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Au cœur de Fest'arts Libourne, du 2 au 4 août 2018

La 27e édition de Fest’arts s’est tenue du 2 au 4 août 2018 à Libourne. Le festival des arts de la rue affiche une forte proximité avec ses habitants, s’ancrant au cœur de la bastide, rendue piétonne pour l’occasion.

De la danse au théâtre en passant par le cirque, ce sont 44 compagnies qui ont assuré 150 représentations, mêlant créativité, poésie, humour et performances artistiques.

Une vi(ll)e à raconter

Libourne, rue Gallieni. Une maison de 3 étages dont le frontispice mentionne encore « Béton armé Graziana », la demeure ayant appartenu à une famille de cimentiers.

Sur une commande du théâtre le Liburnia, Caroline Melon, directrice artistique de la compagnie De chair et d’os, a conçu un projet autour de cette demeure et de son histoire.

Le projet a débuté en 2017 quand la ville de Libourne devient propriétaire de la maison que Jeanine Graziana lui a cédé à son décès. Comme elle rêvait de devenir actrice, selon sa volonté, sa maison sera un lieu culturel ou dédié à l’art.

Durant plusieurs mois, le collectif d’artistes s’est immergé dans la maison Graziana à l’occasion de quatre résidences, en a ouvert les portes aux habitants de Libourne et a recueilli les témoignages de ceux qui avaient côtoyé la famille. Le but : imaginer avec la population et les acteurs un projet artistique sur-mesure. En sont nées deux installations : Les Murs qui invitent les visiteurs à déambuler dans les espaces de cette maison marquée par les traces d’une vie passée, et en parallèle, l’installation Les Soubassements qui donne accès au travail documentaire qui a nourri le processus de création.

Ce projet de mise en récit de la ville est prévu sur trois ans. Après être partie de quelque chose de très intime, de l’histoire singulière d’une famille, l’équipe artistique étendra son champ à la bastide pour l’an II.

Les Murs, voyage en solitaire

À l’entrée, Tanguy explique aux visiteurs qu’ils s’apprêtent à vivre une « expérience immersive » dont le parcours s’effectuera seul. « Vous allez vous promener dans une maison en suivant une histoire, comme dans un livre, avec différents chapitres. » Il remet à chacun un support comprenant un plan de la maison, la distribution des personnages et un arbre généalogique qui permet de voir les liens qu’ils entretiennent entre eux. « Il s’agit d’un parcours épistolaire construit comme un puzzle et cela crée une narration fictionnelle » précise Jonathan Macias, scénographe du projet. Ainsi, chaque chapitre est associé à une pièce de la maison dans laquelle se trouvent des lettres. Celles-ci racontent une histoire qui plonge le visiteur dans les années 1950-1960 et conduit à découvrir la vie de Geneviève Gianetto et de sa famille, propriétaires des lieux.

À l’origine du projet, Caroline Melon reconnait s’être « inspirée de l’histoire de la famille Graziana pour imaginer une fiction marquée par les grandes thématiques de l’époque : le statut de la femme, les mœurs bourgeoises, l’immigration italienne… Ces problématiques me semblaient importantes et intéressantes à traiter : l’avortement, l’abandon d’un enfant, l’héritage lourd à porter, l’adultère et la condition de maitresse, la nécessité de cacher son homosexualité, les dominations sociales et de genre. »

Le lecteur-déambulateur entre dans la peau d’Alex Bergman. Il commence alors son parcours dans le salon avec une lettre de Geneviève évoquant sa vie à Paris et son plus grand regret, l’abandon de son bébé pour poursuivre son rêve et devenir actrice. Au fur et à mesure que l’histoire se poursuit dans les étages, elle avance également dans les années. Tour à tour dans le bureau de Georges, le frère qui reprend la cimenterie familiale, dans la chambre de Geneviève, revenue s’y installer, jusqu’au jardin où un personnage nous attend avec une lettre qui donnera un tour particulier à notre parcours. Ce n’est pas le dernier rebondissement puisque cette expérience riche et multiple se poursuit par une séance photo costumée dans un des personnages croisés dans notre pérégrination qui donnera lieu à une exposition photographique intitulée « L’héroïne, le chasseur, le tennisman, l’avocat, le prêtre et l’industriel » du 5 au 12 octobre au théâtre le Liburnia.

Retour d'expérience

Crédit photos : I.Mathie

Les Soubassements

Crédit photos : I.Mathie

Lau eme, soit « quatre femmes » en basque. Des femmes qui continuent de lutter pour leurs droits, leurs conditions de vie, leur travail… à travers l’intensité et l’expressivité de leur danse. En ressort un ballet engagé autour de la libération de la femme. Un moment suspendu.

Sous un soleil de plomb et malgré une chaleur suffocante, le public est happé par ces quatre jeunes femmes. En vingt minutes, elles parviennent à construire un récit émouvant et déchirant, plongeant tour à tour le public dans l'émerveillement, la joie, la tristesse et l'injustice.

