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Scream Girl 2015 – États-Unis. Réalisation : Todd Strauss-Schulson. Scénario : M. A. Fortin et Joshua John Miller. Avec : Taissa Farmiga, Malin Akerman, Alexander Ludwig, Nina Dobrev, Alia Shawkat.

Vous avez vu Vendredi 13 ? Massacre au camp d'été ? Le Bal de l'horreur, Meurtres à la Saint-Valentin et consorts ?

Vestiges des années 80, une époque révolue où le slasher régnait sur le cinéma d'horreur, ils sont tous adulés et critiqués à la fois. Trop clichés, pas assez crédibles, usant tous des mêmes effets... Scream, déjà, en 1996, se moquait un peu de tout ça, avec ses personnages conscients des erreurs à ne pas commettre dans un film d'horreur. Avec Scream girl, Todd Strauss-Schulson pousse le concept plus loin en envoyant des jeunes des années 2010 directement dans le film qu'ils regardent. L'occasion de confronter les époques et de livrer un film jouissif pour les amateurs du genre.

Ever since I was a little boy, I've dreamed of being the final girl.

Max est une jeune adolescente qui a du mal se remettre de la mort de sa mère, actrice. Le jour du troisième anniversaire de son décès, le cinéma local passe Camp Bloodbath, un slasher dans lequel la mère de Max a joué. La jeune fille est invitée à s'y rendre pour rendre hommage à sa mère. Réticente au départ, elle se laisse convaincre. Mais lors de la projection, un incendie se déclare dans le cinéma, En cherchant à fuir la salle, Max et ses amis se retrouvent aspirés dans le film, où ils vont devoir chercher un moyen de rentrer chez eux tout en tâchant d'éviter les assauts de Billy, tueur masqué achevant ses proies à la machette.

Vous aimez les vieux slashers ? Vous allez adorer Scream girl. Fun et bourré de références, le film de Todd Strauss-Schulson parvient à être original tout en se déroulant en terrain connu. À faire rire sans être méprisant vis-à-vis du genre horrifique et de ses fans. Il se paie même le luxe d'être émouvant, par moments.

En confrontant des jeunes d'aujourd'hui aux personnages stéréotypés des films des années 80, Scream girl joue avec tous les clichés que nous, spectateurs, relevons régulièrement devant les oeuvres du genre. Des éléments comme le rapport au sexe, l'utilisation de flashbacks et le concept de final girl sont des points centraux de l'histoire. Nos personnages connaissent les ficelles de ces procédés et vont tenter de les utiliser à leur avantage avec plus ou moins de succès. Et bien que Scream girl se joue des clichés de l'horreur, il n'est pas hautain pour autant. Au contraire, on sent derrière le film un véritable amour du genre.

I'm the mean girl in the 80s horror movie and we're past the midpoint, so, you know, I'd say that I'd overstayed my welcome.

Todd Strauss-Schulson réussit même un petit tour de force en arrivant à introduire de l'émotion dans un sous-genre qui n'y est guère habitué. En tournant autour de la relation entre Max et le personnage qu'interprétait sa mère, Scream girl fait évoluer son scénario jusqu'à un affrontement final particulièrement réussi, précédé d'une scène, sur fond de Bette Davies eyes, assez touchante et très bien exécutée.

La réalisation est à saluer. Très dynamique, le film jouit d'un rythme soutenu aidé par une caméra aux mouvements parfois audacieux. Quelques détails restent critiquables, comme un slow motion trop long ou un passage un brin épileptique, mais globalement, on est face à une oeuvre de très bonne facture. L'interprétation est au diapason, chaque acteur s'acquittant parfaitement de son rôle, tous les personnages ayant des traits bien définis.

You get laid and then you die. You're just part of the body count. No offense.

Scream girl n'a ainsi que des qualités. Enfin presque. Parce qu'un élément joue quand même énormément contre lui. Scream girl est un film fait par des amateurs pour des amateurs. Il ne s'adresse pas à un public débutant. Pour en saisir pleinement l'humour, les subtilités et l'intelligence, il faut connaître les ficelles des slashers, au moins un peu. Todd Strauss-Schulson a joué la carte de l'intérêt pour le genre à fond, quitte à laisser de côté les spectateurs qui y sont moins habitués.

Sans le référentiel nécessaire à sa compréhension, Scream girl marque moins de points. Les exagérations volontaires seront vues comme des maladresses, voire comme des lourdeurs. L'humour, très poussé sur certains points pour justement coller aux habitudes des années 80, ne tapera pas forcément juste. Bref, on appréciera beaucoup moins le visionnement.

L'anecdote

La scène de strip-tease de Tina est entièrement improvisée. Pour se mettre au mieux dans l'état d'esprit du personnage, l'actrice Angela Trimbur a descendu plusieurs boissons énergétiques avant de tourner ce passage.

Scream Girl reste un film à réserver aux amateurs. C'est dommage que malgré toutes ses qualités, il ne soit adressé qu'à un public restreint.

Mais pour les fans, c'est une vraie perle qui, même après plusieurs visionnages, apporte toujours autant de plaisir.

4,5/5

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