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Quand la lumière nuit La pollution lumineuse affecte la faune, la flore et l'homme. Une extinction des lumières du Grand Genève se prépare. Pour éveiller les consciences et redécouvrir le ciel.

Par Aurélie Toninato

La nuit du 26 septembre, les deux tiers du Grand Genève n'allumeront pas leur éclairage public pour le projet "La Nuit est belle". Les lampadaires des 45 communes genevoises resteront éteints jusqu’à minuit; 73 communes françaises et 26 vaudoises tireront aussi le prise. Le but: faire prendre conscience des enjeux de la pollution lumineuse et permettre de redécouvrir le ciel étoilé. Il s'agit de la plus importante opération du genre jamais réalisée en Europe.

On parle de pollution lumineuse pour qualifier les effets néfastes d'un éclairage artificiel sur l'environnement. En vingt ans, l’éclairage nocturne a augmenté de 23,5% dans notre région, selon les SIG. La nuit se délite, phagocytée par l’éclairage artificiel. Lampadaires, lumières en vitrine, néons de bureaux, les sources diverses prolifèrent. Cette augmentation tire surtout sa source de l’avènement des LED, qui ont peu à peu remplacé les ampoules traditionnelles. Un avènement positif, puisqu'elles produisent autant tout en consommant moins, entraînant par conséquent une baisse des coûts. Mais, revers de la médaille, on éclaire davantage et partout. Sans compter l’augmentation démographique du canton et la construction de nouveaux quartiers qui génère son lot d’éclairage public supplémentaire. Le problème est que le halo lumineux accru induit par la LED blanche présente des effets néfastes. Il contient une lumière bleue qui se diffuse plus fortement que les autres couleurs du spectre lumineux en raison des propriétés de notre atmosphère. Ce spectre pernicieux a un impact sur la faune, la flore et l’être humain. L’éclairage nocturne, public comme privé, est devenu une nuisance.

Pour diminuer les sources de lumières, il existe des moyens simples comme de plus sophistiqués. Dans un nombre croissant de communes du Grand Genève, on a fait un pari audacieux: l’éclairage est complètement coupé durant la nuit. A Genève, on n’ose pas encore tourner l'interrupteur.

Retour sur cette problématique, ses conséquences et ses solutions.

Le 26 septembre, toute la région va couper son éclairage public. Les 45 communes genevoises ainsi que 99 agglomérations vaudoises et françaises jouent le jeu. Des animations sont prévues durant la soirée.

L'excès de lumière artificielle engendre une perte de repères, bouleverse l'activité de pollinisation, entraîne des troubles du sommeil, entre autres effets néfastes.

Optimiser les lampadaires existants, diminuer leur intensité grâce à des capteurs de présence, réduire les zones à éclairer. En dix ans, la Ville de Genève a pu réduire sa consommation énergétique de près de 40%.

La prise de conscience est en marche et les ampoules ont baissé le ton. Mais des excès de lumière demeurent, au gré des cordons de Rade ou des vitrines de certaines enseignes.

De plus en plus de communes voisines, en France, pratiquent l'extinction totale de leur éclairage public la nuit. À Genève, le village de Lully fait figure de pionnier.

Created By
Tribune de Genève
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Credits:

Photos: Magali Girardin, Laurent Guiraud, Lucien Fortunati, Maurane Di Matteo, Eric Achkar.