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On a pris la clé des champs pour la ferme des Délices & Délices Foréziens Visite gourmande de cette exploitation deux fois centenaire par Muriel CATALANO

Ce n'est pas une ferme comme les autres. Mais vraiment pas. Parce qu'il y a bien longtemps qu'elle ne met plus tous ses oeufs dans le même panier. Ou tout le lait dans le même pot. À la ferme des Délices, ce n'est pas la production des 180 vaches laitières qui est intensive mais la production d'animations. Atelier sensoriel Les mains des loupiots, atelier coquetier à Pâques, visite de la ferme, découverte de l'atelier BB-Com-Unique, initiation à la fabrication des glaces, balade contée, depuis 2012, Céline Giraud fait oeuvre de pédagogie pour présenter au grand public, dont pas mal de scolaires, le savoir-faire de cette exploitation de Saint-Cyr-Les-Vignes qui déroule quelque 190 hectares cultivés. Nous avons suivi une de ces visites pour se mettre au parfum.

"Ce n'est pas la ferme des 1000 vaches"

A la ferme des Délices, les 180 vaches n'ont pas de numéros mais des prénoms. "On trouve ça plus sympa", rigole Céline Giraud. 180 vaches qui font leur vie... de vaches. Quand ça leur chante, dès le mois d'avril, elles paissent à l'air libre, à deux sabots de leur étable. Quand ça ne leur chante plus, si les températures extérieures grimpent trop, l'été, elles regagnent leur stabulation pour se mettre au frais. Et se faire tirer leur lait en échange d'un peu de tourteau et de farine. Trois robots collectent quotidiennement pendant un peu moins de 10 minutes leur lait, une fois, deux fois, trois fois, elles sont libres. Mais ont leurs petites habitudes. "C'est plutôt à 19 heures le soir qu'elles se présentent devant le robot ", a constaté Guy Giraud, le fondateur de l'exploitation. "Avant, nous passions deux heures et demie de traite en salle, les vaches patientaient, aujourd'hui, elles font ce qu'elles veulent," explique Céline. Et elles sont mieux suivies. A chaque passage, leur collier délivre des données sur elles. "On fait plus de prévention en leur administrant des huiles essentielles et de l'homéopathie. Le temps gagné sert à les observer plus longtemps."

Une étable dernier cri

Les trois associés de ce GAEC veillent aux bonnes conditions de vie de leurs bêtes. Et ça se voit avec des investissements dans des matelas en mousse, des brumisateurs ou encore des rouleaux massants pour remplacer l'effet des arbres quand elles ne pâturent pas. Elles ne crèvent jamais de faim avec les robots nourrisseurs. Toutes les deux heures, ces sortes de petite soucoupe roulante font des allers et retours dans l'étable pour pousser les rations des ruminants qu'elles ont tendance à éloigner avec leur museau.

La deuxième vie des bouses de vaches

High-tech, la ferme des Délices l'est avec ses centaines et centaines de mètres de panneaux photovoltaïques et le recyclage des déchets de son cheptel. "La méthanisation est un procédé qui n'a rien de nouveau, rappelle Céline Giraud. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ça existait à Saint-Christo-en-Jarez. On s'y est mis en 2015 avec la fusion de la ferme de Lionel Vial. On recycle la bouse de vaches dont on extrait le méthane, le gaz, dont on se sert d'énergie motrice pour alimenter un moteur qui entraîne un générateur. Ce générateur produit alors de l'électricité revendue à EDF." Ce sont encore des robots qui, toutes les deux heures, tournent dans la stabulation pour recueillir ce lisier qui alimentera le méthaniseur.

"On produit 650 000 kWh par an"

Elles brisent la glace avec le lait

Chaque visite de la ferme se prolonge avec une petite dégustation de glace au magasin qui était autrefois une étable.
Le savoir-faire s'est transmis de mère en fille

10 000: c'est le nombre de litres de lait produit chaque année par une vache

Depuis 1990, le lait n'est plus seulement écoulé dans une coopérative mais transformé en glace. Avec une recette qui est simple: du lait, de la crème, des oeufs, des bons fruits ou arômes et un peu de sucre. Sur les 5000 litres de lait collectés quotidiennement, 800 à 1000 litres participent à la fabrication de ces desserts, le reste remplit les cuves des camions Sodial. Artisanales, ces glaces ne sont élaborées par Geneviève, Julie Giraud aidées d'une salariée et d'une saisonnière qu'avec des produits issus de circuits courts ou de coopératives. "Les fruits rouges proviennent des monts du Lyonnais, les fruits à pépins de Bissardon à Saint-Paul-en-Jarez, le chocolat de chez Weiss, la verveine est de la verveine du Velay", liste Céline Giraud. L'autre secret pour une bonne glace maison, c'est le savoir-faire. "Il faut savoir que le lait est pasteurisé, la crème écrémée. Un mixte est réalisé avec toute une série d'étapes et de températures à respecter. "Le matin, une quantité est prélevée avec un seau, mixée dans une des deux turbines du laboratoire pour faire passer ce mélange d'un état liquide à un état pâteux qui sera stocké dans un congélateur à -30 degrés pour saisir les arômes. Huit à dix heures après, résume Guy Giraud, c'est transféré en chambre de conservation à -22 degrés."

55 C'est le nombre de parfums que la ferme propose, banane, café, caramel, miel de châtaignier, noix de coco; pistache, abricot, ananas, melon, myrtille, cassis pour les sorbets. "C'est la vanille et le chocolat que les gens préfèrent, la verveine marche bien aussi."

Les petits bacs de la ferme fondent comme neige au soleil. "Quelque 40 000 litres de glaces par an approvisionnent les boulangers, grandes surfaces, épiceries fines."

Une production intensive de visites

La ferme enregistre quelque 3000 visiteurs par an

Régulièrement, tout au long de l'année, l'exploitation accueille des visites qu'il faut réserver à l'avance. En juillet, elle en a programmées les 8,11,15,18,19,22,25,26 et 29 et en août, les 1er, 2,5,8,12,13,19,22,26, 29. A noter que les enfants sont invités, tout l'été, à glisser sur le toboggan géant et à se perdre dans le labyrinthe de maïs, deux à trois kilomètres de dédales à explorer, avec des nocturnes prévues les 19, 26 juillet et 23 août où résonneront les sons d'un concert gratuit. En septembre, octobre et novembre, il n'y en aura plus au calendrier qu'une seule animation ouverte au grand public . Renseignements, tel 06 85 67 08 89 ou sur leur site www.la-ferme-des-delices.com

Que faire après la visite de la ferme?

Un petit tour à l'hippodrome de Saint-Galmier qui, lui aussi, pour faire découvrir ses coulisses, ouvre ses portes au grand public. La prochaine date est fixée au samedi 24 août de 14h30 à 16 heures.

Si les températures sont caniculaires, vous pouvez prendre le chemin des bassins de la piscine de Saint-Galmier

Vous croyez connaître le château de Montrond-les-Bains? Tous les jours sauf le mardi après-midi et les 2,3, 4 et 5 août en raison de la fête médiévale, entrez dans ce lieu chargé d'histoire.

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