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Mais moi je mange de la soupe à 5 h du matin ! MARDI 25 septembre

Hier soir, c’était réunion « chefs de poste ». 17h 30, pas un, pas une en retard et trois d’excusés, Jean Pierre à vadrouiller dans le Colorado, Pierre chez des amis en Bretagne puis en Bourgogne pour refaire sa cave et Bernard à sillonner les routes de France avec son camping car. Sans oublier Julie en balayage express de ses missions pour des raisons d’emploi du temps serré.

Les dix chefs de poste se sont donc calés autour de la table de réunion, trop petite, je le concède. Je me suis mis en retrait et j’écoutais, comme simple observateur, assis sur mon petit tabouret, le dos collé au radiateur, non allumé, même si le vent du nord réfrigérant était enfin annonciateur d’une fin d’été alanguie.

Chef de poste sur les Templiers c’est s’engager à tenir un ravitaillement, nous en comptons 16 sur l’ensemble du Festival y compris celui proposé à l’arrivée dans la bergerie de St Estève.

Le chef de poste, nous n’avons pas trouvé mieux pour désigner cette fonction, c’est un peu le chef de gare, le chef de rang, le gendarme, le majordome, le contremaître qui veille au grain. Il y a les forces tranquilles, les anxieux et les « entre les deux », des hommes et femmes, pris dans le sérieux d’une mission logistique, sécurité et management, responsable d’une petite armée de bénévoles qu’il faut encadrer.

On ne devient pas chef de poste par hasard. Il faut avoir un peu de bouteille soit dans l’organisation, soit dans la course à pied ou plus généralement dans le sport et l’associatif, comme Sylvie qui fut présidente de l’Alpina et Julie responsable des parents d’élève dans l’école de Creissels. Cela se confirme pour toute l’équipe des Templiers réunie autour de cette table à refaire en accéléré le déroulé de ces trois journée de course pour accueillir ces milliers de coureurs, parfois en des lieux improbables tels que la ferme de Combebren, le hameau de Longuiers, le village du Truel.

Les problèmes évoqués sont finalement toujours les mêmes d’une année sur l’autre, de ceux qui viennent miter le sommeil. "Gros trous noirs pour nuits blanches"...ce pourrait être le titre d'un polar franchouillard. Plus simplement, il s'agit de cette période d'avant course, cette anti-chambre dans laquelle on rentre, période presque initiatique au cours de laquelle on se prépare à se faire malmener les méninges, à ressasser une tourmente de chiffres où le nombre de petites cuillères joue la falbala avec les horaires des bus abandons. Le rationnel cède le pas à l’irrationnel, même avec l’expérience rien ne peut éviter l’angoisse de l’oubli. « Cette année pour le nettoyage de la salle, comment on fait ? » La question est posée par Jean Claude, 30 ans d’organisation, c’est lui qui tient ce samedi, le poste de Tiergues sur les 100 km de Millau pour passer la semaine suivante organisateur du Rasp’ E’ Trail. Il ne cache jamais ses interrogations comme les deux petits nouveaux autour de la table, Patricia et Manuel. Tous les deux jeunes retraités, Manuel a fait ses armes l’an passé au Cade coaché par Jean Pierre, l’ancien de la bande présent en 1995 lors de la création des Templiers et Patricia, 11 heures aux 100 bornes, revenue dans le giron des Templiers après avoir été dans le passé bénévole à Trèves. Alain, depuis 20 ans chef de poste, tour à tour dans tous les villages de la course, taquine le petit nouveau «nous on est des anciens. Toi, tu es un jeune retraité » comme s’il s’agissait de pas oublier le travail accompli édition après édition avec son lot de bonnes et de mauvaises surprises. Manuel de répondre «les copains me disent « avant tu avais toujours le temps et maintenant, t’as plus jamais le temps ».

La réunion est rondement menée, c’est la seule et unique, le dernier petit réglage. Les grandes feuilles de reporting sont balayées vitesse TGV. Un chef de poste lâche «au Cade, c’est que du bonheur ». La semaine passée, Jean Pierre racontait cette anecdote alors qu’il réalisait la TDS en rando «devines qui je rencontre à un col. Un coureur des Templiers et il me dit quoi « le Cade, c’est mon meilleur souvenir des Templiers ». André enchaîne sur le camion qui fera office de «coffre fort », il faut décoder. Pour St André de Vézines, c’est Gaby, l’ancien éleveur à Navas qui est aux commandes avec son frère Francis et son équipe de papy et mamies souriants et enjoués. Il confirme « RAS », sauf mentionne-t-il « retenir le dernier bus jusqu’au passage du dernier » qui l’an passé arriva très attardé 1h 30 après la barrière horaire. Cette année, il aura le renfort d’un pompier de Brive, copain de Thierry Breuil, tombé sous le charme de ce village en disputant les Templiers, depuis peu propriétaire d’une maison caussenarde joliment retapée. Il sera là avec son accordéon, son épouse et ses gamins débrouillards. Un sacré renfort.

Dans le coin droit, Jean Marie se frotte de temps en temps les moustaches. Longtemps, cet ancien poseur de ligne chez EDF resta dans l’ombre, seul avec Mariette son épouse à tenir un carrefour dans la nuit. Mariette n’oublie jamais de rappeler « je lui disais toujours « ne va pas trop loin, sinon j’ai la trouille, moi toute seule dans le noir ». Jean Marie, c’est le pince sans rire de la bande qui adore vous mettre à défaut en parlant le patois. Mais là, c’est dans un bon français rugueux qu’il annonce « mais attendez là, ya vraiment pas de soupe pour les coureurs ? ». Odile répond « mais il sera 5h du matin, ya pas besoin de soupe ». La réponse du chef de poste « mais moi, je mange la soupe à 5 heures du matin »

Created By
GILLES BERTRAND
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Credits:

Organisation Templiers Events

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