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La Chambonie, plus petit village de la Loire Devenue commune indépendante de la Chamba en 1907, La Chambonie est, Avec ses 43 habitants, le plus petit village de la Loire.

Niché au cœur des Monts du Forez à 900 mètres d’altitude, La Chambonie et ses 43 habitants vivent au ralenti, à la merci de la moindre chute de neige et des coupures d’électricité qui isolent davantage. Bientôt, le plus petit village de la Loire reprendra des couleurs, avec le printemps et la réouverture des maisons secondaires.

Aujourd'hui, il ne reste plus beaucoup d'habitants natifs du village. Quelques familles se sont installées, attirées par un style de vie tourné vers la nature. Le dernier commerce, un restaurant qui faisait aussi office d’épicerie, a fermé ses portes dans les années 90 déjà. Depuis, le village se tourne vers la commune de Noirétable, à 12 kilomètres, pour les premiers services.

Découvrez La Chambonie à travers les habitants qui font vivre la commune: le maire, l'agriculteur, la factrice mais aussi les gérantes de l'auberge et celle du gîte.

Guy Grangeversanne, le maire

Petit-fils de scieur, Guy Grangeversanne, s’est installé dans la commune en 1996. Depuis dix ans, l’édile, « Guitou » pour ses administrés, multiplie les projets pour garder son village attractif quand ils sont nombreux à lui promettre un avenir funeste ou, au pire, un rattachement à une autre commune.

Maire depuis 2008, Guy Grangeversanne arrive à la fin de son deuxième mandat. «C’est passionnant la vie d’un maire, c’est le travail d’une équipe. Nous sommes sept dans le conseil mais plus souvent quatre ou cinq autour de la table.»

« Quand il y a une fuite d'eau, on vient voir le maire »

A La Chambonie, le maire est un peu le repère de ses habitants. «Ici, quand il y a une fuite d’eau, on vient voir le maire. Beaucoup d’habitants n’ont pas Internet. Pour faire une photocopie, ils viennent en mairie», explique Guy Grangeversanne.

A tel point que les villageois insistent pour que l'édile se présente pour un troisième mandat. «Ils voudraient que je reparte mais j’ai dit non. Je vais arriver à 75 ans, je laisse la place. Pour l’instant, personne ne s’est déclaré. Pour les adjoints, ce n’est pas le souci, il y a du monde mais pour maire… Il y a des réunions à Montbrison, ça les angoisse ça. Quand on termine à 23 heures, on est là à minuit ou 1 heure.»

Jean-Jacques Raillère, agriculteur et déneigeur

Si pour beaucoup, « hiver » rime avec ralentissement économique dans la région, Jean-Jacques Raillère, lui, n’est pas concerné. A la moindre chute de neige, l'éleveur de vaches allaitantes, s’engouffre dans son chasse-neige pour déblayer les accès. Une activité vitale pour la commune qui peut facilement se retrouver coupée du monde.

« Nos communes se vident »

« Et il en tombe », renchérit l’agriculteur. Les chutes de 50 centimètres ne sont pas si rares, à l’image des dernières grosses intempéries d’octobre dernier.

Jean-Jacques Raillère est également un fin observateur de l’évolution de la commune, lui qui est désormais un des derniers natifs de La Chambonie. « Beaucoup sont partis, nos communes se vident. Il y a un malaise avec les retraites de misère. »

Le col de la Loge, à deux pas de La Chambonie

Isabelle et Frédérique Sadot ont longtemps attendu la neige cette année. Les deux sœurs sont les gérantes du chalet-auberge, situé au col de la Loge, à plus de 1 200 mètres d’altitude. « C’est perdu mais c’est central », ironise Frédérique.

Leur refuge est installé à La Chamba, ancienne commune dont dépendait La Chambonie, et fait face aux départs de ski de fond, de raquettes ou de chiens de traîneaux de La Chambonie. Tout au long de l’année, des passionnés d’évasion et de nature sont accueillis.

« Tous les publics. Des familles, des sportifs. Ici on monte à cheval, en vélo, à pied, en moto, en bus, en camping-car. » Constituée de 77 couchages, l’auberge comprend également deux salles dédiées aux classes vertes.

« Mais aussi aux séminaires d’entreprises de Lyon, Saint-Etienne ou Clermont-Ferrand », précise Isabelle. Une diversification qui permet d’assurer une activité stable.

Les 16 et 17 février prochains, le col de la Loge sera le point de rendez-vous des amateurs de sports d’hiver dans le cadre du festival Nordique. L’événement attire en général 3 000 personnes.

Régine Albaredo, intendante des gîtes du village

L’accueil des touristes, l’état des lieux, les sorties : Régine gère scrupuleusement les quatre gîtes communaux du village. Une figure essentielle pour animer La Chambonie.

Toute l'année, elle voit défiler des Parisiens, des Marseillais, des Espagnols... et comptabilise une cinquantaine de séjours par an. « Ils reviennent, ils aiment beaucoup. Les gîtes ne sont pas chers. Ça permet de se faire plaisir », précise-t-elle.

« On est loin de tout maintenant, pour se faire soigner, faire ses courses... »

Le seul problème : Régine va partir, retrouver le sud-ouest et ses enfants. Arrivée il y a neuf ans dans la région pour suivre son mari qui travaillait sur les travaux de l’A89, la vie est devenue est trop compliquée à La Chambonie pour les sexagénaires. « C'est un peu dépeuplé, on est loin de tout maintenant, pour se faire soigner, faire ses courses... Et puis il y a les coupures d’électricité. »

Une nouvelle qui bouleverse Monsieur le maire. « Ça m’attriste, ça ne va pas être facile de trouver un remplaçant. J'espère bien vous garder jusqu’en 2020 », tente-t-il auprès des futurs retraités qui acquiescent timidement.

Rachel, la factrice

Cela fait quatre ans que la factrice effectue sa tournée parmi les villages des Monts du Forez. Souvent en composant avec la neige, toujours avec les routes tortueuses.

Des conditions qui semblent toutefois loin de l’effrayer. « On est équipé. Si on ne peut pas aller à un endroit, on n’y va pas. Il ne faut pas prendre de risque. »

« Le cadre est sympa »

Mais les habitants peuvent compter sur Rachel pour faire de son mieux pour apporter le journal du jour. « Le lendemain, on apporte le reste du courrier. »

Sous un grand soleil, au col de la Loge, d’un pas pressé, la factrice échange quelques mots avec les gérantes de l’auberge. « Le cadre est sympa », conclue-t-elle. À peine mis le pied à terre qu’il faut déjà sauter dans la voiture.

Textes : Jérémy Pain / Photos : Sonia Barcet et Claude Essertel

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