Ce spectacle s’inscrit dans le projet « Euskadi à Libourne ». Initié en 2012, il rassemble différents acteurs culturels autour d’une coopération artistique transfrontalière. « Euskadi à Libourne » est un partenariat entre l’Institut Basque Etxepare, soutenu par l'euro-région Nouvelle-Aquitaine-Euskadi-Navarre – à travers le programme « Aquitaine.eu » – et la Ville de Libourne. Il permet ainsi à des compagnies basques – espagnoles ou françaises – d’aller à la rencontre de nouveaux publics et de nouveaux territoires.

L’appel à manifestation d’intérêt Event Tech a pour but de faire émerger des solutions et dispositifs numériques créatifs au service des manifestations culturelles et du développement touristique des territoires. C’est dans ce cadre que Fest’arts et la startup Bziiit collaborent pour améliorer l’expérience des festivaliers et la notoriété de l’événement.

Rencontre avec Laurent Tripied, PDG de Bziiit.

Pouvez-vous nous présenter votre société ? Bziiit est une jeune startup spécialisée dans l’évènementiel, située à Bordeaux Technowest. Notre métier est d’aider les gens à réussir leurs événements en captant toutes les données utiles pour leur recommander des actions de communications.

De quelle manière intervenez-vous sur Fest’arts ? Fest’arts est vraiment remarquable pour nous parce que c’est le premier projet assemblant les quatre modules de l’offre Bziiit. C’est-à-dire qu’il y a toute une analyse de ce qu’on appelle les origines/destinations (d’où viennent les festivaliers ? où vont-ils pendant et après le festival ?) de façon à mesurer l’impact économique du festival sur la région. C’est le premier dispositif. Le deuxième dispositif consiste à savoir quels sont les lieux les plus fréquentés en termes de durée, c’est ce que l’on appelle les flux physiques. Ensuite, il y a le dispositif d’écoute sociale. On écoute sur le web et les réseaux sociaux tout ce qui se dit sur Fest’arts que l’on compare avec d’autres festivals pour savoir si la notoriété est suffisante. On fait ce travail depuis quatre mois de façon à suggérer des actions de communication : quel est le bon média utilisé, quand parler et de quoi, qui sont les influenceurs… Enfin, le dernier dispositif permet de capter des conversations beaucoup plus précises à travers un chatbot. C’est un assistant conversationnel dont la vocation est d’aider et guider les festivaliers. Il référence aussi tous les lieux qui sont susceptibles d’intéresser les festivaliers comme les parkings, les points d’eau, les pharmacies ou les restaurants. Il s’agit vraiment d'un chatbot orienté expérience utilisateur.

Est-ce que les questions des festivaliers sont amenées à réorienter votre outil ? Le chatbot a été mis en place depuis le 13 mai, ça fait donc un peu plus de deux mois qu’on l’alimente par rapport aux demandes des organisateurs mais aussi par rapport aux questions que l’on reçoit. Ça nous est arrivé très régulièrement de recevoir des questions qui n’étaient pas référencées au préalable sur le chatbot et d’en rajouter plusieurs au fur et à mesure pour coller parfaitement aux besoins des festivaliers.

Vous avez aussi placé des capteurs dans la ville ? Cinq box fixes sont installées dans la bastide : à la médiathèque, sur l’esplanade François-Mitterrand, deux sur la place Abel-Surchamp et sur les quais. On les complète par de la mesure itinérante. Toutes les données que l’on capte sont anonymes donc ce n’est en aucun cas un système de surveillance. C’est-à-dire que l’on est incapable de dire qui est présent. Ce que l’on détecte, sur la base des téléphones allumés, c’est l’itinérance. Tout le parcours est analysé de façon anonyme et le rôle du chatbot est d’établir la conversation. Puis, on va consolider toutes ces données pour comprendre le parcours et le profil visiteur et aller voir l’office de tourisme et les acteurs touristiques locaux pour leur donner de la visibilité sur la particularité de ce festival afin d’ouvrir des pistes sur l’offre de service.

Vous souhaitiez rajouter un dernier mot ? Féliciter Libourne parce qu’encore une fois, ça fait deux ans et demi que l'on travaille sur des grands évènements (Vivatech à Paris, le CES de Las Vegas) et c’est la première fois qu’un organisateur comprend et met en œuvre l’ensemble du dispositif avec une coordination ville-théâtre qui est extrêmement remarquable. Nous tenons à remercier Monsieur le Maire et les équipes du Liburnia avec qui c’est très plaisant de travailler.

Cinq nageuses synchronisées. Cinq femmes. « Interdites de piscine », elles se retrouvent à la rue et dans la rue, pour manifester leur désarroi, leur colère et leur désir ; sans piscine et sans eau, elles continuent d'avancer, de vivre... Nage ou crève ! Elles s'adaptent, s'inventent un monde afin de nager sur le bitume, dans une piscine remplie d'air, la rue ; aux côtés d'autres nageurs en eaux troubles, les spectateurs.

Pour ce cirque chorégraphique et musical, deux acrobates, un guitariste et un batteur évoluent sur une structure à sept mètres de hauteur. Portés aériens, équilibres sur chaises, corde en grand ballant s’enchainent dans un univers de poésie, de peur, de lumière et de joie. Comme un vertige se veut un parcours de quête d’identité, de fraternité et d’amour. Ils effleurent le vide avec grâce pour mieux se rattraper aux branches et se sentir vivant.

Le chant des coquelicots - Fredandco

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