t-il dans ces deux extraits l'idée de lenteur? De quelle manière en fait-il un art de vivre?
2. Quels autres termes que "lenteur" pourriez-vous associer au choix de vie d'Alexandre?

Un autre personnage de fiction incarne bien cette résistance passive - et néanmoins superbement efficace - aux injonctions de l'urgence: Gaston Lagaffe, personnage de bande dessinée imaginé par Franquin. La vignette ci-dessous le montre paradoxalement - et donc comiquement - dormant en tenant un dossier estampillé "urgent" dans les mains.

B. "Du bon usage de la lenteur" selon Pierre Sansot

Dans son essai Du bon usage de lenteur, l'anthropologue et philosophe Pierre Sansot érige la lenteur comme véritable art de vivre. Il y décrit la manière dont il a fait de ce rythme un choix existentiel profond (pdf ici).

1. Quelles sont les valeurs positives associées à la lenteur et au contraire celles négatives associées à la vitesse?
2. En quoi finalement la lenteur constitue-t-elle un art de vivre?
3. Choisissez trois des définitions de Pierre Sansot et reformulez-les pour montrer que vous avez compris ce qu'il veut dire.

C. "L'Homme qui plantait des arbres" de Jean Giono

Avec L'Homme qui plantait des arbres, Jean Giono signe l'un des ses textes les plus célèbres, un texte qui aura un retentissement international et sera perçu comme un manifeste pour la cause écologique. Il s'agit d'une nouvelle de 1953 dont vous pouvez trouver le texte intégral sur wikisource.

La nouvelle raconte l'histoire d'un berger, Elzéard Bouffier, qui, autour de la première guerre mondiale, décide de transformer la région qui l'environne en la reboisant intégralement. Activité solitaire, envisagée sur le temps - à la fois le temps long de la plantation et le temps long de la pousse des arbres, dont voici un extrait (pdf ici).

1. Résumez l'action de cet extrait
2. En quoi la lenteur est-elle intimement liée à un art de vivre qui n'est pas strictement individuel?

D. Les vertus de l'arrêt : Jérôme Lèbre, "Éloge de l'immobilité"

Philosophe, Jérôme Lèbre, dans Éloge de l'immobilité, trace une distinction nette entre l'immobilisme, contraint, et l'immobilité, choisie. Si le premier est signe de faiblesse, le second constitue une force sur laquelle s'appuyer. C'est ce qu'il tente de montrer dans cet extrait consacrer aux effets de l'immobilité sur la pensée (pdf ici).

1. Quels avantages permet l'arrêt à la pensée?
2. Que remarque Jérôme Lèbre au sujet de différentes représentations de penseurs?
3. Que comprenez-vous au propos de Jérôme Lèbre: "l'immobilité ne vient jamais seule"?
Temple de Sanjusangen-Do à Kyoto: 1001 statues identiques de la déesse Kannon
Temple de Sha Tin à Hong Kong: 12800 statues de Bouddha, toutes différentes
La Trinité de Masaccio
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aurélien pigeat
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